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Accablée par sa dette publique, Air Littoral dépose le bilan

vendredi 22 août 2003.

Après Air Lib, c’est au tour d’Air Littoral, première compagnie aérienne régionale, accablée par sa dette publique, de déposer son bilan devant le tribunal de commerce de Montpellier, malgré un redressement économique constaté ces derniers mois.

Dirigée depuis juin 2001 par Marc Dufour, la société, qui compte un millier d’employés et d’une flotte de 32 appareils, a dû se résoudre à engager une procédure de redressement judiciaire, faute de pouvoir rembourser des créances publiques d’un montant de 60 millions d’euros.

La compagnie assure que le groupe Wexford, un fonds d’investissement américain basé dans le Connecticut est prêt, avec des partenaires européens, à reprendre la totalité de son capital, en conservant la globalité de son périmètre d’activité et notamment ses sites de Nice et Montpellier, d’où partent des vols vers l’Europe et le Maghreb, soit 60 destinations directes.

Durant la période d’observation de 45 jours, fixée par le tribunal de commerce, la compagnie régionale assurera normalement son activité.

« Très amer », son président, Marc Dufour, a qualifié ce dépôt de bilan de « mesure technique pour permettre la reprise de la société », sans faire « subir » au repreneur « le poids de la dette publique ». Espérant qu’une reprise intervienne « avant la fin septembre », il a annoncé qu’il quitterait alors la société.

En 2002, Air Littoral avait transporté 1,6 million de passagers et réalisé un chiffre d’affaires de 250 millions d’euros pour 40 millions de perte.

Fragilisé par les effets du 11 septembre 2001 et le désengagement de son ex-actionnaire Swissair, condamné par la justice à lui rembourser 15 millions d’euros, la société avait entamé un plan de restructuration, en se séparant de 300 employés et de 7 appareils.

Sa nouvelle stratégie, qui consistait à se recentrer vers les pays méditerranéens, comme l’Algérie ou le Maroc, en effectuant des accords de partage de codes, commençait à porter ses fruits.

En quête d’investisseurs, Air Littoral, qui affichait des taux de remplissage supérieurs à 60% depuis le mois de juin, escomptait même retrouver l’équilibre financier en 2003, prenant contact avec la banque d’affaires Rothschild.

Le gouvernement n’a pas non plus ménagé ses efforts pour tenter de soutenir la compagnie, lui accordant en novembre dernier une prorogation de sa licence d’exploitation, mais aussi la promesse d’un prêt de 7,5 millions d’euros, complété d’un autre prêt du même montant de la part des collectivités locales, ainsi qu’un moratoire de sa dette publique.

Malgré des négociations entamées avec l’Etat au printemps dernier selon Air Littoral, cette dette, « constituée pour l’essentiel d’un moratoire sur les charges fiscales et sociales accordé en compensation de la défaillance de Swissair », n’a pu être abandonnée, ce qui a précipité le dépôt de bilan.

« La priorité, c’est de pérenniser les emplois et pas de faire un enième plan social », a prévenu le secrétaire adjoint du comité d’entreprise, Franck Souvignier, délégué SNPL   (syndicat national des pilotes de ligne), en décrivant des salariés « pas surpris » mais « sonnés » par la nouvelle.

Le gouvernement « confiant » dans une reprise

Le ministère des Transports s’est dit « confiant dans le fait que des investisseurs se manifesteront pour reprendre rapidement les activités d’Air Littoral », après que la compagnie aérienne eut été placée en redressement judiciaire jeudi.

Le gouvernement « apportera, dans la limite des dispositions légales, son soutien au projet de reprise que le tribunal aura retenu », a ajouté le ministère dans un communiqué.

« Dans le cadre d’un plan de continuation de la société, l’Etat est prêt a examiner un étalement du passif fiscal et social mais dans la limite des dispositions légales », a-t-on précisé au ministère.

Le tribunal de commerce de Montpellier a ordonné jeudi la mise en redressement judiciaire de la compagnie aérienne, qui compte un millier d’employés et une flotte de 32 appareils, fixant le délai d’observation à 45 jours. Un peu plus tôt, Air Littoral avait déposé son bilan et demandé son placement en redressement judiciaire, faute de pouvoir rembourser une dette publique de 60 millions d’euros.

Le ministère des Transports a rappelé dans son communiqué que l’Etat avait réalisé « un effort significatif » pour permettre à la compagnie de poursuivre sa restructuration engagée en 2001 et de trouver un investisseur, avec le report du paiement de ses dettes fiscales et sociales et le déblocage en novembre 2002 d’un prêt de 4 millions d’euros.

Les grandes dates d’Air Littoral

Le placement en redressement judiciaire de la compagnie aérienne Air Littoral jeudi intervient après plusieurs années difficiles :

  • 1972 : création de la compagnie Air Littoral au Castellet (Var)
  • 1976 : transfert à Montpellier (Hérault)
  • 1981 : Air Littoral est la première compagnie régionale à ouvrir une ligne internationale, Nice-Milan
  • 1987 : fusion des sociétés Air Littoral et Compagnie Aérienne du Languedoc
  • 1991 : entrée de la compagnie néerlandaise KLM dans le capital d’Air Littoral
  • 20 nov 1992 : rachat des parts de KLM, de la Société de Banque Occidentale et de Finantour par une filiale d’Euralair
  • 7 déc 1992 : Marc Dufour est nommé Pdg d’Air Littoral
  • 1993 : début des affrètements pour le groupe Air France
  • janv 1996 : Air France étudie le rachat d’Air Littoral, mais les discussions échouent
  • août 1996 : première grève des pilotes de la compagnie depuis sa création
  • 1997 : création des filiales Air Littoral Riviera à Nice, Air Littoral Assistance, Air Littoral Express (fret), Air Littoral Industrie (maintenance). Signature d’un accord commercial avec la compagnie allemande Lufthansa
  • 22 sept 1998 : SAirGroup, maison mère de la compagnie Swissair, rachète Air Littoral
  • mai 2000 : SwissAir présente un plan de fusion d’Air Littoral avec Air Liberté et AOM, auquel les syndicats s’opposent. Démission de Marc Dufour pour « divergences stratégiques »
  • 30 mai 2001 : signature d’un protocole d’accord qui organise la cession des titres de Swissair à Marc Dufour et le versement par Swissair de 130 millions d’euros à Air Littoral
  • juillet 2001 : présentation d’un plan social
  • 7 au 10 sept 2001 : après quatre jours de grève, les syndicats acceptent un plan avec 127 licenciements
  • déc 2001 : plan de restructuration avec le départ de 185 personnes sans licenciement sec
  • fin mars 2002 : disparition officielle de Swissair
  • 29 mai 2002 : Swissair est condamné à payer 15,2 millions d’euros à Air Littoral pour non respect de ses engagements financiers
  • juin 2002 : accord de partenariat avec Air Algérie et lancement de deux à trois vols par semaine vers l’Algérie
  • nov 2002 : l’Etat prolonge la licence d’exploitation d’Air Littoral et promet un prêt de 7,5 millions d’euros, complétés par 7,5 millions d’euros venus des collectivités locales
  • 21 août 2003 : le tribunal de commerce de Montpellier ordonne la mise en redressement judiciaire de la compagnie

Aeris intéressé par les créneaux d’Air Littoral, notamment vers Nice

Le PDG de la compagnie aérienne française Aeris, Charles Henri Rossignol, a manifesté jeudi son intérêt pour la reprise de créneaux d’Air Littoral, notamment pour la desserte de Nice, dans le cas d’une liquidation judiciaire de la société au terme du délai d’observation fixé par le tribunal de commerce.

« Si cela devenait disponible, c’est clair que l’on va être intéressé pour les récupérer », a-t-il indiqué jeudi à l’AFP.

« Ce qui nous intéresserait, c’est d’augmenter notre desserte de Nice », a-t-il ajouté.

Aeris effectue, sous la marque « aéris Express », 3 liaisons quotidiennes entre Nice et l’aéroport parisien d’Orly.

Interrogé sur la possible candidature d’Aeris à la reprise de certaines unités de production d’Air Littoral dans le cas d’un démantèlement de l’entreprise, M. Rossignol s’est en revanche montré plutôt négatif.

« C’est à étudier mais a priori non », a-t-il déclaré.

Le tribunal de commerce de Montpellier a ordonné jeudi la mise en redressement judiciaire de la compagnie aérienne Air Littoral, qui compte un millier d’employés et une flotte de 32 appareils, fixant le délai d’observation à 45 jours, a-t-on appris auprès de la direction de la compagnie.

Voir en ligne : AFP

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