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Une grève qui plombe les vacances des cheminots

mercredi 6 août 2003.

Les salariés du comité d’entreprise de la SNCF réclament une augmentation à leur patron... la CGT  .

C’est un sale coup signé Raffarin. En annonçant, au début de l’été, une augmentation du Smic de 5,27 %, le Premier ministre a involontairement mis le feu aux centres de vacances du CCE (comité central d’entreprise) de la SNCF. Depuis, les salariés réclament des augmentations à leur patron, la CGT  , qui gère le CCE. Ils craignent que le coup de pouce au Smic n’écrase la grille des salaires et ne laisse plus qu’une infime différence entre les plus bas échelons et la hiérarchie. Pour appuyer leurs revendications, ils multiplient les actions depuis fin juin : débrayages ponctuels, grèves, piscines momentanément fermées, repas non assurés...

Ethique cégétiste. Même en vacances, les cheminots usagers du CCE n’échappent donc pas aux conflits sociaux, mais cette fois ils en sont les victimes. Comble de la situation, la CGT   se voit accusée de se comporter comme un méchant patron. Les salariés en lutte martèlent : « On ne comprend pas que les syndicats qui nous dirigent agissent comme des patrons. » Le syndicat, via la direction du CCE, rejette la responsabilité vers la SNCF, qui refuse d’accroître sa dotation. Et assure que l’augmentation du Smic dans son secteur sera plutôt de 1,6 %, donc pas de quoi inquiéter ceux qui gagnent juste un peu plus.

Mais la grogne demeure. Les salariés du village-vacances de Saint-Mandrier (Var) ont écrit, début juillet, à Bernard Thibault, en lui demandant qu’« un même esprit anime les élus de la CGT   dans la défense des cheminots qu’ils représentent et dans la gestion des personnels dont ils ont la responsabilité ». Mais, regrettent-ils, « ce problème récurrent ne semble pas résolu, il mine l’éthique cégétiste du tourisme social ».

La direction n’a pas le même sens de l’éthique. Dans une lettre ouverte à son personnel, fin juin, le directeur de Saint-Mandrier a menacé : si les salariés demandent des augmentations, le CCE « risque d’exploser ». Rien de moins. « Il ne faut pas se tromper d’adversaire, l’adversaire, c’est la SNCF », écrit le directeur. De plus, indique-t-il, le risque est grand pour la CGT  . Un mouvement social revient à « donner du grain à moudre aux adversaires du CCE, et notamment aux syndicats favorables aux chèques-vacances, c’est la porte ouverte à la fermeture progressive des structures de vacances ». Le directeur du CCE, Alain Barasz, a également écrit aux salariés, pour leur affirmer maladroitement que les frais de personnel ont beaucoup augmenté à cause des 35 heu res Les salariés ont rebaptisé sa missive « lettre Raffarin ».

Hier, Ivan Legall, secrétaire adjoint du CCE, usait d’un argument plus affectif : « On n’a pas été augmenté à la SNCF du fait des actions de juin. Or, ce que les cheminots avaient, on l’a toujours répercuté aux salariés du CCE. » Donc, ceinture de ce côté-là. Surtout, les salariés du CCE ne sont, selon lui, pas mal lotis par rapport au « tourisme marchand », avec « leurs 35 heures et deux jours de repos consécutifs ».

Solidarité. Le 11 août, patrons et grévistes doivent se rencontrer. L’ébauche d’une négociation ? Pas sûr. La direction admet un probable « tassement du bas de la grille » mais assure que la modifier « mettrait en péril le CCE ». Elle préfère reporter toute discussion après la saison, à l’automne. Les grévistes n’ont pas cette patience. Ils en appellent à la solidarité des salariés SNCF : « Il nous est impossible de considérer que le message du CCE puisse être celui de la majorité des cheminots CGT  . ».

Voir en ligne : libération.fr

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