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Les compagnies aériennes perdront plus de 10 milliards de dollars en 2003

mardi 5 août 2003.

Le transport international enregistre 6,5 milliards de déficit lié principalement à l’épidémie de pneumonie atypique et au conflit irakien.
« Le pire est derrière nous, mais la voie de la guérison va être longue », a estimé, lundi 4 août, Giovanni Bisignani, directeur général de l’Association internationale pour le transport aérien (IATA), lors de l’Aerospace Forum Asia, qui se tient actuellement à Hongkong. Le directeur général a ainsi confirmé que le secteur était sur le point de sortir de la pire crise qu’il ait pu connaître. Mais il a ajouté qu’une amélioration durable ne pourrait se faire sans l’aide appuyée des gouvernements.

Sur l’exercice 2003, les pertes des transporteurs aériens mondiaux - 277 compagnies de 180 pays - sont estimées à 6,5 milliards de dollars (5,72 milliards d’euros), en ne prenant en compte que les vols internationaux.

A ces pertes, il faudra ajouter, selon toute vraisemblance, 4 milliards de dollars pour les vols intérieurs. « L’amélioration est sensible puisqu’au cours des années 2001 et 2002 les compagnies aériennes ont perdu 25 milliards de dollars », a rappelé M. Bisignani, qui reste confiant dans la capacité de l’industrie du transport aérien à « reprendre le chemin de la croissance ».

Sur les 6,5 milliards de dollars de pertes estimées cette année, environ 4 milliards sont imputables à l’épidémie de pneumonie atypique (SRAS), qui a infecté 8 437 personnes dans trente pays et en a tué 813. En Asie, foyer du SRAS, le nombre de passagers a été divisé par deux au plus fort de l’épidémie par rapport à 2002. Aujourd’hui, les compagnies aériennes remontent la pente depuis que l’épidémie a été déclarée sous contrôle par l’Organisation mondiale de la santé. Le conflit en Irak et les hausses du cours du kérosène sont les autres facteurs responsables des pertes de l’industrie.

L’IATA se veut rassurant. Pour autant, M. Bisignani a rappelé que les compagnies aériennes étaient toujours confrontées à une crise potentielle à moins que des réformes à l’échelle mondiale ne libéralisent davantage le marché. Le directeur général de l’organisation internationale a notamment appelé les gouvernements à revoir certaines régulations pour permettre aux compagnies aériennes de travailler plus librement, sans le poids des restrictions commerciales ou des taxes d’atterrissage. « Nous voulons pouvoir fusionner et attirer les investissements étrangers. Nous voulons être traités comme une activité normale », a plaidé le dirigeant, qui s’interroge également sur le coût de la sécurité depuis les attentats du 11 septembre 2001. Il milite, notamment, pour que les Etats suivent l’exemple du gouvernement américain, qui a décidé de prendre en charge une partie de ces dépenses supplémentaires.

L’IATA appelle également les autres acteurs du secteur comme les aéroports et les structures de contrôle aérien à plus de solidarité, en baissant le coût de leurs services. « Les bilans des compagnies s’amélioreront à long terme seulement si les autres acteurs de l’industrie aérienne acceptent de montrer plus de flexibilité face à des événements comme le SRAS et les attaques du 11 septembre », a argumenté M. Bisignani.

François Bostnavaron

Voir en ligne : Le Monde

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