Accueil > ACTU > +1,1% en juin : le chomage augmente brutalement en France

+1,1% en juin : le chomage augmente brutalement en France

vendredi 1er août 2003.

L’accélération est brutale, et inquiétante. En juin, le nombre de chômeurs a grimpé de 1,1 %, soit 25 900 personnes de plus (1). Le répit observé aux mois d’avril et mai (+ 0,1 %) et (+0,0 %) aura été de courte durée. Les demandeurs d’emploi inscrits à l’ANPE sont désormais 2 404 200, et le taux de chômage au sens du BIT (Bureau international du travail) demeure à 9,5 % de la population active. Tous les indicateurs ou presque sont dans le rouge. Le nombre de chômeurs de longue durée (plus d’un an) augmente de 0,7 %, le nombre de demandeurs d’emploi de catégorie 1+6 (qui ont exercé un petit boulot dans le mois) de 1,1 %, le chômage des jeunes progresse de 0,6 %.

Deux mois en un. Au ministère de l’Emploi, on minimise. D’abord en rappelant « la croissance de la population active » (+ 0,5 %). Puis, en invoquant un « effet de rattrapage ». « En mai, le nombre de nouveaux chômeurs n’avait pas pu être comptabilisé correctement, du fait des grèves qui ont perturbé le courrier. Une partie des chômeurs de mai est donc comptée dans ceux de juin. »

Pour les économistes, pourtant, c’est plutôt l’inquiétude qui prédomine. Emmanuel Ferry, d’Exane, évoque « une dégradation lente et continue du marché du travail » avec « des perspectives de redressement peu dynamiques ». « La situation est quasi inédite et largement préoccupante », renchérit Marc Touati, chef économiste de Natexis Banques populaires. « D’un côté, les carnets de commandes se redressent dans l’industrie. D’un autre, pourtant, les entreprises continuent de licencier, c’est le ressort de la confiance qui est cassé. »

Plans sociaux. Selon l’Observatoire français des conjonctures économiques (OFCE), les prévisions de croissance du PIB pour 2003 tournent autour de 0,8 %. Or il faudrait, pour qu’il y ait des créations d’emplois ­ et compte tenu de l’augmentation de la population active de 0,5 % ­ un minimum de croissance de 2 %. Mais nombre d’entreprises semblent engagées dans un processus de licenciement important (en juin, les entrées à l’ANPE liées à un licenciement économique augmentent de 17,7 %), processus qui risque fortement de se poursuivre sur les prochains mois. « En 2002, les entreprises ont vu leurs marges se réduire et n’ont pas licencié, car elles étaient en attente, explique Mathieu Lemoine, économiste à l’OFCE, auteur d’une récente étude intitulée « Chômage : dur retour à la réalité ». Au premier semestre 2002, elles attendaient la reprise économique qui n’est pas venue. Au deuxième, elles attendaient les mesures d’assouplissement des 35 heures et de la loi de modernisation sociale. Aujourd’hui, elles rattrapent. »

Raffarin promet. Or, c’est la première fois que, en pleine période de contraction d’activité, le gouvernement diminue l’emploi aidé : en arrêtant, d’une part, le renouvellement des emplois-jeunes : 25 000 per sonnes verront leur contrat se terminer cette année. En réduisant, d’autre part, les contrats emploi-solidarité (20 000 CES de moins en 2003). Le rapport de l’OFCE montre bien les effets néfastes de cette politique. « En créant, au contraire, 100 000 contrats emploi-solidarité, ce qui coûterait environ un milliard d’euros, on arriverait à un taux de chômage de 9,5 %», affirme Mathieu Lemoine. En l’état actuel des choses, l’OFCE s’attend plutôt à un taux de 10 % en fin d’année.

Lors d’une conférence de presse à Matignon le 24 juillet, Jean-Pierre Raffarin a promis « des initiatives dès la rentrée » en faveur de l’emploi. Le Premier ministre, tout en réaffirmant que l’emploi reste la priorité du gouvernement, est cependant resté très vague, et n’a pas précisé quelles seraient ces « initiatives ».

Voir en ligne : libération.fr

aller en haut de page
Mots-clés

SPIP | Copyright © 2002 - 2012 SUD Aérien.org | Conception et habillage snoopit31

Mentions légales| squelette | | Plan du site | Suivre la vie du site RSS 2.0