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A la recherche de l’argent envolé d’Air Lib

jeudi 31 juillet 2003.

L’ex-PDG peine à justifier ses montages financiers.

Jean-Charles Corbet a été entendu hier par le juge d’instruction Renaud Van Ruymbeke. C’était sa première audition au fond, une semaine après sa mise en examen pour abus de biens sociaux. Pour le patron déchu d’Air Lib, le calendrier judiciaire est très serré : faute de restituer l’argent dispatché dans divers holdings basés dans des paradis fiscaux, il risque l’incarcération. Le jour de sa mise en examen, le parquet avait requis son placement en détention provisoire, mais le juge Van Ruymbeke avait laissé sa chance à Corbet : quelques jours de délai pour rendre à Air Lib, aujourd’hui en faillite, la vingtaine de millions d’euros qui resteraient en sa possession. Le temps presse car, sur appel du parquet, la chambre de l’instruction statuera le 7 août sur son mandat de dépôt.

Coquilles. Jusqu’à présent, Corbet avait tenté de justifier sa nébuleuse de holdings par des raisons économiques (une coquille aux Pays-Bas pour la propriété des avions, une autre au Luxembourg pour la formation des pilotes) et arguant que les autres compagnies aériennes font pareil. Sauf que ces coquilles lui appartiennent à titre personnel et qu’elles ont échappé à la procédure de liquidation judiciaire d’Air Lib.

Moralement douteuse, sa position pouvait éventuellement se défendre en droit. Jean-Charles Corbet y songeait, avant que le scandale ne l’oriente vers d’autres sentiments : il proclame aujourd’hui que les fonds encore disponibles à l’étranger serviront à financer le reclassement des anciens salariés d’Air Lib.

Corbet entendait néanmoins prendre tout son temps, avant que la justice le force à accélérer le tempo. Au cours de l’enquête préliminaire ouverte en février, la brigade financière s’est en effet penchée sur un extravagant virement de 9 millions d’euros en faveur d’un cabinet juridique luxembourgeois, Plegler & Blach. Devant la commission d’enquête parlementaire, Corbet avait expliqué qu’il s’agirait d’une avance sur honoraires dans le cadre des multiples procédures lancées contre Swissair, l’ancien actionnaire d’Air Lib qui n’avait pas versé tout l’argent promis pour sauver la compagnie aérienne.

Manquent encore 60 millions d’euros, que Corbet se fait fort de récupérer, « jusqu’au bout du monde » s’il le faut. Mais rien ne tient dans cette histoire : 9 millions de frais d’avocats pour une créance de 60 ; des honoraires établis d’un seul coup et à l’avance ; des fonds versés à l’étranger alors qu’un cabinet parisien est officiellement chargé du contentieux...

« Assurance vie ». Comme vient de le révéler le Canard enchaîné, la brigade financière a établi que Plegler & Blach ne serait pas un véritable cabinet d’avocats, mais une structure dont l’ayant droit ne serait autre que Corbet lui-même... « C’est une blague, on ne prête qu’aux riches », rétorque son bras droit, Pascal Perri. Devant la commission d’enquête parlementaire, Jean-Charles Corbet avait eu cette formule ambiguë, à propos des 9 millions d’euros : une « assurance vie ». Son avocat, Me Xavier Flécheux, tout en réfutant la notion de détournements, admet que l’argent que Corbet promet de verser aux liquidateurs d’Air Lib peut « apaiser la situation ». Et il a évoqué le rapatriement de 9 millions d’euros.

Voir en ligne : libération.fr

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