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Le jugement qui peut ruiner Ryanair

mardi 29 juillet 2003.

« Grosse tuile pour Ryanair ! », s’exclame « La Libre Belgique ». « La compagnie aérienne irlandaise à bas coût a en effet perdu une première bataille judiciaire qui pourrait être lourde de conséquences » reconnaît l’« Irish Independent ». « La Libre Belgique » détaille l’affaire : « Le tribunal administratif de Strasbourg a annulé des subventions (plus de 500 000 euros par an, sur cinq ans) accordées à la compagnie ‘low cost’ par la chambre de commerce et d’industrie (CCI) du Bas-Rhin pour l’ouverture d’une ligne aérienne entre Strasbourg et l’aéroport de Londres-Stansted ».

Ces subventions sont affectées, selon la CCI de Strasbourg qui gère l’aéroport de la ville, à la promotion de la région Alsace et de Strasbourg dans les médias et sur Internet. Depuis octobre, date de l’implantation de la compagnie européenne, le trafic a explosé entre Strasbourg et Londres : 110 000 passagers ont été transportés en 8 mois, contre 40 000 sur un an par Brit Air, la filiale d’Air France qui assurait jusque-là de manière monopolistique la liaison vers Londres.

L’arrivée de Ryanair et de ses billets bradés à 10 euros a poussé Brit Air vers la sortie. En mai, la petite compagnie régionale française s’est retirée et a porté plainte pour concurrence déloyale. Pour elle, il ne faisait aucun doute que la CCI, un organe qui représente l’Etat, accordait des aides d’Etat à la compagnie irlandaise. Le tribunal a tranché en sa faveur. « Ryanair a tout de suite fait appel », note « The Irish Times ».

Selon Jean-François Bellis, professeur de droit européen de la concurrence à l’université libre de Bruxelles, cité par « La libre Belgique », cette décision pourrait faire mal à Ryanair : « Cette décision pourrait faire tâche d’huile. Le fait que la compagnie aérienne soit condamnée par un tribunal sur une affaire qui semble relativement anecdotique n’augure rien de bon pour la suite. D’autant que d’autres de ses pratiques semblent plus proches de la notion d’aides d’Etat ».

La Belgique suit de très près ce jugement car l’aéroport de Charleroi a octroyé des incitations au transporteur en 2001 quand celle-ci a choisi l’aéroport sommeillant de la capitale wallonne pour en faire le premier « hub » ou « noeud » continental de l’histoire de la compagnie. Selon le quotidien belge, Ryanair bénéficie de droits de décollage et d’atterrissage très bas et son personnel aurait selon le « Financial Times » bénéficié de remboursement de frais d’hôtel injustifiés. La Commission européenne a ouvert en janvier une enquête et devrait rendre ses conclusions d’ici à la fin de l’année. Si elle estime qu’il y a bien eu aides d’Etat, Ryanair pourrait se trouver en grosses difficultés.

Le modèle économique de la compagnie se fonde en effet sur une double assise. D’une part des coûts très bas, grâce à des services réduits au strict minimum et une rationalisation extrême de la gestion des avions et des clients. D’autre part, l’utilisation d’aéroports de seconde zone tels ceux de Pau, Strasbourg ou Carcassonne, pour lesquels les autorités locales doivent prendre en charge un certain nombre de « dépenses marketing » de la compagnie. Grâce à ce type d’arrangements, en France mais aussi dans le reste de l’Europe, Ryanair a connu selon le « Financial Times » deux années de croissance exceptionnelle de ses bénéfices : + 44 % en 2001 et + 59 % en 2002. Pour cette année, la petite compagnie irlandaise qui monte, prévoyait 10 % de croissance des bénéfices, mais sans cette manne des autorités locales, Ryanair pourrait se retrouver sur la paille.

Ph J

d’après Irish Independent, The Irish Times, La Libre Belgique

Voir en ligne : Courrier international

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