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L’ex-PDG d’Air Lib Jean-Charles Corbet placé en garde à vue

mardi 22 juillet 2003.

Cinq mois après la liquidation judiciaire de la compagnie aérienne Air Lib, son ancien PDG, Jean-Charles Corbet, a été placé en garde à vue mardi dans le cadre d’une enquête ouverte fin février par le parquet de Paris concernant d’éventuelles malversations financières.

L’ancien pilote de ligne et syndicaliste d’Air France s’est présenté mardi en début d’après-midi dans les locaux de la brigade financière à Paris, où il a été immédiatement placé en garde à vue, a-t-on appris de source judiciaire. A l’issue de sa garde à vue, d’une durée maximale de 48 heures, il pourrait, si des indices graves ou concordants étaient retenus à son encontre, être présenté à un juge d’instruction en vue de sa mise en examen.

Les enquêteurs s’interrogent notamment sur d’éventuels abus de biens sociaux liés aux flux financiers entre Holco, holding personnelle de M. Corbet et maison-mère d’Air Lib, et différentes sociétés satellites. Les investigations portent en particulier, mais pas exclusivement, sur les rémunérations accordées à M. Corbet.

Dans un rapport rendu public le 18 juin et versé depuis au dossier judiciaire, la commission d’enquête de l’Assemblée nationale sur les causes économiques et financières de la disparition d’Air Lib s’est montrée très sévère à l’égard de l’ancien PDG.

« Parmi les faits dont la commission d’enquête a eu connaissance, le versement de certaines primes, notamment la prime d’arrivée de M. Jean-Charles Corbet, pourrait être constitutif d’abus de bien social », souligne le rapport. M. Corbet avait alors estimé qu’il s’agissait d’un « règlement de compte », démentant catégoriquement tout enrichissement personnel.

Gilles Nicoli, ex-délégué CFDT   d’Air Lib, a indiqué mardi qu’il n’était « pas surpris » par cette garde à vue mais a insisté sur un « échec collectif » faisant qu’aujourd’hui à peine « 19 % des personnels » ont été reclassés. La liquidation judiciaire d’Air Lib, prononcée le 17 février, a entraîné le licenciement de 3 200 personnes.

Créée en juillet 2001, Holco contrôle une dizaine de sociétés en France et à l’étranger. Dans un rapport remis début mars, des experts-comptables mandatés par le comité d’entreprise d’Air Lib soulignent l’existence de zones d’ombre dans les comptes de cette holding. Le rapport relève notamment que 2,6 millions d’euros ont été versés « en frais de personnel » par Holco, dont les effectifs s’élevaient, au cours de l’exercice 2001-2002, à « quatre personnes ».

Autre point mystérieux : les 14 millions d’euros perçus par Mermoz (filiale d’Holco domiciliée aux Pays-Bas), sur les 152,5 millions d’euros versés par Swissair, ancien propriétaire de la compagnie, aux nouveaux repreneurs. Interrogé fin février sur Holco, Jean-Charles Corbet avait affirmé que cette holding correspondait à « une organisation tout à fait classique ».

Fin mai, l’ancien ministre communiste des transports, Jean-Claude Gayssot, a également été entendu par la commission d’enquête parlementaire, notamment sur les conditions d’octroi d’un prêt de l’Etat de 30,5 millions d’euros à Air Lib début 2002. Concernant la reprise d’AOM-Air Liberté par Holco, l’ex-ministre a catégoriquement démenti être intervenu en ce sens auprès du tribunal de commerce de Créteil (Val-de-Marne), niant en outre tout « lien familial ou politique » avec M. Corbet.

Voir en ligne : Le Monde

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