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Deux aéroports à Paris, ça suffit

mercredi 16 juillet 2003.

C’est la conclusion à laquelle sont arrivés les parlementaires chargé d’une mission par le ministre des Transports, Gilles de Robien, farouche opposant à la troisième plateforme.

Le projet était mort avec l’arrivée de Gilles de Robien au ministère des Transports. Mais c’est un rapport parlementaire qui vient d’enterrer dans les formes la création d’un troisième aéroport en région parisienne. Coûteux, nuisant, le tout pour des bénéfices aléatoires : la mission, présidée par le député UMP François-Michel Gonnot, a estimé que « l’idée de construire une troisième plate-forme, en théorie séduisante (...), se heurte en pratique à de nombreux obstacles qu’il convient de ne pas éluder ». Son rapporteur, l’UMP Yves Favennec, s’appuie notamment sur des exemples à l’étranger pour rappeler qu’une telle construction « est productrice de nuisances environnementales graves » car « elle est consommatrice d’énergie et d’espace et génère bruit et pollution des eaux et des sols dans des espaces auparavant préservés ».

Economiquement, un nouvel aéroport parisien ne serait pas non plus une bonne affaire, jugent les parlementaires. Pour Yves Favennec, les bénéfices attendus de sa création seraient d’autant plus aléatoires que « le site de la nouvelle plate-forme est éloigné de la ville-centre » et qu’il ne sera pas évident d’y attirer des compagnies de taille suffisante pour qu’elles y établissent leur plate-forme de correspondance (hub). Le pari serait d’autant plus hasardeux que, si pour l’ouverture de Roissy-Charles-de-Gaulle, le gouvernement avait contraint Air France à transférer ses activités sur la nouvelle plate-forme, « il ne serait pas possible, demain, d’agir de même sur un troisième aéroport parisien, la libéralisation du trafic aérien permettant à toutes les compagnies, y compris la grande compagnie française bientôt privatisée, d’agir comme elles l’entendent et en fonction de leurs intérêts d’entreprise ».

Au delà des arguments égologico/technico/économiques, cette patate chaude est avant tout une affaire politique. Le précédent ministre des Transports, le communiste Jean-Claude Gayssot, avait ainsi décidé en 1997 d’abandonner l’idée d’un troisième aéroport à Beauvilliers (Eure-et-Loir) pour le site de Chaulnes, dans la Somme. Mais Gilles de Robien, alors président de la région Picardie, était monté en première ligne contre ce projet. C’est donc sans surprise que dès sa nomination au ministère des Transports, l’élu de la région a remisé le dossier dans un placard et proposé la création d’une commission parlementaire chargée de débattre de l’opportunité d’un troisième aéroport parisien, mise en place en octobre dernier.

Une chose est pourtant sûre et les parlementaires le reconnaissent : avec 700.000 mouvements chaque année au dessus de la tête des 2,5 millions de riverains, « la situation autour de Roissy Charles-de-Gaulle et d’Orly est aujourd’hui explosive ». Face à un tel constat, le dilemme reste donc entier : ou bien c’est une nouvelle plate-forme qui vient alléger les deux aéroports parisiens, ou bien, et c’est ce que suggère le rapport parlementaire, il faut remettre à plat toute la politique en matière de transports aériens (lire l’article).

Par Ludovic BLECHER

Voir en ligne : Libération

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