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La SNCF compte économiser 100 millions d’euros

samedi 5 juillet 2003.

Les syndicats accusent la direction de faire porter la responsabilité du déficit sur les cheminots grévistes.

C’est une stratégie de communication comme une autre. La direction de la SNCF a décidé d’annoncer avec une brutalité particulière la mise en place d’un plan d’économies d’au moins 100 millions d’euros d’ici la fin de l’année, afin de compenser une partie des pertes liées aux grèves de mai et juin. Le programme avait déjà été présenté le 26 juin par Louis Gallois, le président de la SNCF, aux directeurs d’établissements puis aux syndicats. Mais vendredi, ce sont tous les cheminots qui ont appris par La Vie du Rail le contenu de ce plan baptisé « Starter ».

« Peigne fin ». Dans une interview à l’hebdomadaire ferroviaire, le directeur général de la SNCF Guillaume Pépy dramatise copieusement la situation de l’entreprise publique : « Nous allons faire des économies sur tous les postes. D’au moins 100 millions d’euros, en passant au peigne fin les dépenses courantes, sans tabou. Du train de vie de l’entreprise aux achats à renégocier, en passant par la masse salariale qui représente 50 % du chiffre d’affaires et les investissements. C’est un effort douloureux mais indispensable. » Selon lui, les grèves de mai-juin auraient coûté 280 millions d’euros dont 250 millions pour l’entreprise et 30 millions pour le groupe. « C’est un manque à gagner énorme qui représente cent locomotives de fret », a-t-il précisé. Le fret justement : « Le pire, dit-il à propos de cette activité difficile, c’est la perte de confiance. Certains chargeurs ont décidé de passer sur la route en France et de repasser sur le train une fois passée la frontière : ils s’organisent autour d’un chemin de fer peu fiable en France. »

« Odeur de vengeance ». Réactions instantanées des syndicats de cheminots qui refusent de payer seuls l’addition de la grève. « Nous refusons de laisser culpabiliser les cheminots grévistes, a déclaré, vendredi, Didier Le Reste, de la CGT  -Cheminots. La direction fait dans le catastrophisme pour cacher des insuffisances dans sa gestion courante. » Notamment en ce qui concerne le fret. Le responsable CGT   explique que si l’impact de la grève sur le fret est de 100 millions d’euros, « la direction reconnaît aussi que les pertes cumulées pourraient avoisiner les 500 millions d’euros à la fin 2003 ». Pour le cégétiste, les causes de la dégradation relèvent à la fois de l’organisation de la production et de l’insuffisance des moyens. Pour Eric Thouzeau, de la CFDT  -cheminots, la SNCF « utilise les grèves pour accélérer son « projet industriel 2003-2005 », en niant le ralentissement économique qui constitue l’un des éléments clefs de la situation de l’entreprise ». Le plan de rigueur masque à peine « une volonté de recentrage du fret sur le seul trafic rentable », ajoute-t-il. Dans le domaine voyageurs, ce plan concrétise les menaces qui pesaient bien avant le conflit sur un certain nombre de grandes lignes transversales, de trains Corail et même de TER. » De son côté, Sud Rail a déclaré sentir à travers cette annonce de la direction de la SNCF « une forte odeur de vengeance d’après-grève ».

avec AFP

Voir en ligne : libération.fr

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