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L’ombre des avions parqués dans les déserts américains plane sur le Bourget

mercredi 18 juin 2003.

L’ombre des quelque 2.000 avions parqués dans les déserts américains, symbole des surcapacités des compagnies aériennes, plane sur le 45e salon aéronautique international du Bourget.
Un millier d’avions commerciaux ont été cloués au sol par les compagnies aériennes internationales à partir des années 2000-2001 pour faire face à la baisse du trafic aérien, portant à environ 2.100, soit 12% de la flotte mondiale, le nombre d’avions inutilisés.

Pour garantir leur conservation, ces appareils ont été majoritairement immobilisés dans les zones chaudes et sèches des Etats-Unis, en particulier des étendues désertiques proche de Tucson (Arizona, centre), Roswell (Nouveau Mexique, sud-est) et Sunnyvale (Californie, est).

Par leur nombre, ces « stocks » pèsent sur les commandes d’avions neufs auprès des constructeurs aéronautiques civils, en particulier les deux géants Airbus et Boeing, engagés cette année encore au salon international du Bourget dans une course aux performances commerciales.

« Entre 500 et 600 de ces avions sont susceptibles d’être remis en service, selon les estimations de Boeing et d’Airbus », a expliqué lundi François Bertrand, président du directoire de l’équipementier aéronautique français Latécoère, lors d’une rencontre avec la presse.

« Cela ne représente que 25% du total des 2.100 appareils parqués dans le désert américain, mais il ne faut pas oublier que cela équivaut à une année de production pour les constructeurs », a-t-il ajouté.

Airbus évalue entre 500 et 600 le nombre d’avions en mesure de refaire surface sur le marché en raison de l’état de vetusté des appareils concernés. Boeing table sur 550 avions.

« C’est sans doute l’élément qui va freiner la reprise » des commandes d’avions neufs, estime M. Bertrand.

« Il est certain que ces 550 appareils peuvent peser sur le marché », reconnaît Randolph Baseler, vice-président marketing de la division avions commerciaux de Boeing, interrogé par l’AFP.

Mais le temps, selon lui, joue en faveur des constructeurs. Car lorsque le trafic va reprendre, seules les compagnies de leasing pourront rapidement réinjecter ces appareils sur le marché, et encore seulement les plus récents d’entre eux.

Même ton assuré chez Airbus. « Ce qui est intéressant à observer n’est pas de savoir si ces avions vont oui ou non revenir en service mais s’ils rejoindront les flottes des principaux clients qui disposent de commandes chez Airbus et Boeing », a fait valoir John Leahy, directeur commercial d’Airbus, lors d’une conférence de presse dimanche.

« Et je pense que cela ne sera le cas que pour un très petit nombre d’entre eux », a-t-il ajouté. « C’est pourquoi nous ne sommes pas excessivement inquiets par ces avions dans le désert ».

Cette question n’en fournit pas moins aux deux ténors matière à de nouvelles invectives réciproques, l’un comme l’autre reprochant à son concurrent de disposer du plus grand nombre d’appareils parqués.

Le nombre d’A320 immobilisés (44) représente près de 4% du total de la flotte en circulation tandis que celui de 737 nouvelle génération n’en représente que moins de 1% (10 appareils), souligne M. Baseler, qui laisse toutefois de côté les 295 autres 737 de types différents immobilisés.

Le représentant d’Airbus pronostique pour sa part que ni les 727, ni les DC-9, ni la totalité des DC-10, ni même des 747-100, 200 et 300 de Boeing ne redécolleront un jour des étendues désertiques du nouveau monde.

Voir en ligne : AFP

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