Accueil > ACTU > Reprise des vols d’Air France vers l’Algérie : un enjeu diplomatique

Reprise des vols d’Air France vers l’Algérie : un enjeu diplomatique

mercredi 25 juin 2003.

La reprise, samedi, des vols d’Air France vers l’Algérie, après plus de 8 ans d’interruption, paraît dictée par des considérations plus diplomatiques que commerciales, cette ligne n’étant pas vitale pour cette compagnie.
Pour Alger, en revanche, la reprise des vols d’Air France signifie la fin d’un « embargo de fait » imposé au pays par les compagnies européennes qui avaient suivi l’exemple de la compagnie française, lorsque celle-ci avait interrompu ses liaisons à la suite d’une prise d’otages sanglante dans un de ses Airbus, le 24 décembre 1994 à l’aéroport d’Alger.

« Le retour effectif d’Air France sera un signal fort pour les autres compagnies qui hésitent encore et même une incitation au voyage pour les hommes d’affaires, et pourquoi pas les touristes », estime un journaliste algérien suivant de près cette affaire.

L’impact de ce retour, dont l’apport économique pour Air France n’est, cependant, pas négligeable, sera surtout psychologique et devrait briser la méfiance des hommes d’affaires français et européens, dont l’argument sécuritaire pour bouder l’Algérie, se justifiera ainsi moins.

« L’Algérie n’a rien à gagner économiquement, à court terme, à ce retour d’Air France qui va, sérieusement concurrencer la compagnie nationale Air Algérie, mais politiquement il sera d’un apport appréciable pour briser l’isolement de l’Algérie », selon un professeur de sciences politiques de l’université d’Alger.

L’embellie, qui semble durer entre les deux capitales, depuis la visite d’Etat en Algérie du président français Jacques Chirac, début mars, risquait d’être sérieusement compromise si Air France continuait à bouder l’Algérie, alors que déjà, les compagnies italienne Alitalia et turque Turkish Airlines, ont repris sans aucun problème, précise ce professeur.

« La France doit donner un sérieux gage de sa détermination, affichée par M. Chirac et son Premier ministre Jean-Pierre Raffarin, à +refonder+ les relations bilatérales. Et la reprise des vols vers l’Algérie de la compagnie nationale Air France en est un », ajoute-t-il.

L’expérience d’Air Lib, qui avait desservi Alger pendant près de deux ans avant sa disparition, est la preuve concrète que la sécurité est bien assurée à l’aéroport d’Alger et qu’elle est même plus draconienne que sur bien des aéroports français et européens, de l’aveu même des responsables de cette compagnie.

Deux autres compagnies françaises, Aigle Azur et Air Littoral, assurent déjà des dessertes entre des villes françaises et algériennes.

Le PDG d’Air France, Jean-Cyril Spinetta, s’est déclaré, le 12 juin, « totalement convaincu par les assurances » qui ont été données par les autorités algériennes sur les conditions de sécurité, allant ainsi à l’encontre du Syndicat national des pilotes de ligne (SNPL  ) en France qui a estimé « totalement déraisonnable » la reprise des vols.

Le retour d’Air France a été évoqué, maintes fois, par le président algérien Abdelaziz Bouteflika qui avait dénoncé un « embargo » imposé à son pays, laissant entendre qu’il pourrait y avoir, derrière sa durée, des arrières pensées politiques, notamment des socialistes français, qui ont été au pouvoir en France jusqu’en mai 2002.

Pour nombre d’Algériens, la suspension pendant plus de huit ans des vols d’Air France est « politique et leur reprise ne peut être que politique ».

La prise d’otages à Alger d’un Airbus d’Air France le 24 décembre 1994

La prise d’otages sur le tarmac de l’aéroport d’Alger d’un Airbus d’Air France, en décembre 1994, qui a entraîné la suspension des vols de la compagnie française vers la capitale algérienne pendant plus de huit ans, s’était soldée par la mort de trois otages et des quatre terroristes.
Cette prise d’otages par un commando islamiste, depuis l’immobilisation de l’appareil, le samedi 24 décembre à 10H00 GMT, jusqu’à l’assaut par le GIGN à Marseille, le lundi suivant, à 16H15 GMT, a duré un peu plus de 54 heures. Les quatre terroristes, qui avaient tué trois otages, ont été abattus par les hommes du GIGN.

Le 24 décembre, le vol AF 8969 pour Paris, un Airbus A300 avec 227 passagers et 12 membres d’équipage, est bloqué sur l’aéroport Houari Boumediene par des hommes armés. Au bout de quatre heures, 19 personnes - 14 femmes, 4 enfants et un homme - sont libérés par les quatre hommes qui retiennent l’Airbus.

Deux premiers passagers sont tués, un policier algérien, et un Vietnamien.

Dans la nuit du samedi au dimanche, le chef du commando, membre du Groupement islamique armé (GIA), Abdoul Abdallah Yahia, libère peu à peu 63 passagers -l’ensemble des femmes et des enfants-. Au matin, les pirates lancent un ultimatum pour la libération d’Abassi Madani et Ali Belhadj, les deux chefs du FIS dissous.

Dans la soirée, un troisième otage est exécuté, un Français, Yannick Beugnet, cuisinier à l’ambassade de France à Alger. Le commando avait fixé un ultimatum, expirant à 21H30 GMT, pour que la passerelle avant de l’avion soit retirée, faute de quoi il « tuerait un Français ».

Le 26 décembre dans la nuit, sur proposition de la France, l’Airbus décolle d’Alger avec 170 otages et atterrit à Marseille-Marignane.

Les autorités françaises exigent des libérations d’otages en contrepartie d’une conférence de presse, réclamée par le commando.

Deux passagers sont libérés. Les preneurs d’otages rompent le contact radio avec les autorités.

A 16H15 GMT, les hommes du GIGN donnent l’assaut et pénètrent dans l’appareil. Une fusillade éclate. Les passagers sont évacués par les toboggans. L’opération se termine vers 16H30 GMT.

Les quatre preneurs d’otages sont tués, 13 passagers contusionnés, trois membres d’équipage, dont le commandant de bord, légèrement blessés, tandis que 9 gendarmes sont touchés.

aller en haut de page
Mots-clés

SPIP | Copyright © 2002 - 2012 SUD Aérien.org | Conception et habillage snoopit31

Mentions légales| squelette | | Plan du site | Suivre la vie du site RSS 2.0