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Les compagnies aériennes veulent faire payer la sécurité par les gouvernements

mercredi 4 juin 2003.

Les compagnies aériennes, rappelant qu’elles ont été les victimes et non les cibles des attentats du 11 septembre 2001, ont exhorté mardi les gouvernements à prendre en charge le coût des mesures de sécurité draconiennes imposées en période de grave crise du transport aérien.
« Le 11 septembre 2001, la cible n’était pas les compagnies aériennes, mais bien la société américaine, c’était des cibles politiques », a affirmé le PDG de British Airways, Rod Eddington, mardi lors d’un débat au dernier jour de l’assemblée annuelle de l’Association internationale pour le transport aérien (Iata) à Washington.

« La sécurité est assurée par une police payée par les gouvernements dans les chemins de fer, et dans les ports ce ne sont pas les compagnies maritimes qui payent pour la sécurité », a-t-il rappelé en pointant du doigt l’exception faite pour la sécurité dans le transport aérien.

Associés aux compagnies aériennes dans ce nouveau défi face au terrorisme, les responsables des aéroports abondent dans le même sens.

« Les nouvelles mesures de sécurité ont été imposées par des réglementations fédérales (aux Etats-Unis) mais le gouvernement n’en assure pas le financement », selon David Plavin, responsable pour l’Amérique du Nord de l’association Airports Council International.

« Nous avons tous intérêt à maintenir la sécurité (...) et le gouvernement a une obligation d’en prendre en charge les coûts », a-t-il ajouté.

En réponse à ces exigences, l’administration américaine, par la voix du responsable de l’agence pour la sécurité des Transports (TSA), Tom Blank, a rappelé que le Congrès avait voté un budget de 6 milliards de dollars pour 2003 et d’environ 4 milliards pour 2004 pour soutenir les compagnies aériennes confrontées aux nouvelles règles de sécurité.

« Nous ajustons ces sommes et les révisons au fur et à mesure et le secteur du transport aérien nous fait parvenir ses points de vue » sur la question, a-t-il rappelé.

« Si nous n’avons pas assez d’argent du gouvernement fédéral pour payer les agents de sécurité chargés d’inspecter les passagers et leurs bagages, lorsque le niveau du trafic sera revenu à celui de l’an 2000, nous n’aurons pas assez de personnel de sécurité et les files d’attentes s’allongeront au point d’augmenter la vulnérabilité des aéroports face aux attentats », a averti David Plavin en rappelant qu’une vaste foule rassemblée dans un hall d’aéroport pouvait constituer une cible facile pour les terroristes.

« Si nous retournons à quelque 700 millions de passagers, le système actuellement en place (aux Etats-Unis) ne permettra pas d’assurer le haut niveau de sécurité requis » par les législateurs, a renchéri Richard Anderson, PDG de la compagnie aérienne Northwest Airlines.

La solution passe, selon lui, par l’abandon du système basé sur des contrôles de même type pour tous les passagers.

« Une grand-mère de 75 ans est sans doute moins une menace qu’un jeune de 25 ans qui vient d’acheter son billet en le payant cash une demi-heure avant d’embarquer à bord de l’avion », a affirmé Rod Eddington.

D’une manière générale, les responsables du secteur ont souligné que pour attirer à nouveau autant de clients qu’avant les attentats, il faut pouvoir les rassurer sur la qualité de la sécurité et en même temps leur éviter des files d’attente interminables et des répétitions de contrôles, notamment lors de connexions avec des vols intérieurs en venant de l’étranger aux Etats-Unis.

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