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La guerre pourrait pousser l’économie mondiale vers la récession

samedi 5 avril 2003.

L’économie mondiale, touchée de plein fouet par la guerre en Irak, les craintes de terrorisme et l’épidémie de pneumonie atypique, est dangereusement menacée de récession, estiment les analystes.

Selon certains experts, la récession est déjà là et pourrait être révélée par les statistiques économiques qui seront publiées dans les prochaines semaines ou les prochains mois. Avec une croissance en panne aux Etats-Unis, au Japon et dans plusieurs pays européens, le taux de croissance de l’économie mondiale pourrait bien tomber en dessous de la barre de 2,5%, considérée par beaucoup d’analystes comme le seuil d’une récession.

Une économie américaine faible pourrait entraîner le reste du monde, qui se verrait ainsi privé de sa locomotive économique, explique Stephen Roach, chef économiste à la firme d’investissements Morgan Stanley. « La guerre, les incertitudes et l’épidémie constituent un mélange difficile pour toute économie », souligne-t-il, estimant qu’« une baisse de l’activité économique semble en cours pour le monde industrialisé dans son ensemble ».

Selon M. Roach, la plupart des grands pays industrialisés ont connu un recul de l’activité en février et en mars, alors que s’ajoutent maintenant les effets négatifs de la guerre en Irak et de l’épidémie de pneumonie atypique (syndrôme respiratoire aigu sévère, SARS). Morgan Stanley a révisé en baisse ses prévisions de croissance économique mondiale en 2003 pour les ramener à 2,4%, niveau très proche des 2,2% de croissance enregistrés en 2001 lors de la dernière récession. « Une rechute dans la récession de l’économie mondiale paraît maintenant proche », affirme M. Roach.

Aux Etats-Unis, les chiffres récents montrent une accélération des suppressions d’emplois, un affaiblissement des dépenses de consommation et des investissements des entreprises toujours en berne. « La question que l’on se posait jusqu’ici était de savoir quelle était la probabilité d’une rechute dans la récession. Mais maintenant la question serait plutôt de savoir si nous sommes déjà en récession car, sur une base mensuelle, il me semble que l’économie a reculé en février et en mars », déclare David Rosenberg, chef économiste pour l’Amérique du nord à la firme d’investissements Merrill Lynch.

Pour la première fois depuis plus d’un an, le secteur des services a connu en mars aux Etats-Unis un recul de son activité, selon des chiffres publiés jeudi par le groupement des directeurs d’achats (ISM). « Comme les services représentent environ 75% de l’économie, le rapport de l’ISM est le signe grave d’un possible basculement de l’économie dans la mauvaise direction », souligne Sung Won Sohn, économiste à Wells Fargo Bank, en ajoutant qu’« une fin rapide à la guerre serait une bonne nouvelle pour l’économie ».

L’Institut international de la finance (IIF), qui regroupe plus de 300 banques privées dans le monde, a demandé cette semaine au Groupe des sept pays les plus industrialisés (G7) de prendre des mesures pour relancer la croissance et rassurer les marchés financiers. Si la guerre en Irak est courte, la croissance des pays du G7 -Etats-Unis, Japon, Allemagne, France, Grande-Bretagne, Canada et Italie- devrait atteindre 1,9% en 2003 et 2,8% en 2004, prévoit l’IIF.

Une fin rapide de la guerre donnerait un coup de fouet à l’économie américaine et mondiale, mais il reste à savoir si cela suffirait à assurer une reprise forte et durable. « Une victoire en Irak provoquerait sans aucun doute un rebond de la confiance qui devrait se traduire par une reprise des dépenses », affirme Stephen Roach, avertissant toutefois que cet effet « pourrait être de courte durée ».

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