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Aeris, easyJet et Virgin Express se partagent les droits aériens d’Air Lib

mardi 1er avril 2003.

Les créneaux d’atterrissage et de décollage à Orly de la compagnie aérienne défunte ont été répartis, lundi. Nouveaux entrants et acteurs existants bénéficient de 60 allers-retours quotidiens.
Cohor, l’association pour la coordination des horaires, chargée de l’attribution des créneaux de décollage aérien sur les aéroports de Paris ainsi que ceux de Nice et Lyon, a procédé, lundi 31 mars, à la distribution des créneaux laissés vacants par la mise en liquidation judiciaire d’Air Lib. Cohor avait fixé aux liquidateurs d’Air Lib la date limite du 30 mars – le début du programme d’été des compagnies aériennes – pour trouver des repreneurs partiels et « procéder éventuellement (...) à la cession d’unités globales de production ».

A cette date, seule une offre déposée par la société maritime CMA-CGM et la compagnie belge à bas pris Virgin Express a été présentée. Mais les conditions suspensives posées par les repreneurs n’avaient pu être levées. L’offre de la compagnie belge, filiale du groupe britannique Virgin, était la seule effectuée par un transporteur aérien et donc la seule à pouvoir bénéficier de l’attribution d’un transfert de créneaux. Le tandem a annoncé, lundi, que son offre de reprise de certains actifs d’Air Lib était désormais « caduque ».

En conséquence, le Cohor a décidé la mise en distribution immédiate des 44 528 créneaux annuels d’Air Lib, pour un total de 251 000 créneaux demandés. L’Etat a, comme il en a le droit, préempté 20 % du total disponible pour compléter les besoins concernant les dessertes dites d’« aménagement du territoire » notamment sur la Corse et les départements d’Outre-mer. Le reste des créneaux a été réparti, comme le prévoit le règlement du Cohor, par moitié entre les compagnies déjà présentes sur la plateforme et par moitié pour les nouveaux entrants.

« NIVEAU DE CONCURRENCE »

Plusieurs critères ont été retenus. Ainsi, note Cohor, dans la mesure où des demandes existaient, il fallait permettre la reprise de certaines dessertes qu’Air Lib était la seule à effectuer. Il fallait aussi autoriser la poursuite de celles effectuées par d’autres compagnies en partage de code mais avec des créneaux d’Air Lib. Enfin, Cohor a veillé à rétablir « un certain niveau de concurrence sur des routes à fort trafic » comme le sont Nice, Toulouse, l’Italie ou l’Algérie.

Les principaux bénéficiaires sont la compagnie toulousaine Aeris, le transporteur britannique à bas coût easyJet et Virgin Express.

Aeris récupère 7 612 créneaux horaires annuels pour desservir notamment Tarbes-Lourdes, Perpignan et Toulouse ; easyJet en décroche 7 300 pour relier Nice, Milan, Barcelone et Marseille ; et Virgin Express obtient 5 840 créneaux (Bordeaux, Toulon, Rome).

Deux autres compagnies ont reçu un nombre significatif de créneaux : l’italienne Volare (3 650 pour la desserte de Bari, Milan-Malpensa, Venise), Aigle Azur (2 920 créneaux pour l’Algérie avec Oran/Tlemcen, Bejaïa et Alger) et Air France.

La compagnie Aeris, qui débarque à Orly avec le statut de nouvel entrant n’est pas une inconnue : alors qu’Air Lib était encore moribonde mais pas défunte, elle assurait essentiellement des vols charters et seulement deux lignes régulières entre Brest et Toulon et Paris et Ancône (Italie) avec deux 767 et cinq 737. Elle avait alors provoqué l’émoi des salariés d’Air Lib en déclarant qu’elle voulait faire son entrée sur le marché du bas prix domestique et ainsi « pourvoir au remplacement d’Air Lib sur le marché intérieur ». Pour être certaine d’arriver à ses fins, la compagnie avait dès le mois d’octobre demandé 22 000 créneaux. Interrogé, mardi 1er avril, sur Sud Radio, le PDG d’Aeris, Charles-Henri Rossignol, a indiqué qu’il envisageait après l’obtention des slots « 300 embauches et 3 avions de plus ». Interrogé sur la CGT   qui l’accuse de « tirer les salaires vers le bas », M. Rossignol a répondu : « J’ai créé 400 emplois tandis que la CGT   en tuait 3 500 chez Air Lib ».

L’autre grand gagnant est la compagnie britannique easyJet qui a obtenu 7 300 créneaux, c’est-à-dire la possibilité de réaliser 10 allers-retours par jour. Le transporteur qui avait demandé environ 20 000 slots a salué le travail du Cohor tout en mettant un bémol : easyJet s’était engagé à un effort très substantiel de développement sur le marché parisien sur la base de 20 000 créneaux et se déclare aujourd’hui déçue de « ne pouvoir contribuer au développement de l’emploi à Paris » comme elle le souhaitait.

François Bostnavaron

Voir en ligne : Le Monde

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