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Dans le monde entier, les compagnies aériennes subissent le contrecoup de la guerre

mercredi 2 avril 2003.

Air Canada s’est placée en faillite, tandis que l’administration Bush veut débloquer plus de 3 milliards de dollars d’aide. En Europe, KLM annonce la suppression de plusieurs milliers d’emplois.
Le marasme s’aggrave dans le transport aérien. La baisse du trafic mondial s’est accentuée avec le début du conflit irakien et l’épidémie asiatique de pneumopathie atypique. Cette conjoncture économique déprimée pousse les compagnies aériennes, déjà malmenées depuis le 11 septembre 2001, à annoncer des mesures de restructuration massives.

En Amérique du Nord, la compagnie aérienne Air Canada s’est placée, mardi 1er avril, sous la protection de la loi des faillites devant la justice de l’Ontario. La compagnie, qui compte actuellement 40 000 employés et dont la dette atteint 12 milliards de dollars canadiens (7,5 milliards d’euros), a également annoncé que l’un de ses principaux créanciers, General Electric Capital Canada, lui avait accordé un répit avec une ligne de crédit de 714 millions de dollars américains. « Il serait irresponsable de continuer sans instaurer au préalable un processus visant à rapprocher les coûts du nouvel environnement », a déclaré le PDG, Robert Milton. « Il ne s’agit pas seulement de rééquilibrer notre bilan, mais aussi de restructurer nos coûts d’exploitation, notamment ceux liés à la main-d’œuvre et au parc aérien. (...) Notre modèle de transporteur a volé en éclats et il n’est plus possible de recoller les morceaux. Air Canada et ses employés doivent adopter une culture différente et une nouvelle façon de faire des affaires. »

Déjà en février, la compagnie avait annoncé un vaste plan de cessions de ses plus beaux actifs comme les services techniques, ceux d’assistance au sol dans les aéroports ou sa filiale de transport régional, Air Canada Jazz.

Aux Etats-Unis, l’administration Bush vient, dans l’urgence, d’accorder un ballon d’oxygène au secteur aérien américain. Les commissions budgétaires de la Chambre des représentants et du Sénat ont approuvé, mardi 1er avril, une aide financière fédérale d’au moins 3,2 milliards de dollars au profit des compagnies nationales. Cette assistance financière a été approuvée dans le cadre d’amendements à la demande de rallonge budgétaire de 74,7 milliards de dollars demandée au Congrès par le président George W. Bush pour couvrir les coûts de la guerre en Irak.

Cette aide intervient alors que cinq grandes compagnies américaines (American, United, Continental Airlines et Northwest) ont annoncé des réductions de personnel ou de capacité et que trois transporteurs (United, US Airways Group et Hawaiian Airlines) opèrent déjà sous protection judiciaire contre la faillite – le fameux chapitre 11. L’administration américaine a visiblement été sensible aux arguments de l’Association du transport aérien (ATA) qui avait imploré une assistance gouvernementale (Le Monde du 13 mars). Dans un rapport publié avant le début de la guerre, l’ATA avait estimé qu’« un conflit aurait des conséquences encore plus importantes que lors de la première guerre du Golfe » et avait rappelé que sept compagnies dont Pan Am, Eastern Airlines, Midway Airlines et Markair Airlines n’y avaient pas survécu. L’ATA avait précisé qu’actuellement le licenciement de 70 000 personnes était envisagé. Mais les sociétés concernées par l’aide ont déjà fait savoir que le montant accordé par le gouvernement serait insuffisant. Parallèlement, le ministère des transports américain, longtemps réticent, a accepté, mardi, l’alliance commerciale entre Continental, Delta et Northwest (35 % du marché aérien).

Américan Airlines continue, elle, à mettre en œuvre son plan d’urgence. Le numéro un mondial du secteur, avait annoncé, lundi, avoir échappé pour le moment à la faillite grâce à des mesures de réduction de salaire pouvant aller jusqu’à 25 % (Le Monde du 2 avril). La compagnie envisage également d’utiliser le « délai de grâce » prévu dans certains accords passés avec ses créanciers, concernant notamment la location-vente d’appareils, pendant la poursuite des négociations visant à sa restructuration.

Son concurrent Continental Airlines, 5e compagnie aérienne américaine, a annoncé, quant à elle, une réduction de 2 % environ de sa capacité pour la saison estivale ainsi que la possibilité de nouvelles suppressions d’emplois, au-delà des 1 200 déjà annoncées le 19 mars.

L’Europe est également touchée de plein fouet par la conjoncture. Selon l’Association européenne des compagnies aériennes (AEA), la guerre irakienne a fait plonger de 12,3 % le trafic des compagnies européennes durant la première semaine des hostilités. Le néerlandais KLM et le scandinave SAS ont annoncé des mesures d’économies immédiates. KLM a précisé, mardi, qu’elle allait supprimer « plusieurs milliers d’emplois ». Parallèlement, les représentants des pilotes de Scandinavian Airlines ont accepté un gel de leurs salaires, une semaine de travail plus longue et plus d’heures de vol.

Dans ce paysage morose, Airbus a annoncé deux commandes importantes. Egyptair a signé le 1er avril un contrat pour acquérir sept Airbus A330-200 livrables à partir de juin 2004. Airbus devait annoncer mercredi la commande par Iberia de 12 Airbus A340-600.

Laure Belot (avec AFP)

Voir en ligne : Le Monde

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