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Air Lib : Virgin et Aéris prêtes à reprendre Air Lib

dimanche 16 mars 2003.

Article du Journal Du Dimanche (JDD) - 16 mars 2003

Deux dossiers pourraient être déposés in extremis avant la liquidation définitive mardi. Quelques emplois pourraient être sauvés. Mais la bataille fait surtout rage pour le pactole des créneaux.

Sir Richard Branson s’est déplacé en personne. Le flamboyant milliardaire britannique s’est rendu mercredi au ministère des transports pour faire une proposition de reprise partielle d’Air Lib. Selon le ministère, le projet, pas encore finalisé, viserait à reprendre environ un millier des 3500 salariés sur le carreau depuis le dépôt de bilan de la compagnie Française. Une proposition au finish : la liquidation devrait être définitivement prononcée d’ici mardi.

Il y a urgence. Une liquidation remettrait dans le pot commun les quelque 43000 créneaux de décollage et d’atterrissage - seul actif réellement intéressant de la compagnie défunte. Mais un second candidat se tient prêt à dégainer une offre demain ou mardi : la petite compagnie charter Toulousaine Aeris. Ses dirigeants planchaient encore ce week-end sur leur dossier. Ils seraient prêts à réclamer la quasi-totalité des créneaux d’Air Lib et cinq à dix avions, contre seulement 500 à 750 salariés. Objectif : relancer très rapidement les liaisons à bas tarifs vers Nice, Toulon, Marseille, Perpignan, Toulouse et Lourdes, soit 38 départs quotidiens dans chaque sens. Le jeune PDG d’Aeris, Charles Henri Rossignol, pourrait aussi s’associer avec un vieux loup de l’air, Alexandre Couvelaire, un ancien président... D’Air Liberté.

Un empressement surprenant. « Lors du dépôt de bilan, personne n’était prêt à investir un euro vu l’état de l’entreprise et les perspectives plombées du secteur aérien » explique un bon connaisseur du dossier. Mais le gouvernement avait ensuite laissé entendre qu’il pourrait lier l’attribution des créneaux à la reprise éventuelle d’employés. D’où ces vocations tardives.

Richard Branson s’est associé à la compagnie générale d’affrêtement maritime CMA-CGM (groupe Chargeurs). Le patron britannique pourrait ainsi dévelloper l’activité de sa compagnie à bas coûts Virgin Express, basée à Bruxelles, et venir titiller Air France en offrant des vols à prix cassés. Chargeurs lui servirait de « cheval de Troie » pour pénétrer en France. Le groupe ne manque pas d’expérience dans l’aérien : Chargeurs n’est autre que l’ancien propriétaire d’UTA, compagnie rachetée en 1990 par Air France. « c’est une reconstitution de ligue dissoute pour venir concurrencer Air France, notamment sur l’Afrique, devenue sa chasse gardée, et ancien pré-carré d’UTA », analyse un membre de la compagnie nationale, où l’on voit cette arrivée d’un très mauvais oeil.

Selon nos informations, la tandem Chargeurs-Virgin seraient prêts à mettre une soixantaine de millions d’euros. Une solution qui jouit du soutien de l’ancien patron d’Air Lib, Jean-Charles Corbet, à qui on en attribue même l’initiative. Un investissement dans les dépouilles d’Air Lib allégerait d’autant la dette et les éventuelles saisies de biens. Les syndicats, eux, se méfient, craignant que ce rachat partiel n’empêche pas une restructuration sociale ultérieure.

D’autres concurrents veillent au grain. Notamment les anglais d’Easy-Jet qui, eux, ont refusé la logique « créneaux contre emplois ». Ils demandent la réattribution des créneaux par la voie classique du COHOR, l’organisme chargé de gérer les nouvelles autorisations de décollage. « Si nous constatons un traitement de faveur dans l’allocation des créneaux, nous irons devant la justice », annonce un de ses porte-paroles.

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