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Danger pour Air France : Emirates veut plus de vols en France

mercredi 17 avril 2013.

En annonçant mercredi à Roland-Garros, un contrat de sponsoring de cinq ans avec la Fédération française de tennis pour les internationaux de France, Tim Clark, le directeur général d’Emirates a déclaré,« Nous aimerions augmenter notre présence en France en ajoutant des vols vers des villes que nous desservons déjà et en ouvrant de nouvelles dessertes comme Marseille, Toulouse, ou Bordeaux  », précisant que cette demande avait été faite au gouvernement français. «  Nous sommes en train de discuter pour voir comment nous pouvons obtenir des droits supplémentaires  », a expliqué en aparté le directeur général France d’Emirates, Thierry Aucoc.
Dans le passé, les discussions entre les Emirats et la France ont toujours été électriques. Air France s’est toujours opposée au développement des compagnies du Golfe.

Les régions françaises sont au cœur des priorités d’Emirates. La compagnie dessert déjà Lyon et Nice (en plus de Paris). Avec 32 vols par semaine au départ de France, Emirates est la principale compagnie long-courrier dans le sens ouest-est. La compagnie n’ira pas provoquer Air France en demandant des droits dits de 5e liberté qui permettraient par exemple de faire prolonger un Paris-Dubai vers une autre destination, comme il va le faire en octobre à Milan (vers New York).

Pas de calendrier fixé

Emirates prépare le terrain à une future demande. Car s’il y a des échanges exploratoires avec le gouvernement français il n’y a pas pour l’heure de calendrier fixé pour d’éventuelles négociations. « Il n’y a pas de négociations à l’ordre du jour », précise une source française. Les discussions sont toujours compliquées. Il faut d’une part convaincre l’Etat français du bien fondé d’un accroissement des vols (qui fragiliseront un peu plus Air France), et d’autre part englober l’ensemble des Emirats arabes unis dont deux autres ont des compagnies aériennes (Abu Dhabi, Sharjah).

Après avoir obtenu de nouveaux droits de trafic il y a à peine deux ans, Emirates a pu augmenter ses capacités sur Nice et Paris et ouvrir Dubai-Lyon. « En deux ans, l’offre en sièges d’Emirates en France a progressé de plus de 75 %, dont plus de 50 % pour la seule année 2012  », explique Thierry Aucoc. «  Le trafic suit complètement l’augmentation de capacité, et la recette unitaire se maintient », précise-t-il, pour justifier la demande de nouveaux vols.

Apport de 200 millions d’euros à l’économie française

Afin de donner du poids à ses arguments, Tim Clark a calculé pour la première fois la valeur de la présence d’Emirates en France. « Nous contribuons à hauteur de 200 millions d’euros par an à l’économie française  », a-t-il en effet lancé. Un chiffre qui inclut notamment les achats d’Airbus, dont Emirates est l’un des principaux clients avec sa commande de 90 A380 et de 70 A350. Un moyen d’anticiper les attaques d’Air France, qui ne cesse de pointer du doigt les dangers des compagnies du Golfe sur son activité et ses emplois.

Air France hostile

Le PDG d’Air France-KLM, Jean-Cyril Spinetta a maintes fois demandé aux autorités françaises de ne plus attribuer des droits de trafic aux compagnies du Golfe. Lors de la dernière négociation en 2010-2011 Pierre-Henri, Gourgeon, alors directeur général du groupe français, était monté lui aussi au créneau. Les arguments sont connus. Air France rappelle que ses vols supplémentaires entre la France et Dubai sont déconnectés du trafic entre ces deux points dans la mesure où les avions sont essentiellement remplis de passagers prenant une correspondance à Dubai pour aller ailleurs en Asie.

Or, les Emirats portent la négociation à un niveau plus haut. Pour eux, la négociation de droits de trafic supplémentaires est une négociation commerciale globale. C’est pour cela, que toute négociation avec les Emirats sont tendues et que le Quai d’Orsay est traditionnellement fortement impliqué dans les discussions. Les prochaines le seront probablement. Les Français ne devront pas non plus oublié qu, lors des dernières négociaitions, Paris avait eu des assurances des Emirats sur la réalisation d’une commande de Rafale, qui n’a toujours pas été signée depuis. En outre, il sera bon d’observer la relation entre Air France-KLM et Etihad Airways, la compagnie d’Abu Dhabi. Comment les deux nouveaux partenaires vont-ils réagir ? Vont-ils trouver un terrain d’entente sur ce dossier ? Si oui, quel message feront-ils faire passer à l’émirat d’Abu Dhabi, le plus important des EAU ?

Voir en ligne : La Tribune

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