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Coup de sang des pilotes d’Air France : ils suspendent leur contribution au plan Transform

mardi 19 mars 2013.

Selon La Tribune, sept mois après la signature d’un accord avec la direction sur des mesures d’économies, le syndicat national des pilotes de ligne (SNPL  ) gèle l’application de toutes les mesures de baisses de coûts qui n’ont pas encore été mises en place. Le syndicat dénonce l’absence de mesures de productivité individuelle sur le long-courrier dans l’accord signé avec les hôtesses et les stewards et doute de la volonté de la direction d’imposer des mesures structurelles de transformation.

Coup de sang des pilotes d’Air France. Alors que le plan de redressement de la compagnie Transform 2015 semblait sur les bons rails avec la signature ce week-end par les syndicats des hôtesses et stewards (la dernière catégorie de personnel à signer) d’un nouvel accord collectif permettant d’améliorer de 20% l’efficacité économique de cette catégorie de personnel, il se retrouve fragilisé par les pilotes. Selon plusieurs sources syndicales, le puissant syndicat national des pilotes de ligne (SNPL  ), qui avait signé un accord sur des mesures de productivité dès le mois d’août dernier, a décidé de suspendre la mise en place de toutes nouvelles mesures d’économies les concernant. En cause justement, l’accord passé entre la direction et les syndicats de PNC   (personnels navigants commerciaux), soupçonné d’être moins sévère que celui signé par les autres catégories de personnel. Et par ricochet les doutes des pilotes sur la volonté de la direction de prendre des mesures structurelles pour transformer la compagnie.

 Grève

« Le bureau Air France (du SNPL  , NDLR) a pris la décision de geler la mise en œuvre de toutes les futures mesures pilotes de l’accord Transform », indique un courrier du SNPL   adressé à l’ensemble des pilotes de la compagnie. Les mesures mises en place jusqu’ici (le gel de l’avancement des classes notamment, c’est-à-dire l’évolution des carrières et donc de la rémunération) ne sont pas mises en cause. En revanche, toutes celles qui étaient prévues sont gelées. Les prochaines qui devaient être prochainement mises en place concernaient le moyen-courrier. Le SNPL   va demander une expertise « pour analyser la pertinence des récentes orientations stratégiques de la direction générale » et se positionnera ensuite. « Il n’y a aucune raison que les pilotes de ligne d’Air France continuent de faire des efforts si les accords ne sont pas respectés, et surtout si l’entreprise ne se transforme pas réellement », explique le SNPL   dans son courrier. Et si la direction veut passer en force, « le principe d’un préavis de grève est validé », assure un pilote. Le bureau du SNPL   Air France est mandaté pour « faire cesser par tous moyens, y compris la grève et sans conditions, toutes les provocations de la direction », menace le texte du SNPL  . Contacté lundi, le SNPL   n’a pas été en mesure de répondre à nos appels.

 Temps de repos

Pour le SNPL  , les équilibres de l’accord PNC   « ne respectent pas, ni sur le fond, ni sur la forme, le cadre de négociation imposé à toutes les catégories de personnel en avril 2012 » au moment des négociations. « Ce qui me dérange, c’est que l’accord signé par les PNC   est à durée déterminée. S’il faut une nouvelle couche d’efforts fin 2013, ils seront exemptés », explique un pilote. Et d’ajouter : « En outre, sans même savoir si l’accord génèrera les 20% d’efficacité économique escomptés, il y a plus de mesures salariales que de mesures structurelles de productivité ». Dans son courrier, le SNPL   pointe « les efforts salariaux différés en 2015 et 2016 et l’absence d’effort de productivité individuelle des PNC  , notamment en long-courrier ». Les temps de repos en escale des PNC   n’ont été réduits que de façon marginale sur quelques lignes long-courriers, contrairement aux pilotes. « Cela empêche les rotations communes génératrices d’économies », reconnaît un PNC  . Les inquiétudes du SNPL   ne sont pas nouvelles. Dès la signature de son accord, le syndicat a en effet mis en place avec la direction un « observatoire de la transformation » pour évaluer le bon déroulé du plan Transform et avoir la certitude que tout le monde fournira les mêmes efforts. Il n’empêche pour d’autres syndicats qui ne comprennent pas l’attitude des pilotes, le SNPL   se tire une balle dans le pied « en disant indirectement qu’ils ont mal négocié ». En outre, estime un cadre de l’entreprise, « il est difficilement défendable qu’une catégorie de personnel critique une autre. Le SNPL   ne doit pas regarder dans la gamelle des autres ».

 Bonnes pratiques du secteur

Les pilotes ne l’entendent pas ainsi. « En août, tous les syndicats ont refusé de signer un texte basé essentiellement sur l’amélioration de la productivité. En mars, comme par hasard, ils signent tous. Le message est clair : il vaut mieux être le dernier de la classe pour signer des bons accords », tempête un pilote. Et plusieurs d’entre eux de soupçonner la direction d’avoir cédé aux hôtesses et stewards pour voir le fruit de ces mesures se traduire dans les comptes 2013-2014. « C’est une vision court-termiste qui ne permet pas de renouer avec les bonnes pratiques du secteur », explique l’un d’eux. Le SNPL   estime que les efforts du personnel au sol sont réels mais que le plan de départs volontaires les concernant « n’atteint pas ses objectifs dans les secteurs où il y en a pourtant le plus besoin, notamment au sein de l’exploitation du hub de Roissy et dans les escales françaises ». Pour un syndicaliste PNC  , l’accord comporte à la fois des mesures salariales et de productivité et préserve l’objectif de 20% d’effcacité économique. "

  Equité

Interrogée, la compagnie cherche à dédramatiser. « Cela ne remet pas en cause le plan Transform. Le SNPL   a demandé des éclairages supplémentaires qui vont lui être communiqués dans le cadre du dialogue ininterrompu qu’entretient la direction avec l’ensemble des catégories de personnel », indique un porte-parole. Et d’ajouter : « l’accord PNC   est en ligne avec le plan Transform. Il respecte l’équité entre les catégories du personnel ». Il n’empêche, la compagnie a plutôt intérêt à éteindre le feu très vite. Il n’est jamais bon de se mettre à dos une catégorie du personnel aussi puissante. Alors qu’en trouvant un accord avec la direction, le SNPL   avait été l’un des plus gros soutiens du PDG d’Air France, Alexandre de Juniac, la lune de miel semble finie.

Voir en ligne : LaTribune.fr

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