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Transport aérien : la Commission minimise le coût de la taxe carbone

samedi 7 avril 2012.

AFP - La commissaire européenne au Climat, Connie Hedegaard, minimise le coût engendré par l’instauration d’une taxe carbone dans le secteur du transport aérien, dans un entretien avec le journal Les Echos, paru vendredi.

Avec l’instauration de cette taxe, vivement critiquée par la Chine ou les Etats-Unis, « un vol de Pékin à Francfort par exemple coûterait environ deux euros de plus par passager », affirme la commissaire européenne.
« Autrement dit, des montants inférieurs au prix d’un café à l’aéroport », ajoute-t-elle.

« Il importe de ne pas perdre de vue les ordres de grandeur », que ce soit du point de vue des compagnies aériennes ou des pays ayant contesté l’instauration de cette taxe, explique-t-elle.
Mi-mars, Airbus et six compagnies aériennes européennes (British Airways, Virgin Atlantic, Lufthansa, Air France, Air Berlin et Iberia) se sont associées pour alerter les chefs de gouvernement français, allemand, britannique et espagnol « sur les conséquences économiques » de cette taxe, une menace « inadmissible » pour leur secteur d’activité, selon eux.
Dans une lettre en date du 22 mars adressée au président de la Commission José Manuel Barroso, le Premier ministre français François Fillon se fait l’écho de cette « vive inquiétude de la part des industriels », et évoque la suspension par la Chine d’une « importante commande d’Airbus » (plusieurs dizaines à ce jour, ndlr).
« Nous, Européens, ne pouvons naturellement pas céder à de telles menaces », indique Mme Hedegaard, soulignant que « le coût des droits d’émission chinois n’est estimé qu’à environ 1,9 million d’euros cette année : c’est peu, très peu, pour brandir la menace d’une guerre commerciale ».

Tout en notant que « la réduction des émissions de gaz à effet de serre dans le secteur de l’aviation est essentielle », le Premier ministre français juge « absolument indispensable que l’UE, au regard du contexte international qui ne cesse de se dégrader sur ce dossier, déploie tous les efforts nécessaires pour trouver des solutions mutuellement acceptables avec les Etats tiers ».
« Personne ne désire plus ardemment que l’Europe une approche ambitieuse et coordonnée au niveau international », souligne à cet égard la commissaire , « mais un accord ne sera possible que si certains pays qui s’y sont opposés jusqu’à présent chagent véritablement de point de vue ».

Dans sa lettre à M. Barroso, François Fillon note également que l’UE doit souligner qu’elle ne restera pas sans réagir en cas de « mesures discriminatoires ». Il affiche en cela le « plein soutien de la France » pour que Bruxelles marque sa « volonté de dialogue » mais aussi la « nécessité » d’affirmer « ses intérêts propres ».

Des discussions sont en cours au sein de l’Organisation de l’aviation civile internationale (OACI), avec une nouvelle réunion prévue en juin.
La taxe carbone européenne, entrée en vigueur sur le papier le 1er janvier 2012, oblige les compagnies opérant dans l’UE, quelle que soit leur nationalité, à acheter l’équivalent de 15% de leurs émissions de CO2, soit 32 millions de tonnes, pour lutter contre le réchauffement climatique.

Vingt-six des 36 membres de l’Organisation de l’aviation civile internationale (OACI), dont la Chine et les Etats-Unis, contestent la mesure.

Voir en ligne : Leparisien.fr

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