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Air France : Le ministre des Transports confirme l’existence d’un rapport critique sur la sécurité.

jeudi 24 février 2005.

Selon libé, la confirmation par Gilles de Robien de l’existence d’un rapport de l’inspection du travail, révélant de graves problèmes de sécurité dans l’usage des escaliers mobiles risque de relancer la grève à Air France.

Sur France Info, le ministre des Transports a qualifié ce rapport de « provisoire » [1] . « Le document n’est pas établi pour accabler tel ou tel, mais pour relever qu’il y a des défauts sur les équipements existants », a dit Robien. « Et le rapport montre que, quand les équipements sont équipés, on ne tient pas les consignes de sécurité. » Qui « on » ? En tout cas, les personnels de piste se sont sentis directement accusés par leur ministre. « Faire une telle déclaration est purement scandaleux », fulmine François Cabrera, de la CFDT   qui n’a pas appelé à la grève. « Comment peut-on livrer une telle image des personnels et de l’entreprise en général ? Et que pensent les clients d’Air France, si on leur dit que les employés ne se sentent pas concernés par la sécurité ? » Le responsable syndical s’indigne de l’instrumentalisation de l’accident mortel, et de la tentative grossière qui consiste à déconsidérer le travail des personnels de piste, pour masquer les déficiences de la compagnie.

Cinglant. En fait de rapport « provisoire », le document que Libération s’est procuré est une lettre recommandée de quatre pages, un document à charge qui n’est en aucun cas une conclusion d’enquête sur l’accident du 1er février. Elle est adressée par l’inspecteur du travail Laurent Garrouste, au DRH d’Air France, également président du comité hygiène sécurité et des conditions de travail (CHSCT). Un courrier cinglant qui met en demeure la direction de prendre « toutes les mesures nécessaires pour assurer la sécurité » de son personnel, relevant qu’Air France n’assume pas depuis longtemps ses responsabilités en ce domaine. La compagnie refuse en effet toutes les recommandations du CHSCT, de l’Assurance maladie et des inspecteurs du travail d’Orly et de Roissy. Et se contente de « constater ce désaccord ».

L’inspecteur ne s’arrête pas là : il énumère dix incidents survenus depuis 1999, dont un dernier le 8 février, une semaine après l’accident mortel. On apprend aussi qu’un accident identique a eu lieu le 16 avril 2000, l’hôtesse n’ayant heureusement pas été tuée. Laurent Garrouste note l’augmentation du nombre d’incidents en 2004 et 2005. Les procédures en vigueur sont insuffisantes : alarmes débranchées, portillons absents... «  Sans préjuger nullement des résultats de l’enquête de l’accident du 1er février 2005, je vous demande donc de mettre en place un certain nombre de mesures dans les meilleurs délais  », conclut Garrouste. Mal à l’aise, la direction d’Air France s’abrite derrière un juridisme de mauvais aloi : « Nous attendons les observations de la direction régionale du travail. » Hier, le PDG d’Air France, Jean-Cyril Spinetta a déclaré : « Les points qui ont l’air d’être évoqués [dans le rapport], c’est-à-dire ceux qui concernent le maniement de la passerelle, ne me paraissent pas pertinents par rapport à l’accident du 1er février. »

Voir en ligne : Libération

Notes

[1Rapport de l’inspection du travail sur les conditions de travail de piste. Sa publication a été accélérée par l’accident.

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