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OU VA AIR FRANCE … et où allons-nous ?

vendredi 18 juin 2010, par Bureau national .


La situation devient plus claire pour le transport aérien mondial. L’IATA ( Association Internationale du Transport Aérien) annonce des chiffres de trafic mondial pour les mois de mars et de mai 2010 qui renouent avec ceux de 2008 et une croissance continue pour les mois à venir. Le transport aérien suit la reprise des échanges commerciaux internationaux. Ceci est vrai pour le trafic en général et plus particulièrement pour les classes « avant » (Première et Affaire) qui ont pratiquement récupéré les coefficients d’avant crise, avec la remontée du « yield » ( en français le profit, tout simplement, mais en anglais ça fait mieux…)

C’est ce que nous expliquions déjà dans un tract de janvier 2010, alors que la Direction continuait à faire croire que le trafic restait durablement en baisse d’activité. C’est cette explication de crise prolongée, et non pas conjoncturelle qui servait à distiller la peur, à imposer :

  • un PDV qui se traduit par 1800 suppressions d’emplois, et une GPEC ( gestion prévisionnelle des emplois) qui prévoit encore 3000 suppressions d’emplois jusqu’en 2013 ( 4.5% des effectifs PN/PS en moins hors PDV)
  • des attaques sans précédents dans les escales avec le projet NEO ( exigeant 20% de productivité en plus dans chaque escale, donc tout autant de suppressions d’emplois)
  • une régression totale des activités fret d’Air France, avec l’abandon de la flotte Cargo, au profit de la filiale Martinair
  • la dénonciation des accords PNC   court et moyen courrier pour imposer une augmentation de la productivité en dégradant les conditions de travail
  • une baisse de nos salaires, puisque en 2010, l’accord salarial prévoit 0.8% d’augmentation pour une inflation prévue par l’INSEE à 1.6%.

PENDANT CE TEMPS-LA, NOTRE DIRECTEUR GENERAL, P.H. GOURGEON NE S’APPLIQUE PAS LES MEMES RESTRICTIONS PUISQUE SA REMUNERATION FIXE CONNAIT EN 2009/2010 UNE AUGMENTATION DE 25% PASSANT DE 600000 € A 750000 €. Comme il l’a dit, lui-même dans ses vœux 2010 au personnel, ce sera donc bien « une année d’efforts partagés » !

Alors qu’elle programme une régression des effectifs, la Direction envisage dans le même temps 6% de croissance dans les trois années à venir. Nous n’oublions pas que, de 2008 à mars 2011, le groupe AF/KLM aura réussi à imposer 9% de baisse d’effectifs.

REGARDONS LES COMPTES DE PRES


Les comptes 2009/2010 confirment une situation qui permet à la Direction de prévoir l’équilibre pour l’année actuelle. Malgré la baisse d’activité de 2008/2009, le rapport de gestion édité par la Direction et remis aux actionnaires indique : « la demande de transport aérien a toujours retrouvé et même dépassé le niveau atteint avant la crise ».

Le but est donc de profiter de la reprise pour accentuer la productivité et la rentabilité financière au détriment de nos emplois et de nos salaires.

Sur les comptes d’AF/KLM, les résultats affichent un résultat négatif de 1.56 milliards … Enorme, dirons certains.

Mais en regardant de près, le poids négatif des couvertures pétrole pèse pour 637 millions dans ces résultats, le PDV lui-même pour 148 millions.

Les frais financiers aussi pèsent beaucoup dans les comptes : 200 millions d’euros de charges supplémentaires dus à la baisse de rendement des produits financiers et 160 millions dus à la dévalorisation des couvertures carburant.

Tout autant d’éléments qui ne seront pas présents pour l’exercice à venir. C’est sûrement pour cela que c’est l’esprit tranquille que P.H. Gourgeon a « accepté » une augmentation de son salaire de 150000 euros et que J.C. Spinetta continue à percevoir une retraite chapeau d’au moins 350000 euros, grâce au fonds créé en 2004 par la compagnie pour assurer à 39 de ses cadres dirigeants une retraite chapeau équivalent à 35 à 40% de leurs trois dernières années de rémunérations ( c’est mieux que les 25 meilleures annuités qui régissent nos retraites… !).

Toutes les informations que nous publions dans ce tract sont du domaine public et peuvent être lues notamment dans le rapport de gestion aux actionnaires ( AG des actionnaires juillet 2010 : sur le site airfranceklm-finance.com ). Les chiffres de l’IATA sont aussi consultables (en anglais malheureusement, sur le site : iata.org/whatwedo/economics/Pages/traffic_analysis.aspx).

Maintenant à nous de savoir si nous acceptons de nous laisser intoxiquer !

Si la réponse est NON, dans l’ensemble des secteurs de l’entreprise, nous devons prendre nos affaires en mains pour ne pas accepter, comme une fatalité, cette stratégie de l’entreprise qui va à l’encontre de nos intérêts.

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