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UNE BONNE AFFAIRE POUR LA DIRECTION ...
PAS POUR LES SALARIES !

samedi 31 octobre 2009, par Bureau national .


Le CCE du 22 octobre a donc traité du « plan de départs volontaires » imposé par la Direction. (voir les mesures du PDV)

Nous l’avons déjà dit : ce plan vise principalement à accélérer les 4000 suppressions d’emplois prévues par P.H.Gourgeon entre 2009 et 2012.

Les trois récentes journées de travail des commissions économiques et emploi du CCE, à l’occasion desquelles les directions d’établissement ont détaillé les postes supprimés, ont été édifiantes...pour qui veut voir la réalité : la quasi-totalité des suppressions de postes n’a que peu de rapport avec un ralentissement de l’activité dû à la crise !

Les suppressions d’emplois sont les conséquences directes de choix de réorganisation, de rentabilisation, d’abandon d’activités. Elles ont pour origine les décisions destructrices d’emplois mises en œuvre depuis plusieurs années telles le développement tous azimuts des e-services, les projets cibles (Avion, Passage, Itinéraire, Transform ...), ainsi que la volonté affichée depuis longtemps de tailler à la hache dans les emplois des fonctions Supports. De même au fret, l’occasion est saisie pour diviser par 2 le nombre des avions cargos, de se recentrer sur le fret en soutes et de laisser l’activité purement Cargo à Martinair et KLM.

A peine la réunion du CCE était-elle close que des fermetures de service étaient déjà annoncées aux salariés.

Les équipes de P.H.Gourgeon profitent donc de la crise pour accélérer les réorganisations stratégiques qui ont toutes un point commun : supprimer des milliers d’emplois et des activités Air France pour accroitre la rentabilité financière, maintenir les 7 à 8 % de retour sur capitaux investis pour les actionnaires. La crise financière mondiale a été causée par cette course aux profits financiers ... et Air France, tout comme les autres grands groupes mondiaux, suit les mêmes rails en utilisant la même recette : virer les salariés, leur imposer des mutations géographiques et dégrader leurs conditions de travail. Le PDV ne représentera une économie « que » de 100 millions d’euros. Mais mises bout à bout, les 4000 suppressions d’emplois représenteront plus du double d’économie.

En utilisant un Plan de Départs Volontaires plutôt que des licenciements économiques, la Direction a bien manœuvré : faire en sorte que les syndicats ne débattent que des conditions de départ en acceptant sans sourciller les suppressions d’emplois et sans débattre de leur justification économique.

Ce n’est pas l’expertise décidée par le CCE qui changera cette situation : la Direction sait que la voie est libre pour l’application dès janvier du plan de départ. C’est un vrai Droit d’alerte du CCE, un vrai blocage du PDV qu’il aurait fallu mettre en œuvre pour refuser la logique d’Air France de sacrifier des milliers d’emplois et pour remettre en cause ses choix économiques.

 Sur les départs dans le cadre du PDV :

Les conditions très restrictives d’accès au PDV démontrent que l’objectif de la direction n’est pas de répondre aux demandes légitimes des salariés d’anticiper leur départ à la retraite ou de quitter l’entreprise dans des conditions financières acceptables mais de supprimer des emplois là où cela l’intéresse, en fonction de ses projets de restructuration ce qui provoque un mécontentement grandissant et un nouveau sentiment d’inégalité de traitement.
Cette manière de cibler les catégories professionnelles « éligibles » au PDV en en excluant plusieurs autres constitue une première discrimination.

Deuxième discrimination : la direction scinde les salariés « éligibles » en deux catégories selon leur âge ce qui est interdit par la loi et leur verse des indemnités très différentes :

  • ceux qui ont un projet personnel ou professionnel et qui sont nés à partir du 1er janvier 1951 : ils partiront avec une prime PDV équivalent à l’indemnité de licenciement conventionnelle AF.
  • ceux qui ont 60 ans ou + en 2010 : ils n’auront accès qu’au départ en retraite avec une prime 4 fois moins importante que la prime PDV et la possibilité de racheter des trimestres pour avoir leurs annuités.

Troisième discrimination : les salariés ayant au moins 31 ans d’ancienneté en 2010 n’auront pas droit à la prime « bonus », celle équivalent à 4 ou 6 mois de salaire pour inciter à un départ rapide.

Le versement de cette prime conduirait certains de ces salariés à percevoir plus de 24 mois de salaire. Or, Air France a fixé arbitrairement le montant maximum des primes PDV à 24 mois, soit le plafond de l’’indemnité versée en cas de licenciement économique. Rien ne lui interdit d’aller au-delà mais elle ne le fait pas !

 Alors, quel intérêt pour le salarié de partir dans le cadre du PDV ?

Si vous avez moins de 57 ans, c’est courir le risque de se retrouver au Pôle emploi dans quelques mois. La Direction joue les bonnes âmes en disant que ne pourront partir que ceux qui auront un projet personnel ou professionnel solide, mais il est évident que cela sera à géométrie variable selon les secteurs et les besoins !!!!! Et l’INSEE confirme qu’une entreprise individuelle sur deux ne dépasse pas les 5 ans d’existence.

Pour les 60 ans et + : ils n’ont rien à y gagner puisqu’ils ne percevront pas la prime PDV.

Ce que nous craignons en revanche : c’est un accroissement de la productivité insupportable pour ceux qui restent et des pressions individuelles pour pousser les salariés vers la porte. La direction garantit que le volontariat sera un VRAI volontariat. On verra ce qu’il en est de ces beaux principes !

 1684 suppressions d’emplois, un PDV inégalitaire et discriminatoire, une surproductivité accrue ... SUD Aérien confirme son opposition à ce plan de « licenciements volontaires ».

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