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Direction Générale Industriel Air France

SIGNATURES ET TRANSACTION SECRÈTE :

mardi 16 juin 2009, par Bureau national .


Le Tribunal de Grande Instance de Bobigny vient de donner raison à SUD Aérien en déboutant Air France de sa prétention à nous faire payer 97.786,55 €, pour un prétendu préjudice subi par la compagnie en 2006.

Souvenez-vous ! En mai 2006, les mécanos des Moteurs et de la GV, les techniciens d’Eole lançaient un mouvement de refus des signatures sur les bons de travail pour exiger la même reconnaissance de compétence que celle obtenue par les mécanos avions pour la licence et les APRS.

SUD Aérien, mais aussi la CGT  , FO, la CFDT   et la CFTC soutenaient ce mouvement de refus des signatures et distribuaient plusieurs tracts dans ce sens.

1er acte : Un peu désarmée par un mouvement qui durait et qu’elle ne pouvait pas attaquer juridiquement ( un refus de signature n’est pas une grève...), la direction essayait de faire pression sur les bureaux centraux des syndicats pour que leurs sections d’Orly nord fassent cesser ce mouvement ... sans grand succès, d’autant plus que le mouvement était parti sans les syndicats et que les mécanos eux-mêmes décidaient démocratiquement de leur mouvement !

Persévérante, la Direction poursuivait les syndicats devant le Tribunal de Grande Instance ( TGI ) de Bobigny pour que la justice oblige les syndicats à ne plus appeler à ce boycott des signatures ... Le TGI condamna donc les syndicats à cesser leur soutien public à ce mouvement, sous peine d’astreinte de 7000 € par jour ... astreinte pour les syndicats ... et non pas pour les mécanos : rumeur mensongère que certains syndicats ont fait courir à l’époque !
La direction a pu ainsi s’appuyer sur la trouille des bureaux centraux et obtenir que le mouvement s’arrête !

2e acte. Le 3 août, la Direction lançait une action judiciaire contre SUD, la CGT  , la CFDT  , la CFTC et FO pour faire reconnaître et payer un « préjudice » de 484 719,32 € prétendument subi avec ce mouvement. Bien sûr, c’était de l’intox, d’autant plus que la Direction aurait bien eu du mal à justifier d’un tel préjudice qui correspond à toutes les heures travaillées des mécanos des Moteurs durant le mouvement des signatures.

Un peu cousu de fil blanc, le 2e acte continue par une rencontre des Secrétaires des syndicats incriminés avec J.C.Spinetta en septembre. Magnanime, notre ex-PDG veut bien envisager de retirer sa plainte ... si les syndicats acceptent de s’engager à ne plus renouveler des mouvements de ce genre !

3e acte : entre septembre et novembre, tous les syndicats incriminés ( sauf SUD Aérien qui n’est pas informé de cette tractation ), négocient longuement, avec leurs avocats respectifs, le texte d’une « transaction secrète » qui présente un double intérêt :

* pour la Direction : avoir un moyen de pression efficace sur les bureaux centraux pour qu’ils fassent le sale boulot vis-à-vis de salariés trop turbulents !

* pour les bureaux centraux : avoir un moyen de pression efficace sur des sections indisciplinées, avec l’argument fallacieux du risque d’être mis en faillite, en devant verser 100 000 € à la direction !

4e acte : en novembre, grande mise en scène d’une séance de signatures entre les secrétaires généraux des syndicats et M.Colin, directeur de la politique sociale, où les syndicats font semblant de découvrir le texte de la transaction ... alors que SUD Aérien le découvre réellement.

5e acte : Evidemment, SUD Aérien refuse sur le fond et sur la forme de signer ce texte ... Evidemment, tous les autres le signent en le justifiant auprès de leurs adhérents par la menace d’une amende exorbitante.
Logiquement, Air France retire sa plainte vis-à-vis des autres syndicats ... et « tout aussi logiquement » Air France la maintient contre SUD Aérien !

Dans cette histoire, SUD Aérien a gardé sa dignité : il est resté un syndicat dont la première tâche est d’être aux côtés des salariés et de défendre leurs revendications, en refusant toutes les pressions, intox et les chantages nombreux de la Direction ... sans accepter de négociations secrètes !

Car deux ans après, le texte de cette fameuse transaction secrète est toujours ... secret, en fait surtout pour les salariés et la majorité des syndiqués.

Mais, comme SUD Aérien a prouvé que finalement Air France ne pouvait pas toujours avoir le soutien de la justice, les autres syndicats ne risquent plus rien à faire connaître le texte de cette transaction ... qui - disaient-ils - visait à défendre les salariés. Bref, ils ne peuvent plus se réfugier derrière l’argument des « 100 000 € » !

A moins qu’ils ne craignent un risque plus grand : celui de se discréditer aux yeux des salariés et de nombre de leurs syndiqués ?

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