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CCE Air France : peut-on faire pire ?

mardi 28 avril 2009, par Bureau national .


Depuis l’ouverture du site de réservation Panoram@ le 14 avril, le mécontentement exprimé par les agents a atteint un niveau jamais égalé à notre connaissance depuis l’existence du CCE ( plus de 60 ans, tout de même ! ).
Le 22 avril, le Bureau du CCE ( CFDT  , FO, CGC ) communiquait : « Panoram@ : un lancement réussi » ... ??? On rêve !
En fait, ce projet s’est réalisé sans concertation. Le bureau du CCE a maintenant l’obligation de revoir les dispositifs et règles de fonctionnement des activités sociales d’abord dans l’intérêt des agents actifs et retraités.

Problème technique ou conséquence d’un processus de régression ?

Pour SUD Aérien, ce plantage est malheureusement la conséquence logique de choix d’orientation et de stratégie des syndicats qui gèrent le CCE. Petit rappel utile des principaux événements pour comprendre comment le CCE en est arrivé là :

 1 - Inversion des flux :

Il y a quelques années, la direction impose le redécoupage des 20 CE existants en 8 CE autour des périmètres « Métiers ». Tous les PN sont alors regroupés au sein du CE Lignes ( devenu Operations Aériennes ). Les élus PNT   du syndicat majoritaire ( SNPL   devenu Alpa ) décident alors d’imposer la législation : chaque CE doit bénéficier d’une subvention prélevée sur la masse salariale de l’effectif concerné ... alors que depuis sa création le CCE centralisait la subvention prélevée sur toute la masse salariale ( 3% ) : ce n’était pas prévu par le code du travail mais c’était solidaire puisque la subvention globale était issue d’un « pot commun » personnels au sol et navigants. (Voir notre tract de septembre 2003 (déjà !) CE/CCE : LA SOLIDARITE MISE A MAL !)

Le CE Opérations aériennes ( CE.OA ) est donc dissocié du CCE et est en voie de totale autonomisation.

Moralité : un CE plus « riche « et les 7 autres ( P.Sol ) plus « pauvres » ... puisque les salaires PN pèsent aujourd’hui, en gros, près de 50% de la masse salariale globale pour environ 35 % des effectifs ... mais surtout des moyens financiers en moins pour les activités dites centralisées du CCE, en l’occurrence les séjours vacances familiales et vacances jeunes.

 2 - laxisme des organisations syndicales :

il était possible d’empêcher ce coup de force, corporatiste et anti-solidaire ! Ainsi, en 2006 une nouvelle rédaction de la loi permet de laisser les syndicats décider, dans le cadre d’un accord majoritaire, du mode de subventionnement entre CE et CCE. Une réunion de tous les syndicats s’est tenue à ce sujet le 9 février 2007 : la majorité des syndicats avaient donc la possibilité de contraindre le bureau du CE.OA ( SNPL   , SPAC, UNAC  ) à revenir sur l’inversion des flux, c’est-à-dire à la solidarité inter-catégorielle grâce au « pot commun »... il n’en a rien été ! SUD Aérien a eu beau interpeller nos collègues syndicalistes à ce sujet : silence radio !
( lire tract SUD Aérien de février 2007 : « CE/CCE/ASAF : renverser les flux, c’est possible ! » )

En 2007, le nouveau secrétaire du CCE ( CFDT   ) annonçait le « dépôt de bilan » » du CCE. La direction proposera alors d’ouvrir son porte monnaie pour le budget 2008 mais le problème de l’équilibre budgétaire reste criant pour l’avenir : le Bureau du CCE a donc décidé d’hypothéquer une partie du patrimoine, mais cette solution ne peut être que ponctuelle !

Moralité : Les batailles perdues sont celles qui n’ont pas été menées !

 3 - conséquences inévitables et annoncées sur les activités du CCE :

Puisque tous les syndicats ont laissé faire les syndicats PN présents au bureau du CE.OA, avec la bienveillance de la direction d’Air France, l’avenir des activités du CCE était inévitablement condamné .. sauf à ce que la direction compense le manque à gagner tous les ans, ce qu’elle ne fait pas bien sûr !

Il y a bien eu un accord passé entre le CCE et le CE.OA au sujet des séjours vacances et colo., voté au CCE en juillet 2007 ( vote Pour de tous les syndicats sauf abstention de SUD Aérien ) qui permet au CE.OA de « faire son marché » dans les séjours proposé par le CCE et donc de verser une contribution en rapport au CCE.

Cela ne résoud pas les problèmes financiers du CCE et à terme le CE.OA sera complètement autonome quant à la mise en œuvre de ces activités.

Aujourd’hui, il semblerait que d’autres CE se posent la question de mettre en place l’inversion des flux, ce qui signifierait la fin définitive de l’esprit solidaire qui présidait au « pot commun » de la subvention pour le CCE et les CE, et une victoire définitive de la conception corporatiste et égoiste d’une poignée de « syndicalistes » ... et qui ne peut que réjouir une direction toujours satisfaite de voir les salariés divisés, chacun chez soi ( ... et dieu pour tous ?? On en doute ! )

 4 - Le CCE fait des économies :

En 2008, le secrétaire du CCE annonce plan « Optim » qui n’est rien d’autre que la Gestion Prévisionnelle des Emplois et des Compétences ( GPEC ) qu’impose la direction d’Air France aux agents, la GPEC signifiant en réalité : gestion prévisionnelle des ... suppressions d’emplois !

L’informatisation des réservations vacances et colos. en est la conséquence avec le succès que l’on connaît ! Le problème étant que cette automatisation des inscriptions fait l’impasse sur ceux et celles qui maitrisent peu ou mal l’informatique, qui ont un accès difficile à l’ordinateur ( et ces agents existent ), supprime toute souplesse dans la relation humaine entre les agents AF et les agents des CE et CCE ...

De plus, le principe qui consiste à dire « premier arrivé, premier servi » n’est pas acceptable !

 5 - Abandon du rôle social et de contre pouvoir du CCE :

Au départ, le CCE et les CE étaient des outils juridique et social au service des salariés ... c’est un retour logique puisque la subvention est prélevée sur la masse salariale. Le CCE devient de plus en plus une chambre d’enregistrement de la politique de la direction et un commerce de services, les agents de loisirs sont devenus des « vendeurs » et les agents AF des « clients » ..... Misère, misère, aurait dit Coluche !

 6 - dégâts collatéraux :

Ce sont également d’autres activités sociales auxquelles les agents sont très attachés qui sont impactées par les questions budgétaires : il y a un an, l’ASAF   était à la limite de disparaître suite à de manœuvres politicardes entre le CE.OA et le CCE se faisant un chantage mutuel sur les subventions données à l’ASAF  .
Aujourd’hui, l’association les P’tits Avions qui gère la crèche de Chennevière et les emplois familiaux de garde à domicile voit la subvention du CCE sucrée ...et peut avoir comme conséquence la privation de l’accès à la crèche pour les agents AF !!
Ce que SUD Aérien annonçait depuis des mois se réalise malheureusement aujourd’hui : ce sont les salariés d’AF qui paient les pots cassés de l’inversion des flux et du laisser-faire des syndicats.

 Pour SUD Aérien, une seule solution : la création d’un Comité d’entreprise unique, avec une subvention prélevée sur la totalité de la masse salariale !

1 Message

  • CCE Air France : peut-on faire pire ? 14 janvier 2010 17:12, par Retraité AF

    Bonjour,Aujourd’ui je suis en litige avec le CCE suite a un séjour en République Dominicaine en décembre dernier ou j’ai eux les pires désagréments, séjour dans un autre hotél que celui réservé et obligation de repayer une 2e fois mon séjour lors de mon départ,sous peine de ne pas pouvoir quitter l’hotel et etre retenu en otage en R.D. alors que celui ci a été réglé au cce lors de la reservation en septembre dernier.Aujourd’hui encore le cce m’est redevable.d’une certaine somme.Ce genre de situation est inaceptable.
    Je pense que vous pouvez faire circuler ce témoignage.

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