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« PAS DE LICENCIEMENTS SECS » ?

vendredi 17 avril 2009, par Bureau national .


Quelle est la réalité des suppressions d’emplois à Air France aujourd’hui ? Car, entre les effets d’annonces médiatiques de la direction et le silence « gêné » de la plupart des syndicats, il est quasi impossible à un salarié de s’y retrouver.

Nous avons donc tenté un bref historique des suppressions d’emplois pour le personnel au sol. Rappelons que les effectifs PN ne sont pas touchés et ont régulièrement progressé ces dernières années compte tenu de l’arrivée de nouveaux avions.

Juillet 2006 : FO, la CFDT  , la CGC et l’UNSA   signent le NAT (Nouvel accord Triennal de gestion prévisionnelle de l’emploi personnel au sol 2006/2009) alors que la direction prévoit déjà 1000 suppressions de poste par an pendant 3 ans, durée de l’accord. La signature du NAT va alors aider la direction à atteindre cet objectif notamment par la mobilité - volontaire ou pas - des agents.

Entre 2006 et 2008 : le sol perd déjà 1540 emplois. La direction est fière d’annoncer que « globalement » l’emploi est maintenu. C’est vrai mais grâce aux embauches PN !

Février 2009 : la crise tombe à pic et la direction annonce 1000 à 1200 nouvelles suppressions d’emplois principalement dans les escales. Les salariés sont prévenus par la presse !

7 avril 2009 : lors de la convention VISION 2010, Jean-François COLIN, DG Politique sociale de la compagnie annonce « une réduction de nos effectifs comprise entre 2500 et 3000 emplois au cours de l’exercice 2010-2011. »

Tout compte fait, fin 2011, si la direction atteint son objectif, nous aurons perdu près de 6000 emplois au sol soit 15,4% des effectifs !! Sont ou seront principalement touchés : les escales de province, certains métiers qui disparaissent (chefs avions par ex) ou qui sont sous-traités (Navettes Equipages, Chauffeurs Cars AF...) et aujourd’hui, toutes les fonctions Siège et Supports.

A en croire la direction, les suppressions d’emplois se dérouleraient de façon « naturelle », uniquement par le non remplacement des départs en retraite.

Or c’est FAUX ! Depuis la signature du NAT en 2006, la direction procède à des licenciements secs et elle le cache !

Elle le peut parce que les procédés sont scandaleux. A vous de juger :

  • les salariés âgés de 60 ans détenant leurs annuités, qui ont l’affront de refuser de quitter l’entreprise, sont purement et simplement licenciés. La direction s’appuie sur l’accord de branche du transport aérien du 15 avril 2005 signé entre Air France, la CFDT  , FO, CGC et CFTC.
  • autre méthode : la direction cible un salarié de plus de 57 ans dont elle vient de supprimer le poste et lui impose un reclassement MAIS avec une mobilité géographique importante (par ex : escale de province à Roissy). Evidemment, le salarié, à 2 ou 3 ans de la retraite, refuse cette mobilité forcée. Ce refus équivaut pour la direction à un refus de modification de son contrat de travail. Air France le licencie donc pour « faute » et (cerise sur le gâteau) ne lui verse que 18 mois d’indemnités de licenciement (Convention collective) au lieu de 24 mois tels que prévus par les textes AF.

JF COLIN en devient même menaçant : « Refuser la mobilité professionnelle, c’est refuser de poursuivre sa carrière au sein d’Air France » (Convention VISION 2010 avril 2009).

Voilà comment la direction entend « préserver l’emploi » !

La crise a bon dos (cf. notre tract du 5 avril 09) ! Elle sert non seulement d’effet d’aubaine aux entreprises, comme la nôtre, qui en profitent pour réduire leurs coûts (baisse de la masse salariale) mais elle donne aussi à certains syndicats un bon prétexte pour ne pas bouger.
Or, ce que nous prépare la direction (VISION 2010) risque de mettre le feu aux poudres : accélérer les mobilités géographiques, imposer les congés, les CHS, les jours CET et les RTT pendant la basse saison, développer le temps partiel, inciter au congé sabbatique, exiger de prendre son DIF, prévoir des détachements temporaires de salariés d’une activité sur une autre, d’un site à un autre ...
De crise(s) pétrolière(s) en crash(s) financier(s), les scénarios se succèdent pour justifier des suppressions d’emplois au sol qui n’ont d’autre but que de réaliser des gains de productivité.

De nombreux salariés trouvent déjà que la coupe est pleine ... ... SUD Aérien aussi !

Ne nous laissons pas endormir, il devient indispensable de s’organiser et de résister.

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