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REMETTRE LES PENDULES A L’HEURE !

lundi 15 décembre 2008, par Bureau national .


Tous les sondages d’opinion indiquent que les français s’attendent à une crise économique longue et dure. Les préoccupations majeures sont le pouvoir d’achat et l’emploi. Au-delà du constat de cette crise, que pouvons-nous en dire et surtout ...
... que pouvons nous faire, quand l’ « économie casino » remplace l’économie réelle ?

 Que pouvons- nous en dire ?

Cela fait des années que SUD Aérien, ainsi que l’Union syndicale Solidaires  , dit et re-dit que le capitalisme financier- valorisé comme le seul système possible par une idéologie libérale qui domine le monde - est entré dans une phase démente. Il s’agit d’abord d’une mondialisation marchande et d’une financiarisation hallucinante de l’économie, dont le moteur est la spéculation financière sur les principales places boursières dans le monde.

Ainsi, 50 % des flux financiers mondiaux transitent par les paradis fiscaux ( plusieurs dizaines dont les îles Caïman, le Lichtenstein, Monaco, etc... ) qui abriteraient les deux tiers des fonds spéculatifs : les fameux Hedge funds. Ces zones de non droit permettent aux spéculateurs d’échapper à tout contrôle réglementaire : ce sont des paradis fiscaux ET judiciaires, puisque l’argent criminel « blanchi » transite aussi par ces paradis fiscaux.

Mais les grandes institutions financières n’échappent à l’économie casino néo-maffieuse : ainsi B. Madoff, ancien président du conseil d’administration du NASDAQ ( une des deux grandes bourses de New York ), accusé d’avoir conçu une gigantesque fraude portant sur ... 50 milliards de dollars (environ 38 milliards d’€ ).

Cette crise survient après que le système de crédit américain dit des « subprimes » ait explosé en plein vol ( système de crédit à l’accession à la propriété totalement pourri ! ) Bref, bilan des courses : une crise financière, bancaire et économique, peut-être la plus grave depuis 1929 !

Cette crise survient également après 25 années de libéralisme sauvage et de dérégulation sociale tous azimuts :

  • attaques permanentes contre le Code du travail
  • pertes du pouvoir d’achat année après année, notamment après le passage à l’euro en 2000
  • de plus en plus de contrats précaires dans les entreprises
  • un chômage structurel permanent et misère grandissante au sein de la population la plus défavorisée
  • dégradation des services publics ( hôpitaux, justice, école ... )
  • remise en cause des grands acquis sociaux : la retraite par répartition à 60 ans à partir de 37,5 annuités et la Sécurité sociale qui constitue - encore - une prise en charge des soins par répartition unique au monde
  • une fiscalité de plus en plus favorable aux revenus aisés, grâce aux niches fiscales qui leur permettent de ne quasiment pas payer d’impôts ...

De même, la crise sociale qui s’annonce ne constitue pas non plus un « scoop » : cela fait un quart de siècle que le partage de la richesse produite se fait au détriment des salariés ( - 10 % de cette valeur ajoutée affectée aux salaires au cours des 30 dernières années ). Par conséquent, le coût du travail ne cesse de baisser parallèlement à une hausse continue de la productivité ( +2 % par an en moyenne sur le plan national ).

En France, ces 20 dernières années ( 1988 : création du CAC 40, indice boursier qui reflète la tendance globale des principales entreprises françaises et création du Revenu Minimum d’Insertion ) la capitalisation boursière a augmenté de + 150 %.

  • le Produit Intérieur Brut ( total national des richesses produites ) par habitant a augmenté de + 35 %
  • le salaire moyen annuel de + 15 % ;
  • le pouvoir d’achat du RMI de + 5 % ;
    (évolution des indicateurs hors inflation) ....
    Cherchez l’erreur !

Les dividendes versés aux actionnaires des entreprises françaises ont augmenté de + 253 % entre 1982 et 2007 : cela fait + 46 Milliards d’€ qui auraient pu être consacrés aux services publics, aux salaires, pour les investissements ...

 Chez Air France aussi ...

... le « lavage de cerveau » libéral a fait des ravages, y compris chez de - trop - nombreux syndicalistes ! La direction nous vend depuis des années par le biais d’une propagande acharnée, l’actionnariat salarié ainsi que l’intéressement comme rémunérations de remplacement des augmentations de salaire à terme.
Or, l’action AF tourne aujourd’hui autour de 9 €, après avoir frôlé les 40 € ( soit - 60 % depuis janvier 2008 ). Quand à l’intéressement, rappelons qu’il est directement lié aux résultats de l’entreprise et qu’il n’est pas soumis à cotisations sociales : tout bénef pour l’employeur et ... de l’argent en moins pour nos caisses de sécurité sociale et de retraite !

Les Plans d’Epargne Entreprise d’AF sont gérés par HSBC qui en sous-traite certains à Natixis, deux banques qui ont perdu des centaines de millions d’Euros avec les « Subprimes » et le dernier scandale financier de Madoff . Et ils ont des actionnaires privés qui veulent des dividendes....qui va payer ?

La direction n’oublie pas pour autant ses hauts cadres, elle a donc ouvert un fonds de capitalisation de (versement annuel de 14 Millions d’€ en valeur 2004 ), en fait une caisse de retraite complémentaire pour 39 d’entre eux..

Cette logique de rémunérations aléatoires est profondément inégalitaire et anti-sociale : certains hauts revenus d’AF ne paient quasiment pas d’impôts grâce à l’échange salaires - actions (grâce à l ‘« avoir fiscal »). Quant à l’intéressement, il est désormais entièrement hiérarchisé, créant un écart de 1 à 4 entre celui versé aux PNT   et les autres catégories !

Depuis la privatisation d’Air France, l’écart de salaire entre la plus forte rémunération AF et la plus basse est de 1 à 100 alors que cet écart n’était que de 1 à 22 avant le passage public / privé.
Début décembre, le président Spinetta faisait référence à une éventuelle faillite des fonds de pension des salariés de KLM (retraites par capitalisation ) en affirment que le mot d’ordre serait alors « unité » et « solidarité » ... ben voyons !
Là encore, c’est l’application du vieux principe capitaliste : privatisation des profits, socialisation des pertes !

 Que faire ?


Le président de la république annonce un « plan de relance » de l’économie en s’appuyant sur une propagande médiatique tous azimuts .... En fait, sur les 26 milliards d’€ prévus, la « justice sociale » consiste en une prime de 200 € versés aux plus pauvres ( 3,8 millions « bénéficiaires » potentiels du Revenu de Solidarité Active), soit 760 millions d’€ ... à comparer aux 40 milliards d’€ prévus pour renforcer les fonds propres des banques !!

Ce « plan » ne répond évidemment en rien aux préoccupations des salariés, de chômeurs, des jeunes en termes de pouvoir d’achat, d’emplois et de justice sociale.

 La solution ?
Une mobilisation massive des salariés, des chômeurs et des précaires, des étudiants, dans la rue et dans les entreprises ...

  Tous les syndicats ont décidé d’une grande journée nationale de grève et de manifestation interprofessionnelle le 29 janvier.

L’Union syndicale Solidaires   - dont SUD Aérien est adhérent - y mettra tout son poids !

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