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PETROLE, : « LA VERITE SI JE MENS »

mercredi 3 septembre 2008, par Bureau national .


Depuis juin dernier, la Direction répand un climat de peur : réunions, convocations des secrétaires nationaux des syndicats, interventions de J.C. Spinetta lui-même auprès du personnel...La rumeur enfle : la récession économique, l’instabilité politique internationale, le prix du pétrole,... Tout confirmerait une période de graves turbulences et de crise du transport aérien. AF/KLM ne pourrait garder la tête hors de l’eau qu’au prix d’une cure d’amaigrissement, d’un plan de rigueur tous azimuts...

La Direction crée un climat de peur dont le but est de faire accepter aux salariés les pertes de pouvoir d’achat, les baisses d’effectif au sol, les mobilités forcées, la détérioration des conditions de travail.

Pour créer ce climat, la Direction fait des hypothèses sur les quatre ans à venir en se drapant dans la rigueur de l’analyse économique.

Deux groupes d’arguments chocs sont avancés par J.C Spinetta et les cadres d’AF pour nous obliger à nous incliner devant des faits imparables :

 Prix du kérosène et boule de cristal

Selon la Direction « Le groupe Air France finira par payer le kérosène à son prix de marché actuel autour de 135$ le baril »...Très forts les experts d’Air France qui connaissaient déjà fin juin les cours du pétrole pour les 5 années à venir...mais qui étaient visiblement incapables de prévoir sa baisse à 110$ début septembre.

La Direction n’hésite pas à prévoir 5 milliards de dépenses carburant par an jusqu’en 2011, mais en se basant sur un baril à 135$. Que la direction refasse ses calculs aujourd’hui et cela donnerait évidemment des résultats très différents : « petite » nuance de 1 milliard d’euros en moins.
Soyons sérieux : personne ne sait quel sera le prix du kérosène en 2011, la Direction pas plus que nous. Ces pseudo -calculs sont faits pour faire peur !!!!

La montée accélérée du cours du pétrole depuis un an est due principalement à deux causes qui n’ont rien avoir avec la demande :

  • la spéculation boursière a fait grimper les cours : un grand nombre de capitaux aux USA et ailleurs, fuyant les placements douteux style « subprimes », ont investi dans les denrées alimentaires....et le pétrole ;
  • la perte de la valeur du dollar ...et cette perte de valeur a évidemment provoqué une flambée des cours exprimés en dollar .

Chacun comprend bien que ces cours en Bourse peuvent s’inverser rapidement. ( c’est d’ailleurs ce qui se passe depuis quelques semaines, le dollar remonte...et le pétrole a perdu 30% de sa valeur ). Bien malin dès lors qui peut dire quels seront le cours du dollar, celui du pétrole et les mouvements spéculatifs au cours des quatre ans à venir.

 De plus, quoiqu’en dise la Direction, Air France ne souffre pas d’un cours élevé du pétrole.

  • l’euro s’est renforcé, compensant l’augmentation des coûts du kérosène dans les comptes de la compagnie ;
  • précisons que la recette unitaire n’a pas du tout baissé ces derniers mois car l’augmentation du kérosène a été compensée par la couverture pétrole (une assurance sur les achats pour les années à venir : ainsi en 2009-10, Air France est garanti d’avoir la moitié de son kérosène à 99$/ baril) et la surtaxe carburant sur les prix des billets qui a fidèlement suivi la hausse du prix des carburants.

Au contraire, les coûts élevés du pétrole sont un effet d’aubaine pour des compagnies comme Air France ou Lufthansa qui récupèrent des parts de marché aux dépens de compagnies moins solides et ne disposant pas de fortes couvertures....C’est d’ailleurs ce que dit clairement AF/KLM dans son rapport aux actionnaires publié au début de l’été...

 Air France s’organise pour augmenter ses parts de marché

La Direction dit qu’il faut s’attendre à une baisse du trafic aérien à cause de la crise financière, dans la foulée de celle des « subprimes » aux USA.

La crise financière n’est pas récente, elle a commencé il y a plus d’un an. Les effets s’estompent lentement aux USA qui renouent avec la croissance. L’effet de cette crise sur la demande de transport aérien est moins fort que lors de la grippe aviaire et bien sûr après le 11 septembre 2001. La preuve, c’est que le trafic AF de juin 2008 a encore progressé de 3.8%, après une augmentation en 2007 de 7.4%.

Boeing, comme tous les spécialistes du secteur, vient au mois d’aout d’annoncer une prévision de croissance de 5% en moyenne dans les 10 ans qui viennent..

Pourtant, depuis le mois de juin, la Direction se répand, en interne, en prévisions pessimistes sur la baisse de l’activité. En pratique, cela justifierait le non remplacement des départs pour le personnel au sol, le blocage des embauches....et bien sûr un plan d’économie accentué. Cà, c’est côté cour !

Côté jardin, il y aura dans les 12 mois qui viennent une croissance de 2% de l’activité par rapport à 2007 et, même si les formations ont été interrompues, les embauches PNC   ne sont évidemment pas remises en cause, car elles sont indispensables pour faire passer la charge. La Direction du groupe compte bien profiter des turbulences, comme le dit pudiquement la petite plaquette sur le pétrole, pour « assurer sa profitabilité » c’est-à-dire le montant des profits reversés aux actionnaires. Augmenter cette profitabilité passe évidemment par la réalisation du maximum d’économie sur la masse salariale, c’est à dire le nombre d’emplois et le montant des salaires...
D’ailleurs, la Direction prévoit, pour 2008/2009,un chiffre d’affaires en nette progression et un résultat d’exploitation identique à celui de l’année dernière.

  Ne nous laissons pas endormir

A SUD Aérien, nous ne sommes pas des « experts » et ne savons pas lire dans les boules de cristal...

Mais nous trouvons assez malsain pour la première compagnie aérienne mondiale qui surfe sur les profits, qui augmente régulièrement son cash-flow ( sa trésorerie pour parler français), investit régulièrement dans sa flotte et baisse son endettement, d’entretenir un tel climat en décalage avec la réalité et les décisions de la compagnie. Notre Pdg, cette année encore a bénéficié d’une confortable augmentation de salaire atteignant les 1 540 000€ de revenus annuels avec les jetons de présence. D’ailleurs, les 15 administrateurs du groupe se sont partagés en jetons de présence 637000€.

Notre pouvoir d’achat, lui, baisse chaque mois grâce à un accord salarial au rabais ( 2.8% au total pour 2008 ) qui ne suit même pas un indice INSEE supérieur à 3%. Cet indice, rappelons-le n’a qu’un lointain rapport avec le coût de la vie pour les salariés ?

  Alors, ne nous laissons pas abuser, gardons toute notre vigilance et ne taisons pas nos exigences que ce soit pour nos emplois ou nos salaires.

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