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Une collusion scandaleuse dans le dos des salariés

jeudi 7 décembre 2006, par Bureau national .


On vient d’assister à une grande première lamentable de la part des Bureaux centraux de cinq syndicats d’Air France :

La signature entre la Direction d’une part et CFDT  , CFTC, CGT  , FO et UGICT-CGT   d’autre part d’un accord secret qui vise en fait à mettre au pas les salariés et les délégués syndicaux récalcitrants. Cette signature représente pour nous un acte très grave et doit alerter tous les agents d’Air France.

Cet accord, ou cette « transaction » comme l’appelle la direction d’Air France concerne les suites du mouvement de refus des signatures suivis au mois de mai dernier à Orly, Roissy et Toulouse, au sein de la Direction Industrielle par les agents des divisions Moteurs, Avion et Equipements.

 Petit rappel :

En avril dernier, M. Postic, ex-DRH de la DGI   (parti depuis exercer ses compétences de DRH à La Poste) signait avec le SNMSAC un accord ne concernant que les mécanos de Roissy, leur attribuant de 8 à 32 points comme reconnaissance des responsabilités de signatures des APRS ( signatures individuelles après réalisation des travaux avions).
Dans tous les autres secteurs de l’industriel (Moteurs, GV, Equipements), tout le monde a réclamé la justice sociale et le paiement pour tous des responsabilités et des signatures. Devant le refus de la Direction d’étendre au reste de la DGI   les points accordés aux mécanos de Roissy, a commencé spontanément un mouvement de refus des signatures des bons de travail : « puisque la Direction ne veut pas payer nos signatures,...il n’y aura plus de signatures ! ».

Ne sachant comment faire cesser le mouvement, la Direction a fait pression sur les bureaux centraux des syndicats pour qu’ils appellent les salariés à cesser leur action et rappeler leurs sections syndicales concernées à l’ordre...Sans succès !!! Finalement, ayant trouvé deux tracts syndicaux qui appelaient les salariés à ne pas signer, Air France a réussi à obtenir un jugement du Tribunal des référés de Bobigny « enjoignant aux syndicats » de ne plus appeler les salariés à ne pas signer....

Mais évidemment la question reste toujours posée de la reconnaissance des responsabilités, puisque toutes les réunions tenues cet automne à la GV, aux Moteurs ou aux Equipements confirment que la Direction ne veut rien lâcher. Et dans plusieurs secteurs de l’industriel (formation, BT, engineering, WA) d’autres actions se sont déroulées depuis juin dernier.

La Direction veut donc mettre au pas les salariés et éviter que des actions similaires à celles de mai dernier ne se reproduisent.

Elle a donc voulu accentuer la pression sur les syndicats. Elle a décidé de poursuivre au Tribunal les 6 syndicats qui étaient dans le mouvement (SUD Aérien, CFDT  , CFTC, CGT  , FO) pour nous faire payer un prétendu préjudice subi par Air France de 484 719€ ( 3,18 millions de f ou 318 millions de centimes pour ceux qui auraient du mal à convertir). Cela représente quand même presque 6 mois de salaire....de notre Pdg !

Magnanime, M. Spinetta a rencontré les bureaux centraux il y a deux mois en disant qu’il serait peut-être prêt à retirer sa plainte, qu’il allait étudier la question et proposer un texte à la signature des syndicats. Pendant deux mois, plus de nouvelles, du moins pour nous à SUD Aérien. Visiblement, pendant ce temps-là, la Direction et les autres bureaux centraux n’ont pas cessé de discuter, avec leurs avocats respectifs.

Résultat des courses, les secrétaires des 6 syndicats étaient convoqués mercredi 29 novembre par M.Colin ( le D.G. chargé de la politique sociale) : présentation « confidentielle » sur écran d’un texte déjà connu de tous, sauf de SUD Aérien dont la substance est simple :

Air France s’engage à retirer sa plainte vis à vis des syndicats qui s’engageraient à :

  • reconnaître le préjudice subi par Air France ;
  • reconnaître que l’action des salariés était illégale et qu’il ne faut pas qu’elle se reproduise ;
  • s’engager à se donner les moyens que des actions similaires ne se reproduisent pas et notamment faire en sorte que les délégués de terrain et les sections syndicales concernés s’opposent clairement à ce genre d’action et convainquent les salariés de ne pas aller dans ce sens.
  • En gros, demander aux syndicats de jouer un rôle de garde-chiourme vis à vis des salariés.

 DEFENDRE LES SALARIES .......OU DEFENDRE AUX SALARIES ?

A notre stupéfaction, les cinq autres syndicats ( CGT   et UGICT-CGT  , CFDT  , FO et CFTC) ont signé cette transaction lamentable.
Comme ce n’est évidemment guère glorieux, les signataires ont décidé que cette « transaction » serait gardée secrète, signée au bas d’un seul exemplaire déposé chez un huissier avec interdiction de la rendre publique avan....2011 !!

Du coup, Air France a annoncé mardi dernier au juge de Bobigny qu’elle abandonnait ses poursuites contre ces cinq syndicats, MAIS CONTINUAIT A POURSUIVRE SUD AERIEN, car évidemment nous avons refusé de signer ce torchon ! La Direction nous réclame donc 83.000 euros.
A SUD Aérien, nous pensons que notre honneur de syndicaliste vaut plus que de se vendre pour un plat de lentilles ou 83000€.

Nous pensons que les salariés de la Direction générale industrielle et tous ceux d’Air France ont autre chose à attendre de leurs syndicats que ces pratiques foireuses. Les salariés n’ont pas à être « encadrés » par les syndicats. Il est révolu le temps où des églises ou des partis dictaient le Bien ou le Mal. La défense des droits des salariés suppose une totale indépendance vis à vis de la Direction, et notamment de refuser qu’une Direction se permette de décider des positions des syndicats et même de régenter leur mode de fonctionnement interne.

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