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NAT, BARIL ET BALIVERNES

mardi 1er août 2006, par Bureau national .


La Direction a atteint son but : obtenir que la moitié des syndicats (CFDT  , FO, CGC, UNSA  ) signe le Nouvel Accord Triennal - NAT -, véritable machine de guerre contre la défense des emplois et les garanties collectives des salariés.

En effet, le but du NAT est de permettre à la Direction de supprimer des milliers de postes et des centaines d’emplois en exerçant un chantage individuel sur les salariés concernés : « la mutation ou la porte ». Personne n’est à l’abri et surtout pas les agents des escales France et du Commercial.

 Un contexte économique excellent pour AF-KLM

Les directions distillent la peur dans les services comme si la conjoncture économique mettait en péril nos emplois. On connaît ce discours, on nous le tient régulièrement depuis une dizaine d’années : libéralisation du transport aérien, TGV, low-cost, terrorisme, grippe aviaire, prix du pétrole...

A chaque fois, on nous promettait la catastrophe. Pourtant les faits sont têtus : le trafic aérien progresse de 5% par an en moyenne, et on assiste dans le secteur du transport non pas à une crise du marché mais à une course à la rentabilité financière. Dans cette course aux profits, il y a deux vainqueurs : quelques low-cost et les grandes compagnies majors.

Aujourd’hui AF-KLM est l’une de ces majors qui a fait son profit de la crise du transport aérien en récupérant d’importantes parts de marché et qui, aujourd’hui, tire parti au maximum du prix élevé du pétrole.

En effet, en tant que compagnie major, Air France bénéficie auprès des banques de niveaux de couverture très importants. Mieux, grâce à la taxe « surcharge fuel » sur les billets, c’est le passager qui supporte entièrement le surcoût du prix du pétrole. Entre 2005 et 2006, cette taxe a augmenté d’au moins 700 millions d’euros, soit l’équivalent du surcoût de la facture de kérosène.
Le prix du baril n’est plus une contrainte, c’est une aubaine !

 Faire du groupe Air France une activité « profitable »

La privatisation étant maintenant effective, l’objectif du Groupe est de bien rémunérer les actionnaires et de garantir les valeurs en Bourse.

Et de prouver que l’on peut comprimer au maximum les effectifs tout en accroissant l’activité.

C’est exactement ce que vient de faire le Groupe cette année : bien que le chiffre d’affaires ait augmenté de 13% et la valeur ajoutée de 12% ... les frais de personnel, eux, ne suivent pas la courbe et n’ont progressé que de moitié : 6%.

Ce n’est pas étonnant : les salaires stagnent et le trafic augmente de 8,6%.

Quant à l’effectif global , s’il est en légère progression, c’est par le recrutement de PN. L’effectif du personnel au sol baisse ( -0,9%) notamment dans la catégorie A.

C’est cette politique de réduction des « coûts de personnel » que veut développer à grande échelle la Direction dans les trois années qui viennent : comprimer les effectifs et supprimer le maximum d’emplois dans tous les métiers pour réduire la masse salariale.

Dans ces projets, développement de l’emploi et augmentation des salaires vont à l’encontre des intérêts des actionnaires.

 Le NAT : un outil au service des suppressions d’emplois

Le NAT vient en support à cette politique de dégraissage des emplois et met en œuvre une sorte de « flexsécurité ».
Si l’accord garantit le maintien d’un emploi pour tous pendant trois ans (ce dont se félicitent les syndicats signataires), c’est à la condition expresse d’accepter les mutations professionnelles et surtout géographiques.

En revanche, la Direction refuse de prendre l’engagement de garantir dans tous les cas le maintien dans Air France des salariés n’acceptant pas les mobilités.
Demain, toutes et tous à Roissy ?

Ce que veut éviter la direction : c’est d’avoir à annoncer des plans de centaines de suppressions d’emplois.
Pourtant, c’est bien l’objectif des plans de restructuration en cours qu’ils se nomment Latitude, Cible Avion, Cible Passage, Diapason, Horizon, Transform’ ou projet de modernisation des services paie...

Avec le NAT, la direction s’exonère de toutes les obligations règlementaires liées à ces plans de suppressions d’emplois : mettre en œuvre un Plan de Sauvegarde des Emplois (PSE), consulter obligatoirement les CHSCT, CE et CCE auprès desquels l’employeur est tenu de justifier économiquement ces suppressions d’emplois, mettre en œuvre des plans de reclassements sur des métiers « équivalents » ou de « même nature », prévoir des plans de formation en vue des reconversions.

 Trop bruyant ! Trop « collectif » !

Au lieu de cela, le NAT prévoit de traiter les agents dont le poste sera supprimé individuellement, sans publicité, en l’isolant de tous les dispositifs collectifs. Le but est que la pression soit telle qu’ils acceptent sans discuter une mobilité géographique voire professionnelle qui seront rarement accompagnées de progression de carrière.

 Il n’y a pas de petit profit !

Le PSE [1] oblige un employeur qui supprime des emplois à établir des plans de formation/reconversions pris en charge en totalité par l’entreprise.
Or, le NAT prévoit que l’employeur pourra demander au salarié d’utiliser son DIF [*]).

Le DIF [*] a cela d’intéressant pour l’entreprise, qu’il peut être pris en dehors du temps de travail, l’entreprise se contentant du versement d’une « allocation » égale à 50% du salaire net.

 Le NAT n’offre-t-il pas des avantages ?

L’accord ne prévoit que deux mesures concrètes :

  • l’extension de l’indemnité de changement de lieu de travail (ICLT) en cas de mutation dans une autre ville du même bassin d’emploi et à une distance inférieure à 100kms...(les mutations au sein de la Région parisienne donnent déjà droit à l’ICLT),
  • le versement d’une indemnité de déménagement de 15000€ en cas de mutation au-delà de 100kms.

En 1994, certains ont bénéficié du même montant pour une délocalisation de Paris en province ... 10 ans plus tard, il n’y a pas de quoi pavoiser à percevoir la même somme !

On le voit, rien n’engageait à la signature de cet accord dont on commence à peine à voir les effets dévastateurs.

Notes

[1Plan de Sauvegarde des Emplois

[*(Droit Individuel à la Formation : 20h par an, 120h cumulées

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