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Mattéï veut saigner l’assuré pour soigner la sécu

vendredi 4 octobre 2002, par SOLIDAIRES .


Le mardi 24 septembre, devant la Commission des comptes de la sécurité sociale, le Ministre de la Santé, Jean François Mattei, a présenté les grandes lignes du projet de loi de financement de la Sécurité sociale.

Parmi les mesures annoncées pour réduire le déficit de l’assurance maladie qui devrait s’élever en 2002 à 6,1 milliards d’euros, il envisage d’instaurer un forfait de remboursement sur la base du prix des médicaments génériques et de supprimer sur 3 ans le remboursement
de 835 spécialités.

Alors que le déficit est la conséquence de l’augmentation du chômage, de la précarité, de l’exonération des cotisations patronales et de l’augmentation des honoraires des médecins, ce
sont les assurés sociaux qui, une nouvelle fois, vont payer la facture.

En déclarant : « Chacun reste libre de choisir un médicament « princeps » ou l’un de ses génériques », le Ministre feint d’ignorer que les médecins sont seuls décideurs en matière de
prescription et qu’eux-mêmes subissent une forte pression publicitaire des trusts pharmaceutiques. Ainsi, les assurés sociaux auront comme seul choix de payer le « surcoût attaché à la marque ». Il en sera de même pour les 835 nouveaux médicaments qui viennent
donc s’ajouter à la longue liste de ceux qui sont sous vignettes bleues (non remboursés) et toujours prescrits. Tout ceci ne peut qu’engendrer plus d’inégalités.

Les 835 spécialités à « service médical rendu » (SMR) insuffisant ont déjà vu leur taux de remboursement baissé de 65 % à 35 % (en 2000 et 2001). Le Ministre décide de supprimer complètement leur remboursement sur 3 ans.

Sont visés « les produits qui n’ont plus leur place dans la stratégie thérapeutique actuelle, ceux qui peuvent rentrer dans une logique d’automédication, ceux qui ont une utilité sociale sans alternative crédible ». Ainsi, le gouvernement favorise l’automédication réclamée par les trusts pharmaceutiques. Mais pour le G10 Solidaires  , si un médicament ne justifie plus son
efficacité thérapeutique ou s’il fait doublon avec un autre produit, ce n’est pas son remboursement qui doit être remis en cause mais son autorisation de mise sur le marché.

L’enjeu pour le Gouvernement est de bloquer les remboursements, en ne touchant pas aux profits des trusts pharmaceutiques. Les assurés sociaux qui en auront les moyens pourront avoir accès à toutes les spécialités mises sur le marché (pour le plus grand profit
des assurances privées), les autres auront un accès aux soins minimum. C’est une remise en cause du système de Sécurité sociale. Quand on ajoute à cela, la conception du Ministre concernant la prévention « la responsabilité de chacun doit être engagée pour préserver son patrimoine santé », on ne peut plus parler de protection sociale mais d’un contrat d’assurance de base couvert par un assureur public.

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