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SUD AERIEN PORTE PLAINTE AVEC 3 SYNDICATS PNT POUR « MISE EN DANGER DE LA VIE D’AUTRUI »

2 accidents mortels en 7 ans : ça suffit !

mercredi 25 mai 2005, par Bureau national .


En octobre 1998, un steward d’Air France, Eric P., fait une chute mortelle en tombant de la plate-forme d’un camion hôtellerie de Servair (filiale 100% AF), chauffeur de l’ACNA (également filiale 100% AF). L’ACNA fait porter le chapeau de l’accident au chauffeur et tente de le licencier.

A l’issue de 7 ans d’instruction, la Cour pénale vient de trancher : le chauffeur a été relaxé et le PDG de l’ACNA condamné à 1 an de prison avec sursis.

Que fait Air France suite à cet accident ?
Quasiment rien hormis un rappel de quelques procédures au PNC  .
De 1999 à fin 2004, le CHSCT/PN relève plus de 30 incidents plus ou moins graves liés aux escabeaux.

Que fait la direction ? Elle prend note.

01 février 2005 : une hôtesse d’Air France, Laurence B.C, fait une chute mortelle entre le seuil de l’avion et un camion-escabeau.

Alors qu’il est incontestable que la direction n’a pas respecté au moins 2 procédures de sécurité le jour de l’accident, elle accuse l’agent de piste d’être le seul responsable de l’accident, le lynche publiquement devant tous les médias réunis et le licencie le 27 avril dernier. L’instruction est encore en cours et les enquêtes n’ont pas encore conclues mais Air France a déjà dit le droit et condamné « le coupable ».

L’inspecteur du travail de Roissy, saisi par le CHSCT/PN et après enquêtes à Orly et à Roissy, écrit le 17 février à la direction et relève «  qu’un risque très grave demeure comme en témoigne la multiplicité des incidents de quasi-chutes ou de chutes au cours des ans, risque dont la probabilité d’occurrence est élevée  ».

Que fait le président Spinetta ? Il juge ce rapport pas « pertinent » et fait monter au créneau le ministre De Robien contre les agents de piste.

Pas pertinentes les observations de l’inspecteur du travail ? Les 8, 9 et 10 février 2005 soit quelques jours après le décès de notre collègue PNC  , les accidents continuent. Notamment, le 10, à Orly, une femme de ménage fait une chute d’un escabeau heureusement sans gravité, alors qu’il était en marche arrière.

Aujourd’hui, les rapports d’enquêtes, officielles celles-ci, commencent à tomber :

  • la CRAMIF (Assurance maladie IDF), par courrier du 1er mars, demande à la DG Exploitation que «  tout déplacement des escaliers ne présentant pas une visibilité complète se fasse avec l’assistance d’une personne formée, guidant la manœuvre  » . Que fait la direction ? RIEN !
  • le Directeur Régional du Travail écrit à Air France le 31 mars : «  en dépit des mesures prises, un risque de chute en hauteur subsiste, soit depuis la porte de l’avion, soit depuis le palier ou l’escalier alors que le conducteur procède à son retrait.  ». Il demande :
    • l’installation de dispositifs de détection de présence et d’avertissement sur les escabeaux et demande de lancer pour cela une expertise en concertation avec les CHSCT,
    • la révision des procédures de sécurité pour améliorer la communication entre le PN et le PS et sécuriser les manœuvres de réouverture de portes,
    • interdire l’accès au bas de l’escalier au moyen d’un dispositif matériel,
    • généraliser à l’ensemble du parc la mise en place des sens interdits et mettre une vigie au pied de l’escalier dans l’attente de la mise en place de ces mesures.

Depuis 2 mois ½, qu’a fait Air France ? Elle s’est contentée de compléter une procédure PN/PS déjà existante et d’installer un ruban de sécurité au bas des escaliers et encore, par sur l’ensemble du parc AF ! Pas d’expertise avec les CHSCT, toujours pas de dispositifs d’avertissements permettant de s’assurer que personne ne se trouve sur l’escabeau, pas de vigie au pied de l’escabeau…

Les conditions sont toujours réunies pour qu’un nouvel accident se produise et provoque à nouveau le décès d’un(e) collègue ou d’un passager. Un danger grave et imminent persiste et pour notre syndicat, c’est inacceptable !

SUD Aérien et 3 autres syndicats de pilotes (ALTER-SPAF-SNPNAC) ont décidé de mettre tout en œuvre pour faire cesser cette situation dangereuse. Le 27 avril dernier, ils ont déposé conjointement une plainte contre X pour « mise en danger de la vie d’autrui » auprès du tribunal pénal de Bobigny. Une instruction devrait être ouverte rapidement et les responsabilités de la direction jugées.

Il ne suffit pas de désigner un « bouc émissaire » et de le licencier pour que justice soit faite et la protection des personnes assurée !

Notre entreprise doit assumer ses propres responsabilités et doit tout mettre en œuvre pour protéger ses salariés et ses passagers. Aujourd’hui, ce n’est toujours pas le cas !

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