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PRIVATISATION, DEMANTELEMENT, EXTERNALISATION ?

RESISTANCE

VENDRE AIR FRANCE POUR PAYER LES CADEAUX FISCAUX AUX PLUS RICHES

dimanche 23 juin 2002, par Bureau national .


On peut effectivement se poser la question : quelles sont les raisons objectives qui justifieraient la privatisation d’AF ?

  • Privatisation … Malgré les propos rassurants qui vont inévitablement nous être tenus, ne nous leurrons pas : les actionnaires veulent du profit immédiat ! A terme et en conséquence, les actionnaires privés majoritaires décideront seuls de restructurer, de filialiser, ou de vendre des activités qui sont considérées comme pas assez rentables ( ce sont généralement celles qui génèrent beaucoup d’emplois ), voire de transférer certaines activités dans les pays à faibles coûts salariaux.
  • Tous les salariés sont concernés … Quand une telle opération de privatisation est lancée, les nouveaux actionnaires, fonds de pension ou autres, exigent des directions d’entreprises la mise en œuvre de politiques anti-sociales permettant des niveaux de rentabilité des capitaux investis dans des délais impartis, ce que l’on appelle le Gouvernement d’entreprise. Même les PNT   du SNPL   ( syndicat majoritaire chez les pilotes ) favorables à l’actionnariat salarié et à la privatisation pourraient en pâtir car la nouvelle compagnie pourrait appuyer son développement sur des équipages d’autres membres de l’alliance Sky team … moins chers payés ! Au même titre que Boeing envisage de vendre des avions avec des prestations dans un package  : équipages, maintenance, etc …
  • Air France vendue à 18 € l’action = spoliation des contribuables de 3 milliards d’€ ( 20 Mds de F ) … Lors de l’ouverture du capital d’AF ( à majorité à capitaux publics ) en mars 1999, AF était valorisée à 22 Mds de F avec 14 Mds de F de dettes. Depuis 1999, AF a fait des bénéfices ( 7,72 Mds de F ), a remboursé une grande partie de ses anciennes dettes et a beaucoup investi ( 38, 85 Mds de F )
    Ces investissements colossaux ont été autofinancés à plus de 85 % par les résultats d’exploitation et la revente d’avions ou de participations financières.

Air France vaudrait donc aujourd’hui plus de 6,86 milliards d’€ ( 45 Mds de F ) soit …
33 € l’action !

  • La privatisation va apporter des recettes au budget de l’Etat alors qu’en même temps le gouvernement réduit les recettes possibles par une réduction de 5 % de l’impôt sur le revenu : le 1/3 de cette baisse d’impôts bénéficiera à 1 % des français les plus riches ! Les entreprises bénéficieront elles aussi de la baisse des impôts sur les plus values prévue par ce même gouvernement alors que la fiscalité leur est largement favorable. Ainsi, Air France ne paye toujours pas d’impôts sur les sociétés avec plus de 900 millions d’€ ( 6 milliards de F ) de bénéfices depuis 4 ans.
  • Comment s’organiser pour s’opposer à la privatisation, au démantèlement, aux externalisations ? Tout d’abord réaliser l’unité syndicale la plus large possible pour défendre les activités, les emplois, les statuts, et les conditions de travail ; ensuite mettre de côté l’égoïsme catégoriel ( comme le SNPL   ) et utiliser tous les moyens à disposition des élus pour maîtriser toutes les données économiques et sociales des activités d’AF. Les CE doivent exiger, comme la loi le leur permet, qu’un expert comptable payé par la direction puisse étudier les comptes des différents secteurs d’activités.

 Privatisation = filialisation et démantèlement …

  • Ainsi, Lufthansa a vendu sa filiale d’assistance au sol à Penauille en 2000.
  • Déjà, le grand entretien des petits porteurs est fait au Maroc et au Portugal et les salariés d’ AFI à Toulouse s’inquiètent à juste titre pour leur avenir après le transfert de Montaudran à Blagnac.
  • En 1992, le traitement des billets aux Recettes commerciales est passé en sous-traitance en région parisienne puis à Toulouse avec des salaires moyens de 6000 F à temps partiel. En 2000, cette activité est transférée en Tunisie avec des salaires moyens de 1000 F, en octobre 2002, elle partira au Mexique chez le sous-traitant de Delta, principal partenaire de l’alliance Skyteam … avec quels salaires ?
  • De plus en plus d’activités d’assistance Piste sont confiées aux filiales ou aux sous-traitants pour des salaires inférieurs de 15 % à ceux d’AF et moins d’acquis sociaux.
    -Rappelons que l’activité Hotellerie/Commissariat est déjà entièrement transférée aux filiales du groupe AF.
  • L’activité commerciale de fidélisation clients est déjà filialisée … à quand les VAD ? Quand on approche les conditions de travail des Call Center, les salariés peuvent s’inquiéter.

Rappelons les projets de filialisation des activités Maintenance, Fret, Formation et Informatique du matamore C. Blanc. Parions que la privatisation va réactiver ces projets. De plus, la direction envisage de redécouper les 20 CE existants en 7 ou 8 CE autour des « métiers » ( A ce sujet, pourquoi un tel silence des syndicats majoritaires au Bureau du CCE !)
Dans tous les cas de figure, sans faire dans le catastrophisme, il nous faudra tous ensemble être extrêmement vigilants sur tous les projets de réorganisation, totalement critiques face à la propagande de la direction et des syndicats favorables à la privatisation, se tenir prêts à réagir massivement et en temps réel… !

 Nous appelons l’ensemble des personnels à débattre et à se mobiliser sur le maintien de l’emploi dans les activités et la progression du pouvoir d’achat !

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