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AF, COMPAGNIE LOW-COST = SALARIES LOW-COST ?

SUD Aérien décide d’intenter une action en justice pour entrave à l’information des élus CE et des personnels

vendredi 7 janvier 2005, par Bureau national .


C’est par un article du journal de la Chambre de Commerce de Marseille « Fenêtre sur piste » de juillet/août 2004 que les personnels d’Air France Marignane apprennent l’implantation d’une aérogare Low-cost (« bas coûts ») sur l’aéroport au printemps 2006. Dans la foulée, la CCIM lance un appel d’offre auprès des compagnies aériennes et annonce qu’un jury déterminera les compagnies retenues fin septembre : Ryanair et EasyJet sont les 1res à poser leurs candidatures. Ce projet implique les Conseils régional et général dont les politiciens n’ont strictement rien à faire du service rendu aux passagers et des conditions de travail des salariés. Côté AF, c’est le silence ! Personne, pas même les syndicats, n’imagine qu’Air France puisse se positionner sur cette activité.

Or, le 1er septembre, le personnel de l’escale apprend avec stupéfaction, par le « BIG » (info AF) qu’Air France est également candidate, qu’elle entend transformer son activité Navettes Marseille/Orly en Low-cost et que le dossier avance.

Les délégués SUD Aérien saisissent aussitôt la direction de l’escale pour exiger des explications ainsi que l’information et la consultation des élus au Comité d’Etablissement comme le réclame la loi. Ce n’est qu’en novembre que la direction daigne aborder le sujet lors d’une réunion du CE. Mais elle refuse de présenter le projet complet, ses conséquences sur l’activité Navettes et son impact sur les conditions de travail.

SUD se procure alors, avec beaucoup de difficultés le dossier de la Chambre de Commerce : ce dernier est pour le moins édifiant. En voici quelques extraits :

« La réduction des coûts en aérogare et l’optimisation des espaces... ont généré un certain nombre de coupes sombres... des conditions opérationnelles nécessitant plus d’effort et moins de confort...

On peut affirmer que les compagnies participeront également à l’effort de réduction des coûts en acceptant ce type de conditions. Ces contraintes seront largement compensées par une réduction significative des coûts des services en escale (absence de passerelles, de bus, de personnels au sol).

En bénéficiant d’une offre bas tarif, le passager se sera vu sous-traité une partie du travail : achat de billet, carte d’embarquement sur internet. Il subira également les désagréments d’un confort réduit en cheminant vers son avion sans dispositif de translation ni passerelle et avec peu d’espace d’attente assise.

La fonction Litige Bagage à l’arrivée sera mutualisée dans un local unique. Les compagnies se verront attribuer au maximum 2 banques par vol. Le passager convoiera lui-même ses bagages jusqu’au dispositif de
contrôle des bagages de soute situé dans l’aérogare.

Toutefois, les conditions rudimentaires d’exploitation offertes aux passagers de l’ aérogare bas tarif risquent de diminuer le nombre de clients de la Navette. Cette érosion de trafic est estimée à 15%.

La compagnie Low-cost déterminera notamment sa capacité à prendre des parts de marché sur la clientèle Affaires pré-existante. »

 Air France feint de faire la dégoûtée !

Alors que ce même dossier attaque frontalement Air France, on a des difficultés à comprendre qu’Air France vienne sur ce terrain miné ! Il
est dit page 3 du rapport de la CCIM : « Les perspectives de croissance apparaissent limitées avec Air France ... La situation de quasi monopole d’Air France sur les liaisons transversales est un frein à un développement important du trafic sur ces axes, les compagnies franchisées opérant ces lignes, privilégiant la rentabilité au détriment du volume de passagers. »
Selon les propos (gênés) du DG Exploitation, M. de Izaguirre : on y va mais contraints et forcés.

Attitude d’ailleurs confirmée par le vote négatif d’Air France lors de la commission consultative du 6 décembre, commission composée de
représentants du Conseil Régional, du Conseil Général et des compagnies
prenantes.

Interpellé par notre syndicat lors du CCE du 15 décembre, le président Spinetta tente de justifier ce brutal changement de stratégie comme purement tactique.

 AF Low-cost, c’est jouer à “qui perd gagne” ?

AF entend donc dorénavant positionner sa stratégie commerciale autour de 2 segmentations de clientèle :

  • la clientèle « bas tarif » (celle des Navettes) correspondant à un transport de masse bas de gamme, effectué dans des conditions
    dégradées,
  • la clientèle « haute contribution », empruntant les vols internationaux « haut de gamme », traitée avec les plus grands égards et la meilleure qualité de service car contribuant à une rentabilité maximum.

Air France a-t-elle intérêt à développer un produit dégradé pour des raisons purement stratégiques ? Ne prend-elle pas le risque de
réduire à néant ses efforts et surtout ceux de son personnel, qui depuis des décennies, a réussi à développer une image de marque de qualité, de sécurité et de sûreté ?

 AF Low-cost = salariés low-cost !

Après tout, les syndicats n’étant pas là pour gérer la boutique, nous pourrions nous contenter de prendre acte de ce virage mais ce serait oublier un peu vite les conséquences sociales d’un tel projet !

La transformation des Navettes en Low-cost va attaquer directement l’emploi, les conditions de travail et de rémunération de l’ensemble
des agents de l’escale, chacun le sait bien.

L’hypocrisie d’AF est d’affirmer d’un côté « nous sommes contre ce projet, ne vous inquiétez pas » et de l’autre de s’inscrire totalement
dedans.

Les syndicats ne peuvent pas signer un chèque en blanc comme ils le font sur la base d’une confiance aveugle dans la stratégie de la direction et s’auto-censurer à ce point-là.

Nous avons une responsabilité vis-à-vis des salariés, si nous laissons
faire, c’est cautionner une grave détérioration sociale. Dans un contexte social déjà particulièrement dégradé par les multiples projets « Cible » (Avion, Passage, Diapason) visant principalement les agents des escales, nous avons tout à craindre de la mise en oe uvre de ce produit Low-cost et de son éventuelle extension à l’ensemble des
escales effectuant la Navette.

Au regard des dangers à venir de ce projet, les réactions syndicales devraient être vives.. et collectives. Or, après plusieurs tentatives pour unifier les efforts, SUD Aérien s’est trouvé seul à demander clairement le retrait du projet.

  • oct, nov et déc : plusieurs tracts d’info et réunions du personnel de Marignane sur le sujet, distribution au personnel du dossier de la CCIM,
  • proposition d’une intersyndicale sur MRS : pas de réponse des autres syndicats,
  • demande d’information à la direction lors des CE de sept, nov et déc,
  • nov : SUD rencontre le représentant du Conseil Régional pour lui exposer notre position.
    Finalement, le CR ne prendra pas part aux votes lors de la réunion du 6 déc,
  • 12 déc : proposition aux autres syndicats d’une lettre commune au Ministère des Transports... en vain. SUD l’envoie seul,
  • CCE du 16 déc : SUD propose aux élus de voter une motion demandant au président le retrait d’AF des Low-cost. Seul FO est favorable, la CGT   et la CFDT   font voter une motion différente sans référence au projet Low-cost,
  • CE MRS du 23 dec : devant le refus de la direction locale d’aborder les conséquences économiques et sociales du dossier, SUD décide d’intenter une action en justice pour entrave à l’information des élus et des personnels.

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