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IVe Congrès SUD Aérien des 11, 12 et 13 décembre 2003

TRANSPORTS ET GLOBALISATION LIBERALE

vendredi 23 janvier 2004, par Bureau national .


 1 - Transports au service de la « globalisation »

Les transports comme les autres activités de réseau (eau, électricité, télécommunications, rail, autoroutes) ne sont que des outils mais leur rôle structurant et leurs enjeux propres (sociaux et environnementaux) sont déterminants dans le processus de domination de la planète par les « lois du marché ».

1-1. Les réseaux : nécessaires et indispensables pour les activités économiques et le développement de la mondialisation libérale

Dans sa double recherche d’une production au moindre coût et de marchés suffisamment développés pour en assurer la consommation, l’économie capitaliste se heurte à une contradiction : concilier l’obligation de concéder une part de la production des richesses à ses producteurs pour en faire des consommateurs solvables avec leur objectif du moindre coût salarial.

Le développement d’un important réseau de transports permet d’échapper (au moins un temps) à cette contradiction. Il permet de produire des marchandises au moindre coût là-bas, et de vendre au plus haut ici.

Cette mécanique, à l’origine des concentrations industrielles au sein des « pays développés », est désormais à l’œuvre à l’échelle de la planète. L’intégration dans les rouages du « marché » se fait dans de nombreux pays en découplant l’extension du salariat de l’accès à la consommation.
Cette possibilité de délocalisation joue un rôle non négligeable de pression sur les salariés et les populations des pays « développés ».

1-2. Libéralisation-privatisation des activités de réseaux d’intérêt général et de service public (énergie, eau, télécom transports) pour en soutirer des profits en fixant librement les tarifs.

Pour capter à leur profit les bénéfices des ces activités de services publics indispensables, les multinationales imposent la libéralisation des ces activités qui amène, selon leur logique, à leur privatisation. En quelques années (10 à 20 ans), elles réussissent à faire admettre par les opinions publiques conditionnées par leurs gouvernants de Droite ou de Gauche, que c’est la seule solution pour faire face à la concurrence internationale qu’elles ont elles-mêmes imposée.
Une fois ces activités privatisées dans un marché libéralisé par l’Union Européenne et les gouvernements européens, ces multinationales fixent librement les prix pour s’approprier les profits générés en faisant payer les citoyens-usagers-clients.
L’affaiblissement du rôle social de l’Etat au profit de nouveaux centres de décision (internationaux ou locaux) est l’occasion d’une remise en cause des compromis sociaux antérieurs. Les financements publics sont aujourd’hui mis au service de firmes multinationales qui prennent le contrôle du secteur des transports.
Plusieurs organisations syndicales (CFDT   et CGT   entre autres) accompagnent ce mouvement.

 2 - Dérégularisation sociale et mondialisation libérale

2-1. La remise en cause des garanties sociales dans les transports est stratégique pour mener à bien la globalisation capitaliste

Les transports accompagnent les politiques publiques. Nécessaires au développement de l’économie capitaliste, ils ont servi à l’affirmation de la puissance étatique et marchande sur le territoire et dans la concurrence internationale. Pour cette raison, les transports ont très tôt fait figure de lieu social stratégique, dans lequel les salariés ont (difficilement) réussi à imposer certaines conditions sociales.

Cette force sociale, lieu d’une résistance aux offensives du patronat, fait l’objet d’une stratégie d’affaiblissement. Il est toujours possible de délocaliser la production des chemises ou des chantiers navals pour faire travailler des salariés moins combatifs et moins payés, mais le coût des transports tend à contrecarrer cette stratégie. C’est l’introduction de statuts sociaux inférieurs qui permet de la mener à bien.

Les équipages maritimes sont issus du Tiers-monde, les services de maintenance sont délocalisés, les chauffeurs-routiers sont recrutés en Europe centrale. La sous-traitance est massive. L’éclatement des compagnies aériennes « nationales » et l’ouverture forcée à la concurrence permettent de créer la division des salariés et de remettre en cause les conditions sociales. Le droit de grève a toujours été vivement combattu et très encadré, mais désormais, à l’image de l’Etat « libéral » américain qui licencie les grévistes du secteur des transports, les plus « libéraux » de nos politiques européens appellent à une forte intervention étatique contre les luttes des salariés de ce secteur pour instaurer un « service minimum » ou « garanti ».

2-2. OMC et AGCS

La libéralisation du transport aérien s’inscrit dans le contexte général de l’économie mondiale et des négociations de l’OMC (Organisation Mondiale du Commerce ) et précisément de l’AGCS (Accord Général sur le Commerce des Services ) finalisé en mars 2003.

L’AGCS découpe l’activité économique en secteurs
et sous-secteurs (pour AF : services de transports aérien
+ services annexes et auxiliaires de tous les modes de transport) [1]Ce découpage en sous-sous-secteurs incite les compagnies à découper leur organigramme par entité et à les ouvrir à la concurrence mondiale, donc à imposer des contraintes sociales très fortes sur les salariés actuels.

Cette démarche est complétée en France par la politique de refondation sociale du MEDEF qui veut transférer, à la charge du seul salarié, une partie des risques couverts par une structure collective ou mutualiste comme la Sécu, les ASSEDIC ou la formation.

Notes

[1NOMENCLATURE AGCS :

  • C - Services de transports aériens
    • a. Transports de voyageurs 731
    • b. Transports de marchandises 732
    • c. Location d’aéronefs avec équipage 734
    • d. Maintenance et réparation d’aéronefs 8868**
    • e.Services annexes des transports aériens 746
  • H - Services annexes et auxiliaires de tous les modes de transport
    • a. Services de manutention des marchandises 741
    • b. Services d’entreposage et de magasinage 742
    • c. Services des agences de transports de marchandises 748
    • d. Autres services 749

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