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LIBERTES EN DANGER !

lundi 2 février 2004, par Bureau national .


Il y a un siècle, naissait Georges Orwell, l’auteur du fameux roman de politique-fiction « 1984 », dans lequel il décrit une société où les moindres faits et gestes des individus sont sous contrôle permanent des gardiens d’un système totalitaire ... Ce qui se prépare de nos jours, sous prétexte de sûreté et de sécurité publique, notamment dans le domaine du transport aérien, devient particulièrement préoccupant en termes d’atteintes aux libertés individuelles et collectives.
Evidemment, il ne s’agit pas pour nous de nier la réalité du danger d’actions terroristes et de la nécessité d’assurer la sécurité des vols, des équipages et des passagers : ce que nous contestons, c’est la scandaleuse dérive liberticide - et avec quelle réelle efficacité ? - imposée de façon autoritaire et unilatérale par le gouvernement des Etats Unis, avec la complicité de la Commission européenne et du gouvernement français, et la passivité de la direction d’Air France

 Cies aériennes hors USA : les douanes US exigent le « pedigree » de tout étranger :

Depuis début janvier, 115 aéroports US via les services des douanes américaines imposent un système de « filtrage » des passagers arrivant sur leur territoire. Les passagers concernés se verront attribuer avant l’embarquement des « codes » de couleur indiquant leur niveau de « dangerosité » potentielle ... entre autres !
Ce système baptisé CAPPS II ( Computer Assisted Passenger Pre-Screening ou aussi Total Travel Information Awareness ), version améliorée d’un système précédent ( CAPPS ) utilisé par l’administration des transports USTSA ( United States Transportation Security Administration ), permet à terme le croisement de données sur les passagers ( identité et données personnelles, policières, judiciaires et bancaires. )

 BIG BROTHER IS WATCHING YOU !

Ainsi, avant même de monter dans l’avion à destination des « states », les douaniers américains détiendraient plus de 40 informations sur le passager ( nom, prénom, adresses, N° de téléphone, type de repas consommé lors du vol, comportement ... )
En fait, les douanes US auraient donc accès à ces informations via les systèmes de réservation informatisés GDS ( Global Distribution System ) de type Amadeus et plus précisément les données personnelles des « fichiers de réservation PNR » ( Passenger Name Record ), ouverts dès le N° de réservation attribué au passager, et qui jusqu’à présent n’étaient communicables qu’entre Cies aériennes au niveau international : N° de vol, date émission billet, lieu d’émission, nom et prénom du pax  , info sur carte bancaire, voyages précédents et quelle Cie utilisée, spécificité culturelle ( type de repas : végétarien, Casher, Hallal ... ) ; si agent AF : ancienneté Cie, accompagnants ...
Le fichier APIS ( nom, prénom, sexe, N° de passeport, nationalité, date de naissance ) était déjà communiqué spécifiquement aux gabelous US depuis plusieurs années et il a servi de « cheval de Troie » à CAPPS puis CAPPS II. Quelle est la prochaine étape ?
Sachant que certaines données « sensibles » sur les passagers jusqu’alors réservées aux seules Cies aériennes, donc relativement confidentielles, pourront être ainsi connues des institutions policières US ( CIA, FBI, etc... ) : nom de personne réceptionnant le pax   à l’arrivée, voyage de noces, passager « indiscipliné », etc ...

 Renforcement des contrôles aux frontières US : le « tatouage biopolitique »

Un nouveau système de contrôle des entrées et sorties des étrangers munis de visas touristiques aux USA, est mis en place. Ce système « US Visit » ( United States Visitor Information and Immigrant Status Indication Technology ) permettra de contrôler des informations établies dans les consulats US concernant un(e) touriste, un(e) résident(e) ou un(e) immigrant(e). Ces données, fournies grâce à CAPPS II seront consultables par toutes les agences gouvernementales US, y compris les services secrets et autres officines barbouzardes. Ainsi, tout visiteur franchissant le poste frontière se verra « scanner » par un système de reconnaissance biométrique.
28 pays seraient exemptés des contrôles, dont la France, à condition que ceux-ci fournissent à leurs ressortissants, d’ici octobre 2004, des passeports à puce contenant les informations biométriques nécessaires ( identité, photo, plus les empreintes digitales et/ou reproduction de l’iris de l’oeil ...)
En mars 2003, la Commission européenne signait un accord provisoire contraignant les Cies à livrer leurs fichiers à l’administration US sous peine d’une amende de 6000 dollars par pax   et perte du droit d’atterrissage, accord jugé en France « attentatoire à la vie privée » par la Commission Nationale Informatique et Libertés (CNIL ), pourtant conciliante en général !
En décembre 2003, un nouvel accord prévoit néanmoins de limiter à 34 le nombre de champs de données personnelles transmises par passager, excluant - pour l’instant - les données judiciaires ... sauf que pour sérier les info. concernées, il faut mettre en œuvre des filtres informatiques, qui n’existent pas encore ! En effet, la législation européenne interdit certains transferts de données ... qui seront pourtant transmises à CAPPS II, ainsi que le reconnaît un haut fonctionnaire US ... à quand le tatouage « biopolitique » sous cutané comme pour les chiens, avec le profil ethnique et idéologique en plus ?

 Flicage totalitaire mondialisé : les limites seront celles que nous imposeront ... ou pas !

En décembre dernier, AF annule ses vols entre Paris et Los Angeles suite à l’injonction du gouvernement français, lui-même sous l’injonction du gouvernement US, sur la base de « tuyaux crevés » fournis par le FBI, concernant une éventuelle attaque terroriste.. Certains vols AF ont été « accompagnés » par des F16 US lors du survol de leur territoire. L’administration US impose désormais la présence d’hommes armés à bord des vols à destination des USA, certaines Cies renâclent et l’IATA ( l’Association internationale du transport aérien : 270 Cies et 180 pays ) s’est prononcée contre ! En France, des membres du GIGN armés d’armes spéciales ( non perforatrices ) voyageraient « clando » sur certains vols, remplaçant ainsi les agents de l’officine douteuse Pretory, ( mise en cause par la justice pour malversations comptables ), entreprise de « sûreté » un temps très privilégiée par Air France.
Mais le pire est l’imposition par les autorités américaines d’une « procédure spécifique d’entrée » aux étrangers nés dans 10 pays « cible », la direction PNC   du Centre de Lignes Amériques a écrit aux PNC   AF concernés pour leur signaler le « circuit spécifique » que ces PNC   devront subir à l’arrivée sur le territoire US, avec à la clé un interrogatoire obligatoire avec un agent du TSA ( Transporatation Security Agency ) ... Incroyable ? Mais vrai ! ( tout PNC   français d’AF né en Algérie, Tunisie, Maroc, Libye, Egypte, Liban, Syrie, Irak, Iran, Indonésie est un suspect potentiel ... les pays « amis » des USA sont épargnés, tel l’Arabie Saoudite !!! )

Il faut opposer un front du refus à la surenchère liberticide des « faucons » américains !
La seule issue face au terrorisme n’est ni militaire ni policière ni juridique mais d’abord politique : seul un rééquilibrage au niveau mondial de la jouissance des ressources et de la répartition des richesses permettra d’inverser ce processus. C’est la démarche du mouvement international « altermondialiste » auquel participe SUD Aérien et l’Union syndicale Solidaires  .
Concernant la sûreté et la sécurité : les portes d’accès cockpit blindées, le contrôle vidéo de l’accès au poste de pilotage, l’équipage « filtré » avant accès à bord ont déjà été imposés par les USA et les procédures de contrôle pax   à l’embarquement ont été très renforcées. Aujourd’hui, c’est l’escalade sécuritaire sans aucune garantie d’efficacité ... mais par contre certainement liberticide !

P.-S.

  • Consultez le site www.iris.sgdg.org/actions/pnr ; IRIS est membre de European Digital Rights ( EDRi ) : Fédération européenne d’associations de défense de la vie privée et des libertés civiles.

« Évidemment, les gens simples ne veulent pas la guerre mais, après tout, ce sont les chefs d’un pays qui déterminent la politique, et c’est toujours facile d’entraîner les gens, que ce soit dans une démocratie, une dictature fasciste, un Parlement ou une dictature communiste. On peut toujours manipuler les gens pour qu’ils appuient leurs chefs. C’est facile. Tout ce que vous avez à faire est de leur dire qu’ils sont attaqués, dénoncer les pacifistes pour manque de patriotisme, et exposer le pays au danger. Ce stratagème marche de la même façon dans tous les pays ».
Hermann Goering (Maréchal du Reich d’Hitler au procés de Nuremberg).

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