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AIR France/KLM : création d’une nouvelle multinationale !
LE CCE NE VEUT PAS DU DROIT D’ALERTE !!!

mardi 30 septembre 2003, par Bureau national .


Le président Spinetta vient d’annoncer aujourd’hui officiellement le montage financier et économique qui aboutit à la création d’une nouvelle holding financière européenne englobant KLM sous la houlette d’Air France, et de son PDG comme président de la holding.

Par ce rapprochement par échanges capitalistiques, qui n’est pas encore une véritable « fusion », la direction d’Air France et le gouvernement veulent faire d’une pierre trois coups :

  • parachever « en douceur » la privatisation de la compagnie publique Air France, puisque l ’échange capitalistique Air France/KLM avec augmentation du capital d’Air France fait passer mécaniquement la part de l’Etat français à 44 % du capital de la compagnie, alors que la valorisation boursière d’Air France est largement en dessous de sa valeur réelle.
  • dissoudre Air France dans une holding financière, qui échappera totalement au contrôle des salariés néerlandais et français. Les Conseils d’administration ne seront plus que les chambres d’enregistrement des décisions des représentants des fonds de pensions et autres investisseurs qui n’auront comme seul souci que la rentabilité immédiate de leurs capitaux.
  • créer une multinationale du transport aérien permetant de réaliser de substantielles économies annuelles grâce aux « synergies » ainsi réalisées, de l’ordre de 400 à 600 millions d’€. Ces économies seront évidemment faites en concentrant des activités communes aux deux compagnies, créant le véritable risque de nouvelles suppressions d’emplois au sein de la future holding. Le seul but, là encore, étant de promettre aux investisseurs financiers des profits financiers supplémentaires.

Ainsi, depuis que les marchés financiers connaissent le projet d’accord, ces dernières semaines l’action KLM a été valorisée de 30 % alors que cette compagnie procède en ce moment à 4500 suppressions d’emplois. Chacun a en mémoire les exemples d’Altadis, Arcelor, ou encore Vivendi qui montrent à l’évidence les catastrophes économiques et sociales qu’entraînent ces aventures.

Pour mettre en œuvre cette opération, la direction d’Air France et les tutelles gouvernementales, ont depuis 20 mois agi dans l’ombre la plus totale, sans consultation ni information des instances représentatives que sont le CCE et les CE. Les informations dont a disposé le personnel jusqu’à ces derniers jours ont été données par la presse. Le « nécessaire échange capitalistique avec KLM » invoqué par J.C. Spinetta - après avoir argumenté le contraire durant des mois - sert donc de prétexte à une transformation complète de la compagnie, à sa privatisation et à sa transformation en multinationale financière.

SUD Aérien, partant des intérêts des salariés d’Air France, comme de ceux de KLM juge donc indispensable que les syndicats de la compagnie nationale ne cèdent pas à la pression de la direction qui voudrait passer « à la hussarde », en imposant au CCE de donner en quelques jours son avis sur un plan concocté depuis 2 ans … !

Les élus du CCE disposent du droit d’alerte qui permet de suspendre ce genre d’initiative, d’imposer à la direction, et à tous les responsables des secteurs concernés, de répondre concrètement avec l’aide d’un expert, à toutes les questions posées par les représentants du personnel.

SUD Aérien a proposé le vote d’une résolution déclenchant le droit d’alerte, proposition non reprise par toutes les autres organisations syndicales … !!?

Force est de constater que le bureau du CCE à majorité CGT   et CFDT   a passé un accord avec la direction pour ne pas déranger Spinetta dans ses négociations et ne pas faire apparaître une opposition frontale à son projet. En contrepartie, la direction rémunérera un expert auprès de la Commission Economique du CCE qui doit se réunir le 2 octobre pour que les élus du CCE puissent se prononcer le … 6 octobre, soit 4 jours pour une expertise de cette importance !

Cette grossière mise en scène ne trompe personne et dessert les intérêts des salariés d’Air France comme ceux de KLM !

La CGT   s’est limitée à proposer aux élus du CCE un simple report de la session du CCE prévue le 6 octobre.

SUD Aérien s’est donc abstenu et sur la désignation de l’expert et sur le report de la session du CCE, qui ne sont que des votes de diversion pour masquer le refus des autres syndicats de s’affronter à Spinetta : le CCE a refusé de se donner les moyens de se prononcer dans le cadre juridique du droit d’alerte, prévue par le Code du travail « lorsque le Comité d’entreprise a connaissance de faits de nature à affecter de manière préoccupante la situation économique de l’entreprise » et qui contraint l’employeur à fournir des informations complètes et à respecter des délais pour les élus.

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