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Privatisation d’AF et accord AF - KLM : une future multinationale !

mardi 23 septembre 2003, par Bureau national .


CCE du 17 septembre : Lors du dernier CCE, le président Spinetta nous a promis un avenir de rêve … après avoir longtemps affirmé que les accords commerciaux entre Cie aériennes étaient suffisants, en 2002 le Président a fait un virage à 180° en affirmant la nécessité des échanges capitalistiques entre ces mêmes Cies. Le Président à longuement tenté de convaincre les élus durant plusieurs heures sur le bien fondé de cette stratégie, avec comme argument : l’alliance AF /KLM prendra la forme d’une holding et en fera le 1er opérateur mondial du transport aérien en chiffres d’affaires et le 3e mondial en passagers. Il ajoute « Si on ne le fait pas , on est mort à terme » ( genre d’argument qui devient un peu répétitif et ne laisse que peu de place à un vrai débat contradictoire …)

Mais, pour ce faire KLM exige qu’AF soit privatisée : cela tombe bien puisque c’est le projet du gouvernement français et le souhait du Président … Youpie !

Le futur président de la holding, qui intégrera peut-être Alitalia, serait l’actuel Président d’AF. Cela explique t-il la véhémence avec laquelle le Président Spinetta défend sa stratégie ? tout en brossant les élus dans le sens du poil en les qualifiant d’ « experts », il nous fait comprendre que nous serions à la limite de l’arriération mentale si nous refusions l’évidence du projet d’échanges capitalistiques entre AF et KLM !

 Hussard ou Panzer ?

Le président déclare vouloir respecter les instances ( Commission Economique du CCE, CCE … ) et ne pas se comporter en « hussard » en passant son projet en force. Or, les élus du CCE et les syndicats ont eu le surprise de ne découvrir que quelques jours avant le 17 septembre, un ordre du jour du CCE spécifiant la « consultation » des élus sur un « projet d’accord AF/KLM ». Dès le 22 août, SUD Aérien adressait un courrier à la Direction et au secrétaire du CCE pour exiger un CCE extraordinaire suite aux rumeurs sur l’accord en question ; le 4 septembre, notre représentant SUD Aérien à la commission Economie du CCE écrivait à la Direction et au président de la commission pour s’étonner que le CCE ait laissé la Direction vouloir consulter les élus sur un projet aussi grave et important pour les salariés, sans respecter le Code du travail …
Les élus du CCE et du bureau du CCE devront êtres vigilants pour éviter qu’à l’avenir, la méthode « Panzer » se banalise. La consultation des élus est donc reportée à une date ultérieure.

 Ne pas se laisser baratiner !

La future holding, comme toutes les holding, sera donc constituée de filiales ( AF, KLM, Alitalia ? ) et les futures actionnaires privés ( fonds de pension ou autres ) traiteront les agents d’AF comme de simples « variables d’ajustement » pour augmenter leurs dividendes … comme dans toutes les holding et multinationales.
Les futurs actionnaires privés de cette multinationale vont-ils consacrer comme aujourd’hui plus de 10 % du Chiffre d’Affaires annuel à l’autofinancement des investissements …ou exiger un dividende plus important ?
Aujourd’hui, la tendance lourde est la restructuration capitaliste autour de multinationales, en regroupant des grandes entreprises européennes dans des holding : Altadis pour la Seita, Arcelor pour Usinor … et bientôt Sky Team Europe pour AF/KLM/Alitalia ?

Le problème étant que toute restructuration/regroupement/fusion industrielle se traduit toujours par une rationalisation de la gestion en langage libéral, en français on dit réduction des coûts !
En effet, une étude en cours par des experts donnerait une fourchette de 400 à 600 millions d’€ environ d’économies réalisées par la suppression des « doublons » AF/KLM. 

Le Président assure juré craché que ces suppressions de « doublons » ne concerneront pas les salariés … Que vaut la parole d’un président face aux intérêts de groupes financiers, appuyés par les forces politiques libérales et sociales-libérales ?

Comment ne pas imaginer que des managers « crânes d’œuf » imagineront, eux, de « rationaliser » des activités en supprimant des soit-disant « doublons », au sein d’activités comme le Frêt, la Maintenance, l’Informatique et toutes activités filialisables ou externalisables . ?

 Les intérêts des salariés passent à la trappe, au bénéfice des seuls actionnaires !

A ce jour, ce sont les actionnaires de KLM les gagnants avec + 30% de l’action : KLM était valorisée 420 milliards € à la mi-août et plus de 560 milliards € aujourd’hui ! Les perdants sont les salariés de KLM avec 4500 suppressions d’emplois annoncés.

Ce sont les salariés d’Air France et non ses actionnaires qui ont financé 6 milliards € d’investissement par les résultats d’exploitation ( le fruit de leur travail ! ) alors qu’une partie de ce montant pouvait revaloriser leur salaire. Les bénéfices ainsi obtenus sur le dos des salariés (et en partie grâce aux investissements payés par ces mêmes salariés ) seront versés probablement aux nouveaux actionnaires à travers cette holding localisée peut-être dans un pays à faible fiscalité ( Pays-Bas ou Irlande ).

De plus, les gouvernements hollandais, anglais, espagnol …ont encore la possibilité d’intervenir dans la gestion de leurs Cie aériennes privatisées via des « actions spécifiques ». La loi du 9 avril 2003 de mise en œuvre de la privatisation d’AF supprime toute prérogative de l’Etat sur AF, alors que le gouvernement hollandais les préserve sur KLM. Le Président balaie l’argument en nous reprochant de faire plus confiance à l’Etat … qu’au Président : comme si il s’agissait de « confiance » !

En fait, l’échange capitalistique entre AF et KLM, qui justifierait et nécessiterait la privatisation d’AF, le tout pour contrer les Cies US sur le marché, est un prétexte pour créer une multinationale de transport aérien dont le conseil d’administration sera aux ordres des lobbies financiers !

 Préserver nos acquis :

Contrairement ce qu’affirme la Direction, la CGC et l’UNSA  , l’accord de méthode signé entre eux en janvier 2003 ne garantit pas le maintien automatique de l’essentiel des acquis sociaux des agents AF contenus dans le Règlement du Personnel au Sol ( RPS ).

Le compte rendu des dernières commissions CCE, Economie et Formation, est particulièrement inquiétant : Rappelant que la loi donne deux ans maxi. à la Direction pour transférer les acquis AF( Statut et RPS et quelques accords d’entreprise ) vers la Convention Collective Nationale ( CCN ) du transport aérien - largement inférieure sur beaucoup d’aspects - via des accords d’entreprise, il est écrit : « Pour le personnel au sol, les accords d’entreprise appelés à remplacer le statut actuel devront en outre respecter les minima de la CCN … »

si c’est le cas, alors on se fera sérieusement raboter nos acquis : nous devons être extrêmement vigilants et prêts à agir vite et fort : c’est le sens de nos propositions faites aux autres syndicats et aux personnels, au cours des heures d’info que nous organisons.

SUD Aérien propose que le Droit d’alerte, procédure légale prévue par le Code du travail pour éviter justement les décisions « à la hussarde » de la Direction, soit déclenché par les élus au CCE lors du prochain CCE extraordinaire sur l’accord AF/KLM.

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