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Accord Ryanair-Aéroport de Gosselies, le jour de la faillite Sabena

Le coût réel des tickets « à bas prix »

mardi 13 novembre 2001.


Le jour même de la faillite de la Sabena, Kubla, ministre wallon de l’Economie, conclut un accord de collaboration de 15 ans entre l’aéroport de Gosselies et Ryanair. Celle-ci est une compagnie aérienne irlandaise « low cost », bas prix. Mais un enfer pour le personnel, les passagers et les contribuables.

A l’aéroport de Gosselies, explique Michel Goldman, permanent CMB (FGTB-Métal), « les salaires sont en-dessous de 400 F brut l’heure, la flexibilité énorme. On rappelle le personnel à n’importe quel moment. Il faut se donner corps et âme pour l’entreprise. Même lorsqu’on a fini sa journée, s’il y a un avion imprévu, il faut le vider. Heureusement que l’aéroport est encore fermé de 23 à 6 heures. »

Tony Demonte, permanent CNE (CSC-employés), ajoute que « la flexibilité est propre à celle des aéroports périphériques, mais les salaires sont juste au-dessus des barèmes légaux. Il y a huit mois, l’effectif de personnel pour créer une délégation syndicale n’était pas atteint. Actuellement, il y a environ 150 personnes. Une délégation CNE existe depuis deux mois. Non à Ryanair (la compagnie qui dessert l’aéroport) mais à BSCA (Brussels South Charleroi Airport, qui gère l’aéroport). Pour l’instant, BSCA respecte le fait syndical. »

 Passager à ses propres risques et périls

Le BSCA a été créé par la Région wallonne et son premier président est Jean-Claude Van Cauwenberghe (PS). Lorsqu’il est devenu Premier ministre wallon, son proche ami Wagner, transporteur routier, lui a succédé. Le capital de BSCA vient de Sambre-invest, argent public provenant de la restructuration de la sidérurgie.

L’équipe de L’Hebdo [1] s’est rendue en Irlande pour un reportage sur Ryanair. Au fur et à mesure de leur enquête, Ryanair est devenue de plus en plus muette, leur refusant finalement l’accès à certains bâtiments du personnel. En Irlande, 1.500 personnes travaillent pour la compagnie. Mot d’ordre : « Ici chaque minute compte ». Pas de syndicat. Les billets d’avions sont vendus presque exclusivement par Internet ce qui fait que l’effectif du call-center est passé de 300 à 150 personnes.

Le personnel navigant doit faire 80 à 100 vols par mois (4 à 6 vols par jour) pour « bien » gagner sa vie. Le re-décollage se fait après 25 minutes. Les hôtesses de l’air contrôlent elles-même les tickets et s’occupent des déchets laissés par les passagers. Leur salaire de base est de 25.000F par mois. Le reste est primes de vol et pourboires. Les salaires sont payés en Irlande car le coût salarial y est des plus bas. Les pilotes doivent payer leur formation à la compagnie. Et interdiction pour le personnel de donner des interviews à la presse.

 Qui paie le low cost ? Vous et moi

L’Hebdo donne la parole à deux personnes d’un certain âge ayant pris un ticket aller-retour. Ils sont en procès : il n’y a jamais eu de retour. En outre, les passagers sont parqués comme des sardines, les boissons et repas à bord sont payants (180F le coca). Si un vol est retardé, l’hébergement est aux frais des voyageurs.

En vue d’attirer des sociétés comme Ryanair, la Région wallonne s’est lancée dans un vaste développement de l’aéroport de Gosselies. Un nouveau hall pour passagers sera construit au nord de l’aéroport pour 4,5 milliards de francs. La piste sera allongée pour 1 milliard supplémentaire.

Face aux mouvements de protestation des riverains, le gouvernement PRL-PS-Ecolo a été obligé de décréter Gosselies aéroport de jour (dans les faits, un quart des mouvements s’effectue entre 22 et 7 h) et d’indemniser les riverains. Mais c’est le contribuable et non le « pollueur sonore » qui paie.

Même si les besoins sont largement sous-estimés, la Région wallonne devra intervenir pour 3 milliards à Charleroi : pour l’expropriation de 140 maisons en zone A et l’isolement des habitations en zones B (indemnité de 400.000 F/maison), C (200.000 F) et D (100.000 F).

A l’aéroport de Bierset, près de Liège, la SAB (Société de Gestion de l’Aéroport de Bierset) a un actionnaire unique : la super-intercommunale Meusinvest. Président : le ministre Happart (PS). Administrateur : le ministre Forêt (PRL). Des investissements publics ont été réalisés pour 5 milliards de francs ; des nouveaux investissements à subventionner sont prévus pour 3,723 milliards ; des investissements payés par la SAB pour 1,125 milliards. Le rachat d’habitations est évalué à 5,725 milliards, l’isolation des maisons entre 4,9 et 17 milliards (l’insonorisation coûte de 0,4 à 1,4 million pour 12.206 habitations). Soit un total pouvant aller de 20,5 à 32,5 milliards.

En divisant ce coût global par le volume de l’emploi direct et indirect (2.445 équivalents temps plein), on obtient un coût unitaire par emploi créé situé entre 6 millions (scénario minimal) et 10 millions de francs (scénario maximal). En comparaison, le coût unitaire par emploi en sidérurgie, réputé un des plus élevés, est généralement évalué autour des 5 millions de francs.

 Du déjà vu aux Etats-Unis

Lors de la dérégulation du transport aérien aux Etats Unis, dans les années 80, Frank Lorenzo, de Texas Air, achète Continental Airlines. Il met la société en faillite et impose des baisses de salaire. Jusqu’à 50% des rémunérations antérieures. Il diminue l’effectif de deux tiers. Dès 1984, il élimine complètement la présence syndicale. La firme devient celle qui a les coûts salariaux les plus bas. Toutes les conventions collectives interdisent les grèves et l’ancien patron d’Eastern Airlines, Frank Borman, déclare : « En fin de compte, le décret de la déréglementation, à défaut d’autre chose, a été la plus grande loi antisyndicale jamais adoptée par le congrès américain. » [2]

Johnny Coopmans, Michel Mommerency, Alice Bernard
lire l’article du parti du travail de belgique

Notes

[1« Vol à tout prix », L’Hebdo, RTBF, 9/11/01

[2Cité par Thomas Gounet dans Etudes marxistes, n° 18, 1993.

1 Message

  • > Le coût réel des tickets « à bas prix » 18 août 2003 17:13, par valles philippe

    j’ai acheté en Mai 2003 mon billet aller retour Montpellier - Londres pour deux personnes, soit 140 euros en tout chez RYANAIR.

    Le départ de Montpellier, prévu pour 23h30 a eu lieu à 1h20 du matin. Aucune explication n’a été donnée.
    A l’arrivée à 100 km de Londres, il ne restai plus qu’un bus à 11 euros par personne : trajet 1h30. Arrivée à Londres centre vers 4h30 du matin, donc pas de bus, pas de métro pour se rendre à l’hôtel.

    Pour le retour, nous avons prévu de quitter Londres à 14h30 pour prendre le vol de 18h00. Nous prenons le même bus qu’à l’aller et surprise il ne prend pas le même chemin, durée du trajet 3h00.
    Nous arrivons à l’aéroport à 17h30 et surprise, l’avion est plein ?!?! Il y a du surbooking chez Ryanair !!!

    Nous demandons des explications à l’hotesse qui ne parle même pas français( ni aucune autre langue que l’anglais)et qui ne fait aucun effort. Elle nous demande de racheter un billet au prix fort pour le lendemain car ryanair considère que notre réservation de billet pour le retour est une annulation et non un surbooking, donc nous perdons les sommes engagées. Tarif du billet retour : 120 euros par personne !!! et le vol est dans 24 heures.

    Résultat, nous devons passer une nuit sur place ou retourner à Londres. Nous décidons de dormir sur place, car il n’y a plus de moyens de transport pour aller sur Londres, dans une auberge à 130 euros la nuit (ce tarif est l’un des moins chers proposés). Le livre d’or de l’hôtel est rempli de messages de touristes qui ont subit le même litige que nous, j’ai compté plus de 900 messages !!!

    En fait, ryanair avec la complicité de l’aéroport et des établissements hôteliers environnants ont mis en place une organisation qui prend en otage les touristes bloqués dans l’aéroport à plus de 100 km de Londres et rien à proximité.

    Conclusion : le voyage avec Ryaniar nous a coûté 724 euros pour deux personnes au lieu des 140 prévus initialement. La prochaine fois nous voyagerons avec Air France ou british Airways.

    Conseil : ne prenez pas rayanair !!!

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