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AIR FRANCE : INTERESSEMENT / PARTICIPATION, SALAIRES
ZERO + ZERO = LA TETE A TOTO

samedi 14 juin 2003, par Bureau national .


Premier épisode : janvier- avril 2003

La Direction distille la peur, l’angoisse : les résas s’écroulent, les avions sont vides, nous sommes à moins 7% par rapport à l’objectif…Le spectre du chômage technique plane.

Deuxième épisode : début mai 2003

Le PDG annonce les résultats….super bons. Air France émerge de la tempête….et arrive en tête du classement des compagnies européennes. Les actionnaires peuvent être confiants.
Du coup, les salariés croient l’être aussi….Ouf !
« Air France fait preuve de sa capacité de résistance,…le groupe a dégagé pour l’exercice 2002/2003, un résultat d’exploitation, hors cession aéronautique, en légère hausse sur l’année dernière…Compte tenu des résultats annuels et des perspectives pour le prochain exercice et pour marquer notre confiance dans l’avenir du Groupe, il sera proposé à l’Assemblée générale, la distribution de 6 centimes d’euros par action, hors avoir fiscal » soit, pour 220 millions d’action, un total de 13.2 M€.

Troisième épisode :

A la sauvette, on apprend qu’au Conseil d’Administration, les comptes ont été validés et que les conclusions annoncent qu’il n’y aura ni Intéressement ni Participation en 2003, « dans l’environnement économique et le contexte international particulièrement difficiles ».
Mais qu’ont fait les syndicats présents dans ce Conseil d’Administration ?

 L’ARNAQUE

Les syndicats signataires de l’accord d’Intéressement (CGC, CFDT   FO, CFTC, au sol) font peu de publicité sur le non versement de l’Intéressement.
Cette décision de la direction prouve bien l’arnaque que représente ce genre de rémunération pour laquelle l’on nous fait tant de publicité et cela justifie le refus de signature de SUD Aérien.

Pourquoi arnaque ? Bien que « Sorti Major » , nous sommes collés !

L’Intéressement n’est versé que si un indice des résultats de la compagnie atteint les 100M d’€.
Cet indice est « l’EBIT corrigé » (EBIT : Earning Before Interest and Taxes : résultat avant intérêts et taxes).

L’EBIT corrigé, c’est un peu une usine à gaz : on prend le résultat d’exploitation, on soustrait ce qu’ont rapporté les ventes d’avions, on ajoute les résultats financiers et on retire la somme versée pour l’Intéressement.

Nous n’avons pas encore les chiffres de tous ces calculs mais nous détenons deux éléments :

  • tous les indicateurs concernés sont à la hausse entre 2002 et 2003 : le chiffre d’affaires augmente de 1.3%, le résultat d’exploitation (avant les cessions aéronautiques) augmente réellement de 39M€, les résultats financiers sont améliorés de 27M€ …
  • en 2003, Air France a acheté cash pour 1.16Md€ d’avions, sans emprunter, grâce à la trésorerie et aux ventes d’avions. Et après tout cela, il reste encore 1 Md€ de trésorerie...
    Et on arrive, malgré tout cela, à un EBIT corrigé en baisse, arrivant pile-poil à 2M€ en dessous de la barre des 100M€ !!

Mais évidemment, des comptes se modifient facilement dans un sens ou dans l’autre…, notamment par le jeu des provisions. Ainsi, la Direction a choisi de faire passer dans les comptes 2002/2003 (bouclés au 31 mars 2003) la totalité d’une provision de 59 M€ pour l’arrêt de Concorde, arrêt qui a été décidé le 10 avril ! Ces petits arrangements permettent de faire une économie d’une trentaine de millions d’euros (le montant qu’Air France aurait dû verser pour l’intéressement) sur le dos des salariés...

C’est donc bien un choix de la Direction de construire des comptes qui amènent à deux choses :

  • Un signal « fort » à l’actionnaire… résultats positifs, Air France première compagnie européenne, et 13 M€ de dividendes pour les actions.
  • De l’autre, on maintient la pression sur les salariés, et comme ni la guerre en Irak, ni le SRAS n’ont été suffissants pour plomber les comptes 2002/2003, l’arrêt du Concorde est appelé à la rescousse pour montrer que « ca va mal… »

Une seule leçon à tirer de tout cela. La seule rémunération stable et solide, c’est le salaire.

A tous ceux qui pensent que l’intéressement, la participation, les actions et les abondements sont la rétribution naturelle de notre travail, la réalité devrait leur ouvrir les yeux.

 SALAIRES 2003 : LA PERTE DE POUVOIR D’ACHAT CONTINUE
La seule rémunération stable et solide, c’est le salaire

La Direction nous a convié mardi dernier à une réunion de « négociations » sur les salaires. Petit rappel : en 2002, nous avons eu 1,2% d’augmentation de la valeur du point et l’équivalent en moyenne de 0,7% par l’augmentation de la PUA. Soit au total 1,9% d’augmentation.

Face à cela l’indice des prix à la consommation (INSEE) a augmenté durant l’année 2002 de 2,3%. Pour solde de tout compte en 2002, la Direction propose 0,1%, sans mention de rétroactivité. 1,9% + 0,1%= 2 %. La Direction entérine donc déjà une perte de 0,2% de notre pouvoir d’achat….

Pour 2003, fin avril, nous en étions déjà à 1,2% d’augmentation des prix. Cela n’empêche pas la Direction de prévoir pour toute augmentation seulement 1,4% pour 2003, dont en gros la moitié sous forme de PUA (augmentation prévue de 204€) versée au début de l’été, et l’autre moitié en septembre. Les primes, elles, seraient revalorisées au 1er juillet de 0,7%, ce qui veut dire qu’elles subiraient une perte de leur valeur, puisque la revalorisation serait inférieure à l’inflation…
Et, rappelons-le, l’indice INSEE ne rend pas compte de la réalité de l’augmentation du coût de la vie.
Pour les salaires, comme pour les retraites, il va falloir s’y mettre pour imposer non seulement que nos salaires suivent l’évolution du coût de la vie, c’est à dire ne diminuent pas, mais aussi qu’ils augmentent réellement, POUR UNE MEILLEURE REPARTITION DES RICHESSES nous proposons :

 50 points pour tous c’est le minimum !

N’oublions pas que pendant que nous courons après des dixièmes de pourcent d’augmentation…

Les pilotes négocient 8% d’augmentation...(soit environ 200 points ou 1200 euros de + par mois !)

Les dix plus hauts salaires de la compagnie ont bénéficié ces dernières années de 6% d’augmentation annuelle. (soit environ 200 points ou 1200 euros de + par mois !). La dérive morale s’accélère avec une « élite » qui se délite. Le SMIC représente 1154,27 euros par mois .

P.-S.

Quatrième épisode : 13 juin 2003

L’intersyndicale Air France ayant appelé à la grève pour le 17 juin, la Direction a joué la division par des réunion bilatérales avant une « ultime » réunion où elle a avancé l’augmentation de 0,7% du salaire de base au 1er avril au lieu de septembre, a ajouté 46 € à l’augmentation de la prime unique qui passe ainsi à 1000 €. Ces deux mesures représentent en moyenne une augmentation générale de 1,5 % alors que fin avril 2003, nous en étions déjà à 1,2% d’augmentation des prix.
Les primes et indemnités liées à l’emploi, ainsi que l’allocation de garde d’enfant seront revalorisées de 1,5 % à compter du 1er juillet 2003

Pour compenser l’absence de participation et d’intéressement expliquée ci-dessus, elle versera une prime exceptionnelle de 150 € en septembre 2003.

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