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CSE DGSI - Juillet 2020

mercredi 22 juillet 2020, par SUD Aérien Informatique .


 Suppression de 20% des postes internes à la DGSI   d’ici 2 ans : mais qui fera le boulot en 2023 ?

La nouvelle version de la GPEC (Gestion prévisionnelle des emplois et compétences) était présentée aux élus le 8 juillet lors d’un CSE extraordinaire. Cet exercice est normalement la vision de la direction sur les métiers en croissance et ceux en attrition pour les années à venir ainsi que les moyens de formation associés pour y parvenir.
C’est une version extrêmement limitée qui est présentée, faite à la va-vite et sans aucun détail chiffré. La direction prétexte le contexte urgent de la crise Covid et le plan de restructuration Air France qui en découle pour s’en dédouaner mais les élus sont bien en droit d’exiger ce type d’informations.

D’une façon globale, la GPEC DGSI   découle des contraintes imposées par la direction générale via la GPEC centrale, notamment la coupe drastique dans les budgets. Elle ne correspond donc pas à une réalité fonctionnelle mais uniquement à un besoin comptable et financier de court terme.

Au niveau global Air France, outre des actions telles que le renouvellement de la flotte, l’accent est particulièrement mis sur l’accélération du démantèlement du court-courrier AF/HOP et le passage d’une grande partie de l’activité à Transavia : c’est 50% du trafic CC   AF/HOP qui passe ainsi à Transavia, et 40% des postes HOP qui seront supprimés. L’impact est majeur aussi sur les escales domestiques AF puisque à l’issue du PDV en cours, pour tout poste supprimé, une offre sera faite au salarié, avec mobilité géographique possible. Si l’offre est refusée, le salarié sera licencié, le risque est donc majeur pour nombre de nos collègues de devoir accepter un boulot à CDG, seul bassin d’emploi en plein boom : séisme pour les provinciaux mais aussi pour les collègues d’Orly qui risquent d’être lourdement impactés.
Séisme aussi pour le marché de l’emploi en France avec 7500 suppressions de postes au total sur le groupe AF et notamment pour celui des jeunes, puisque aucun apprenti ou alternant ne sera embauché à AF : quel gâchis ! A la fois pour le renouvellement des générations mais aussi pour ces jeunes directement opérationnels dans les services.
Ce démantèlement du court-courrier AF/HOP n’est que la poursuite des objectifs suivis initialement par la direction, la crise Covid présentant un effet d’aubaine qui accélère et aggrave le processus. Par le transfert de l’activité à des salariés moins bien payés et/ou à la sous-traitance, on peut légitimement parler de dumping social.
Outre le réseau domestique, le plan s’attaque aussi aux fonctions support et à l’ensemble des directions avec des suppressions de postes partout pour aboutir à -18% de postes internes pour le personnel au sol. Mais qui fera le boulot quand l’activité redémarrera ? Quelles compétences et capacités pour gérer la reprise ? A l’heure où le gouvernement étudie la mise en place d’un chômage partiel de longue durée, pourquoi ne pas attendre ce nouveau mécanisme qui permettrait de faire le dos rond pendant plusieurs mois, voire plusieurs années ? Car la réalité qui se profile, c’est une charge de travail d’avant crise en 2023 mais avec 18% d’effectifs en moins.
Les 7 Mds de prêts garantis par l’état dont bénéficie AF ainsi que la prise en charge d’une partie des salaires va donc bien résulter dans la mise en place d’un plan social déguisé sous forme de PDV qui bien sûr, satisfera tous les collègues en fin de carrière qui sont fatigués et n’aspirent qu’à un repos grandement mérité, mais qui, d’un point de vue économique, ne présente pas d’intérêt : un rapport Secafi avait bien montré il y a quelques années, comment le retour sur investissement d’un PDV pouvait ne jamais se faire si l’activité est sous-traitée.
Retrouvez le tract central Air Franceici

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Pour la DGSI  , c’est 19% des postes internes qui seront supprimés à fin 2022, dont 140 postes par départs naturels et autour de 130 par PDV. Pourquoi plus que la moyenne du personnel au sol (18%) ? Alors même que l’activité IT est décorrélée de la baisse globale de l’activité AF ? Certains projets seront en effet retardés, mais une grosse partie de notre activité (ISIP, continuité) devra forcément être réalisée. A-t-on voulu anticiper les désirs de la DG ? Pas vraiment de réponse de la direction.
Car dans une direction qui sous-traite jusqu’à 80% dans certaines lignes de produit, il est aberrant de supprimer encore 20% de ses postes internes. Double peine pour la DGSI   : baisse importante des budgets de sous-traitance + suppressions de postes internes = gare à la charge de travail, à la désorganisation et aux risques psycho-sociaux qui vont en découler !

En ayant sous traité les activités productrices à la DGSI   ( codeur , intégrateur, expert technique …. ), la direction a encouragé le personnel interne à se diriger vers des postes de pilotage / reporting des externes, qu’elle estime aujourd’hui en sureffectif. Avec ce changement de cap, la direction poursuit sa course en avant vers l’externalisation en axant la GPEC sur des suppressions de postes et non sur une réinternalisation des activités productrices à travers des formations massives. Seule action à même de pérenniser l’IT en interne

La seule logique qui pourrait expliquer ce plan de suppression d’emploi, c’est une volonté d’accélérer l’externalisation rampante de la DGSI  , et de préparer le prochain plan. Ce sont aujourd’hui les collègues de Paray qui sont particulièrement visés avec le transfert envisagé de leur activité à Roissy, mais on voit bien que la direction n’hésitera pas à remettre en cause les centres de province, et ne proposera que le départ volontaire comme alternative à la mobilité géographique. Dans ces conditions, auxquelles s’ajoute la modération salariale pour tout le monde et en particulier celle des jeunes embauchés en cursus, il est à craindre que ces derniers prennent la tangente dès qu’une opportunité se présentera et on peut les comprendre. Mais la direction ne fait vraiment rien pour les retenir, entretenant d’autant les inquiétudes sur l’avenir d’une informatique interne.

 Détails par direction DGSI  

Au DEV, c’est le plan DEV358 qui est mis en avant avec :
La réinternalisation de postes de développeurs (mais nous avons déjà vu que c’était plutôt à la marge). Quelle reconnaissance d’ailleurs pour ces volontaires ? C’est le moment de revaloriser les postes de développeurs ! Malheureusement, on apprend hors CSE, qu’on prendra des N2.1 sur des postes de développeurs N1.2 : si on compte attirer du monde comme cela, c’est pas motivant. On peut encore s’estimer heureux, car dans les escales, la direction n’hésite pas à dégrader certains postes de la piste notamment. Mais on voit bien la tendance …
Passage des postes RQA (7 à 8 postes) à la sous-traitance. Étonnant de sous-traiter une activité primordiale de pilotage de l’activité, notamment celle des sous-traitants ! Mais N.Nelson affirme que ce n’est pas le cœur du métier prôné par B.Smith … bien pratique quand on n’a pas d’argument.
Mise en place d’une organisation matricielle avec un vocabulaire abscons (manager de talents ou de pratiques, tout un charabia qui vient sans doute d’une nouvelle méthode anglo-saxonne …) : où est la simplification là-dedans ? Le tout ressemble furieusement à une usine à gaz. La seule réalité tangible, c’est que les postes de responsables de pôles seront supprimés, les seuls managers de proximité, ceux qui pouvaient être référents techniques, organisationnels, fonctionnels … seront remplacés par des managers de talents par technologie (un même manager pour l’ensemble des développeurs java ????). On ne voit pas bien comment cela va fonctionner, par contre on comprend bien l’objectif d’améliorer de 20% la productivité qui risque de se traduire par moins de temps mort pour un développeur, qui passera en permanence d’un sujet à un autre. Gare à la QVT (Qui Va Trinquer ?) !

A DS, le sureffectif est artificiel ou largement anticipé. On nous ressort les projets :
ITSM : pas encore en production, il est bien trop tôt pour envisager la suppression de postes. Pour l’instant ce projet demande surtout beaucoup de monde sur le pont et d’énergie. Prendre le prétexte d’une mise en production à fin 2020 pour justifier des suppressions de postes est tout à fait irréaliste
WaaS : externalisation du déploiement mais aussi de l’ingénierie de tout ce qui concerne le poste de travail Windows : SCCM, virtualisation, impression, collaboratif, tout y passe ! Forcément à tout mettre dehors, on va en créer du sureffectif …
C’est aux OPS, direction moins sous-traitée que les autres, que les suppressions de postes seront proportionnellement les moins nombreuses (-15%). Malgré tout, on note un impact sur :
AOS : en tension permanente, très sous-traité. Le self-service ne sera pas le remède miracle pour l’installation des progiciels qui demandent toujours beaucoup de manuel
Monitoring/Back office exploitation/IBP/Performance : pas de justification énoncée en session
Les activités z/OS sont basculées chez IBM au fil du temps, toutefois nous rappelons à notre directeur son engagement pour que chaque salarié puisse rester sur son poste aussi longtemps qu’il le souhaite
DC strategy : ce projet semble suspendu (mais toujours pas de présentation en CSE) tout au moins pour la partie externalisation mais quid du déménagement des serveurs de TLS à QVI ? Si cela devait se concrétiser, la survie de la Barigoude serait sur la balance quoiqu’en dise le directeur.
Côté centres, Paray supportera le plus de suppressions de postes (-25%), sans doute en anticipation de la fermeture du site qui décidera plusieurs collègues à sauter le pas du PDV. Ou comment vous dégoûter pour vous inciter à partir …

Cette GPEC, et le PDV qui s’annonce, ne sont pas une bonne nouvelle pour notre direction. On ressort encore la vieille recette du PDV et des suppressions de postes, à notre avis aucunement justifiées pour la DGSI  , du fait de son niveau de sous-traitance.
Au-delà des collègues qui partiront, espérons dans de bonnes conditions, le problème va être, comme d’habitude, pour ceux qui restent et supporteront une charge de travail accrue dans un contexte de réorganisation stressant. Nous avons alerté la direction en séance, mais nos collègues de la CSSCT devront être particulièrement attentifs et réactifs aux situations de souffrance dans les équipes.

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