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Restructuration du transport aérien et dumping social

Le système des poupées russes

jeudi 10 avril 2003, par Bureau national .


(Reprise d’une analyse et des propositions de SUD Aérien sur le Transport aérien élaborées en octobre 2000, seules les évolutions économiques ont été actualisées en avril 2003).

Au même titre que la globalisation financière et la déréglementation sociale atteignent le cœur même des entreprises, la déréglementation du monde aérien affecte profondément l’ensemble du monde ouvrier. Quinze ans après sa mise en œuvre, nous constatons que la libéralisation du transport aérien européen produit les mêmes effets néfastes que la déréglementation américaine. Alors que la « liberté du ciel » devait engendrer la naissance d’une multiplicité de compagnies aériennes et la réduction du prix des billets, on assiste à la concentration du trafic entre quatre compagnies aériennes (AF, BA, LH et KLM) et à la concentration du trafic sur quatre grands hubs (CDG, Heathrow, Francfort et Amsterdam). Sacrifiées sur l’autel de cette déréglementation, les compagnies aux reins moins solides telles TAT, Air Littoral, Air Liberté, AOM, Swissair, Sabena...et leurs salariés.

Où sont les effets annoncés comme bénéfiques de cette déréglementation pour les passagers et pour les salariés ? Elle ne sert que les intérêts du gouvernement et du patronat et Air France n’est pas la dernière à en profiter. Contrôler le marché et rechercher la rentabilité financière sont devenus les maîtres-mots de la gestion d’entreprise.

 Le contrôle du marché :

Aujourd’hui, nous assistons à ce que nous avions prédit, c’est à dire au dépôt de bilan de compagnies les plus faibles ou à leur rachat par les « Majors ». Ce fut le cas hier pour TAT, AOM, Air Liberté, Swissair, Sabena aujourd’hui Alitalia, Swiss et mêmes les Majors américaines comme American Airlines ou United sont à genoux !

Quant à certaines autres telles que Régional ou Brit Air, elles ne survivent qu’en tant que compagnies franchisées par Air France.

SUD Aérien a constamment refusé d’adhérer à la logique concurrentielle et à l’ambition de la compagnie Major. Ce serait, en effet, entrer dans la logique de guerre concurrentielle et par là, accepter d’opposer les travailleurs d’entreprises différentes et les mettre également en concurrence. Au contraire, notre syndicat lutte pour favoriser la complémentarité entre les compagnies au travers d’accords commerciaux par exemple et pour obtenir un traitement égalitaire de tous les personnels.

 La rentabilité financière :

Sous prétexte de cette concurrence acharnée et soucieuse de centraliser son activité sur le « cœur du métier », Air France démantèle, morceau par morceau, de nombreuses activités purement aériennes et les repousse à la marge de l’entreprise, dans des filiales dont elle détient la totalité ou la majorité du capital (ACNA, Servair, OAT, Fréquence Plus, CRMA…). Certaines de ces filiales créent elles-mêmes leurs propres filiales ( Servair avec ACNA , ACNA avec …, c’est le système des poupées russes.

L’objectif, encore une fois, est de rechercher la compétitivité financière à tout prix. Peu importe que ses sociétés « satellites » imposent à leurs salariés des conditions sociales dégradées, pour Air France il faut se « payer sur la bête » même au prix de la précarité et de la flexibilité.

Ainsi, le fossé ne cesse de se creuser entre les salariés de la maison-mère et ceux des entreprises « externes » dont les patrons dégradent les conditions de travail et les salaires pour décrocher les contrats.

Pour que la croissance du transport aérien profite aux consommateurs, aux salariés et au développement des régions, SUD Aérien fait les propositions suivantes :

  • Démocratiser le transport aérien et le rendre accessible à tous,
  • Développer les accords commerciaux entre compagnies sans rechercher la constitution d’alliances monopolistiques,
  • Agir pour la complémentarité des moyens de transport entre l’air, le fer, la route et le fluvial.
  • Privilégier les gros porteurs pour réduire le prix du billet et limiter l’engorgement du trafic et les nuisances causées à l’environnement,
  • Mettre un terme au dumping social et la mise en concurrence des salariés des différentes régions du monde.

Pour mettre fin à la concurrence sociale générée par la libéralisation européenne, une convention collective du transport aérien européen doit protéger l’ensemble des salariés assurant une activité de transport aérien

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