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Les écarts de rémunération entre les hommes et les femmes s’accentuent en cours de carrière

mardi 4 février 2003.


Les écarts de rémunération entre hommes et femmes, relativement faibles à l’embauche pour des emplois comparables, se construisent et s’accentuent tout au long de la carrière à l’avantage des premiers, selon une étude de la direction des études du ministère du travail (Dares) publiée vendredi 28 mars.

enée dans trois branches professionnelles - banque, sociétés de services informatiques (SSII), plasturgie -, elle montre que les caractéristiques individuelles n’expliquent que partiellement les disparités salariales hommes/femmes. En effet, c’est surtout le déroulement de carrière qui bénéficie aux hommes, les systèmes de promotions et de primes leur étant plus favorables.

Dans les trois branches étudiées, l’écart de salaires hommes/femmes est de l’ordre de 24 % dans les banques, 15 % dans la plasturgie et jusqu’à 46 % dans les bureaux d’études des SSII. Il s’explique en partie par des profils individuels (diplôme, ancienneté, expérience professionnelle). Mais si l’on isole les effets de ces caractéristiques individuelles, un écart résiduel subsiste, de l’ordre de 20 % dans les bureaux d’études, de 17 % dans les banques et de 8 % dans la plasturgie.

L’étude de la Dares avance plusieurs explications à ce phénomène. Ainsi, dans le secteur bancaire, les écarts de salaires entre hommes et femmes s’expliquent pour l’essentiel par leur positionnement dans la grille de classification. Les femmes sont fortement concentrées dans les niveaux peu qualifiés : le phénomène résulte de « la vague de recrutements massifs des années 1970 de salariés peu qualifiés », à laquelle s’est ajoutée « une gestion des carrières qui a largement favorisé les hommes », selon l’étude. Ceux-ci sont en effet plus disposés à accepter une mobilité géographique et ont bénéficié, plus que les femmes, de formations et de promotions internes.

DISPONIBILITÉ

Dans les SSII, le schéma est différent mais aboutit également à privilégier les hommes en termes de salaires. Dans ce secteur, explique l’étude, « c’est par la mobilité externe que les salariés accroissent leurs rémunérations ». Or, là aussi, le phénomène favorise moins les femmes, « plus réticentes à changer d’entreprise ». En outre, le système de promotions est largement fondé sur le principe de disponibilité, avec des dépassements d’horaires fréquents qui « défavorisent les femmes, du fait de leurs contraintes domestiques et familiales », selon la Dares.

Enfin, dans la plasturgie, « la pénibilité des conditions de travail fait l’objet d’une reconnaissance plus importante pour les hommes que pour les femmes » à travers des primes, et « le surcroît de primes perçu par les hommes s’explique notamment par l’absence de femmes parmi les équipes de nuit ». Si la valorisation de l’ancienneté et de l’expérience varie d’un secteur à l’autre, « elle n’est pratiquement jamais favorable aux femmes », conclut l’étude. Celles-ci sont handicapées au départ par des filières de formation qui contribuent à les reléguer dans les segments les moins rémunérateurs, et par la suite, les ouvrières et les employées suivent moins fréquemment une formation que leurs homologues masculins.

Enfin, même les femmes issues de formations à dominante masculine, mieux rémunérées et mieux insérées que celles ayant suivi des filières typiquement féminines, finissent malgré tout par subir une décote salariale par rapport à leurs homologues masculins.

Le Monde

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