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CONTRE LA PRIVATISATION ET SES CONSEQUENCES
...CONTINUONS LA LUTTE !

RESTRUCTURATIONS, EXTERNALISATIONS, RABOTAGE DES ACQUIS SOCIAUX)

lundi 16 septembre 2002, par Bureau national .


Lors du CCE du 11 septembre 2002, le Président J.C. Spinetta est intervenu devant les élus des organisations syndicales PS/PNC  /PNT   : il a mis beaucoup d’énergie à essayer de nous convaincre des bienfaits de la privatisation qui est présentée comme nécessaire à l’avenir d’Air France, privatisation dont il affirme être demandeur depuis … 5 ans !

Ce que dit le Président Spinetta…

Pourquoi privatiser : Le président affirme qu’AF privatisée continuera à s’appuyer sur 3 métiers : Passage, Industrie, Cargo. Il affirme que cet avenir passe par l’accroissement des parts de marché d’AF pour permettre une croissance rentable. Pour cela, il estime indispensable des échanges de capitaux dans le cadre d’alliances commerciales internationales. Pour lui, le grand marché unique européen rend inefficaces les compagnies aériennes sous « pavillon national » et la notion de « service public » ne signifie plus rien pour le transport aérien.
Si AF n’est pas privatisée, alors peut-être aura-t-elle disparu dans 10 ou 15 ans !

Comment privatiser : Le président suggérera au gouvernement le vote d’une loi de privatisation permettant de maintenir le statut AF pendant 2 ans, le temps de négocier l’entrée des salariés au sein de la Convention Collective Nationale du transport aérien privé. Il affirme que les acquis sociaux seront préservés. Le ministre Robien ayant proposé le maintien de l’Etat comme actionnaire majoritaire dans le capital d’AF autour de 20/25 %, ce sont donc entre 30 à 35 % du capital à vendre sur la marché. Le président Spinetta propose une augmentation des fonds propres d’AF avant l’ouverture du capital aux actionnaires privés. Il proposera également une ouverture du capital à l’actionnariat salarié avec abondement de l’entreprise, ainsi qu’un échange salaires / actions à l’ensemble des catégories de personnels.

Pourquoi les salariés n’ont rien à craindre : … parce que le président s’engage à ce que les acquis sociaux ne soient pas remis en cause et puis, dans l’hypothèse d’une crise grave pour AF privatisée, l’Etat interviendrait certainement, comme le gouvernement fédéral américain auprès des Cie US après les attentats du 11 septembre 2002, par contre si AF en crise reste entreprise à fonds publics majoritaires, l’Etat ne lèverait pas le petit doigt …

Ce que dit SUD Aérien…

Manipulation de la Direction ! Pourquoi la direction et son président, si prompts à nous faire la morale sur le « respect » des choses et des personnes lors des conflits ( lire au verso compte rendu de l’action du 11/09 ) ont-ils avancé au 11 septembre la date du CCE si ce n’est pour tenter de discréditer un mouvement social qu’ils sentaient venir ?

Intox de la Direction ! Le président Spinetta, contrairement à ce qu’il affirme, a toujours soutenu qu’AF s’en sortait très bien avec son statut actuel.
SUD Aérien reviendra dans un tract de « fond » sur les questions économiques du transport aérien et sur l’idéologie libérale anti-services publics. Rappelons seulement que les échanges de capitaux ont conduit France Télécoms et Swissair au gouffre financier.

Intox ! Le président Spinetta insiste lourdement sur les garanties données aux salariés quant au maintien des acquis sociaux … Dans ce cas, pourquoi ne pas transformer immédiatement tous les règlements AF en accords d’entreprise ? Pourquoi la direction veut-elle remettre tout à plat et renégocier toutes nos règles de gestion pendant 2 ans si ce n’est pour les revoir une par une à la baisse ?

Intox ! D’après le président, mieux vaut un bon accord qu’un mauvais Statut. Certes ! le problème étant que la Convention Collective Nationale ( CCN ) du transport aérien privé est largement en retrait des acquis des personnels AF. Celles et ceux qui en savent quelque chose, ce sont les dizaines de milliers de salariés des entreprises de sous-traitance aéroportuaire qui se sont mobilisés, à deux reprises en 2001 et 2002, contre leur rattachement à la CCN du transport aérien privé alors qu’ ils étaient sous le régime de la Convention Collective Manutention et nettoyage aéroportuaire - Région parisienne. Ils ont vite calculé le différentiel sur les rémunérations : - 20%.

Intox ! Dans la brochure Concorde (Août 2002 ), P.H. Gourgeon, Directeur général, affirme que la constitution de « noyaux durs » dans le capital d’AF sera évitée pour écarter le danger de mainmise sur l’entreprise, en favorisant « une large dilution du capital dans le public ». Pour SUD, le risque n’est pas là : lorsque le capital d’AF sera majoritairement aux mains d’actionnaires privés et autres fonds de pension , ces derniers exigeront une rentabilité immédiate de leurs capitaux investis : et devinez par quoi ils vont commencer ? Par vouloir réduire la masse salariale. Et comment s’y prendront-ils ? En réduisant les effectifs et en baissant les rémunérations. Tout le reste n’est que fables pour les petits enfants et ce ne sont pas les quelques syndicalistes supplémentaires mais minoritaires au Conseil d’Administration qui pourront y changer quelques chose !

… Mobilisation de toutes et de tous : la carte pétition (SUD Aérien, CGT  , UGICT, CFDT  , Alter, CFTC ) est largement signée dans les établissements, plus il y aura de signataires et plus le gouvernement entendra la réalité du terrain. SUD Aérien appelle l’ensemble des salariés d’AF à manifester le 3 octobre pour la défense des service publics et des acquis sociaux, avec les salariés d’autres entreprises privatisables ( SNECMA, EDF, EADS, ASF … )

P.-S.

La direction ne manque pas d’air !

Lors du CCE du 11 septembre, plusieurs centaines d’agents venus au siège de Roissy pour manifester leur mécontentement à l’appel de SUD Aérien , de la CGT, de l’UGICT et d’Alter ont demandé à ce qu’une délégation de 12 personnes soit reçue par la Direction. Saisissant ce prétexte, Spinetta déclara qu’il ne pouvait continuer ainsi dans un tel « brouhaha ».
A l’annonce de la délégation, la CFDT déclara qu’elle demanderait une suspension de séance car la délégation n’était légitime, pour elle, que si l’action était appelée par une majorité de syndicats et la CGC déclara tout de go que ses élus partiraient si la délégation de manifestants entrait dans la salle. Les salariés en grève remercient de leur solidarité ces 2 syndicats !
Pour la direction, venir exprimer son mécontentement et ses inquiétudes au CCE, c’est mener des « actions de commando »(FlashActu du 12 septembre). Quel mépris et quel culot ! Les actions de commando sont plutôt à porter au crédit de la direction : gardes du corps, vigiles, huissiers de justice, voilà comment la direction a accueilli ses salariés. Pire, si aucune violence n’a été à déplorer côté manifestants, cela n’a pas été le cas côté direction : P.H Gourgeon (n°2 d’AF) a en effet frappé un journaliste de Libération et l’a blessé au visage.
Libé relatant cet incident dans son édition du 12 septembre s’est vu aussitôt suspendre son contrat avec AF. Voilà la démocratie et la liberté de la presse telles que les conçoivent nos dirigeants !

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