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COMMUNIQUE DE PRESSE

A L’occasion de l’Assemblée Générale des actionnaires d’Air France
le 25 septembre 2002

mercredi 25 septembre 2002, par Bureau national .


La décision de privatiser Air France remonte au gouvernement Balladur en 1993. Les grandes grèves d’Air France en 1993, avec des milliers de salariés sur les pistes d’Orly et de Roissy, et le mouvement social de 1995 ont fait suspendre le projet. Le gouvernement actuel veut privatiser Air France SA à la fois par adhésion au dogme libéral et pour de basses raisons budgétaires, en compensation des réductions d’impôts - accordées surtout aux très hauts revenus - sans aucun plan stratégique qui garantisse les emplois et activités actuels.

Depuis plus de 20 ans, la dérégulation sociale issue de la déréglementation du transport aérien au niveau international s’est traduite par des dizaines de milliers de suppressions d’emplois, elle s’est traduite également par une aggravation des conditions de travail, l’accroissement phénoménal de la précarité, la réduction du pouvoir d’achat des salariés. Cette situation est particulièrement visible auprès des salariés des filiales et entreprises de sous-traitance vers lesquelles AF a transféré de plus en plus d’activités : salaires inférieurs de 15 % en moyenne, conditions de travail dégradées, protection sociale et avantages sociaux réduits.

Comment croire nos dirigeants sur les garanties données aux salariés d’air France alors même qu’un rapprochement Air France/ Alitalia/ CSA/ KLM se profile dans les prochains mois ! Ce ne sera plus « Air France » mais « SKY TEAM Europe »… Mais avec quelles évidentes restructurations ? Quel projet de cette future compagnie européenne ? Quelle organisation ? Quels emplois ? Quelle politique sociale ?
Les salariés d’Air France et des filiales du Groupe Air France sont en droit de savoir, aujourd’hui, ce qu’ils vont devenir. Ainsi, l’externalisation du Groupe Servair, filiale d’Air France, serait déjà décidée ! La Direction ayant refusé de nous répondre à ce sujet lors du dernier CCE, le 11 septembre.

Quand en 1999, le ministère Gayssot ouvrait le capital d’Air France, la Direction rassurait les salariés en affirmant que ce n’était pas une privatisation déguisée. Aujourd’hui cette même Direction écrit que la privatisation est la suite logique de cette ouverture du capital.
Hier, le président Spinetta affirmait que les échanges capitalistiques n’étaient pas « indispensables », il affirmait aussi : « il est évident que les prises de participation capitalistiques peuvent être perçues avec crainte par les personnels …sans évoquer les menaces de reclassement ou de licenciement qui sont souvent associées aux phénomènes de fusion ou d’absorption, le rapprochement de plusieurs compagnies grâce à des échanges ou prises de participation capitalistiques pose à plus ou moins long terme le problème de l’identité des compagnies face à d’éventuelles superstructures »…propos rapportés dans un ouvrage publié il y a quelques semaines ( Transport aérien, les nouveaux défis, éditions Publisud 2002).
Aujourd’hui, le même président déclare les échanges capitalistiques incontournables au risque de la « régression » !

Pourtant, les salariés ont apporté plus de richesses à Air France que les actionnaires. Air France était valorisée à 2.8 milliards d’€ en janvier 1999. Elle a investi le double depuis !
Ces 4 dernières années, Air France a investi 5,9 milliard d’€ (38,9 milliards de F) dont 85 % ont été autofinancés, soit plus de 5 milliards d’€ (33 milliards de F). Plus de 80 % de cet autofinancement provient des richesses produites par le travail des salariés !
Tous les mois, chaque salarié permet de financer 1500 € d’investissement qui permet le développement de la compagnie …et le pouvoir d’achat des salariés n’a pas progressé de 12 % comme le taux de retour des capitaux employés ( R.O.C.E. de 8 % + avoir fiscal = 12 % ).

Les salariés d’Air France sont-ils prêts à accepter que ces investissements soient bradés lorsqu’on entend parler d’une privatisation avec un cours de l’action entre 13 et 18 € ? Et pour quel avenir ?

Le modèle économique présenté montre actuellement ses limites. Le transport aérien n’est pas une marchandise, il devrait être un outil économique au service des citoyens, des régions, des pays et des continents. Il nécessite des investissements capitalistiques importants mais soumis aux aléas économiques et politiques. En période de crise, le transport aérien perd en 2 ou 3 ans les bénéfices de plusieurs années. Les Etats, même les plus libéraux comme le gouvernement Fédéral U.S venant massivement en aide aux Compagnies américaines après les attentats du 11 septembre 2001, apportent leur aide en cas de crise grave … ainsi que l’argumente le président Spinetta auprès des organisations syndicales !!

Alors, pourquoi privatiser les bénéfices et socialiser les pertes ?

Et la garantie de conserver une majorité de capitaux français dans le capital d’Air France ? Comment la Commission européenne réagira-t-elle alors que la Cour de Justice de la Communauté Européenne vient de décider que les « Golden Share » des Etats étaient non conformes aux traités européens, alors que l’Etat français ne gardera même pas les 34 % qui lui assure une minorité de blocage pour s’opposer au déménagement du siège social ?

SUD Aérien, avec les organisations syndicales CGT  , FO, CDT, CFTC, ALTER, SNMSAC, met tout en œuvre pour faire du 3 octobre 2002 une journée de mobilisation de l’ensemble des salariés d’Air France et de ses filiales, contre la privatisation et le maintien des acquis sociaux.

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