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Pour en finir avec les idées reçues sur les services publics

11 : Faut-il ouvrir le capital d’EDF et Gaz de France pour financer leur développement ?

octobre 2002, par Fondation Copernic .


Un examen des résultats d’EDF et GDF démontrent que les ressources financières de leur développement existent en leur sein. En 2001, les résultats des deux entreprises (avant impôts et prélèvements de l’Etat) s’élevaient à :

  • 1629 millions d’euros pour EDF soit 5,1 % du chiffre d’affaires (montant total des recettes de ventes d’électricité) ;
  • 1174 millions d’euros sur GDF soit 10,2 % du chiffre d’affaires (montant total des recettes de ventes de gaz).

L’autofinancement, c’est à dire le montant des sommes disponibles en fin d’exercice pour investir (quelque soit la nature de l’investissement) est :

  • à EDF d’environ 6 milliards d’euros soit 18,6% du chiffre d’affaires. Six milliards d’euros c’est l’équivalent de 3 centrales nucléaires de 1500 MW, trois fois la distribution d’électricité de la région de Londres, deux fois celle de la région de Francfort ;
  • à GDF d’environ 1,8milliards d’euros soit 15,8% du chiffre d’affaires ;
    Quel que soit le point de vue que l’on porte sur le développement des deux entreprises publiques, notamment sur leur stratégie de prises de participation à l’étranger, il faut constater qu’elles ont eu les moyens financiers de cette stratégie.

Ainsi :

  • GDF a pu acheter en 3 ans des réserves de gaz à hauteur de 8% de la consommation française ;
  • EDF a pu racheter la distribution de l’électricité de Londres, des centrales électriques en Angleterre, entrer au capital de l’électricité de la région allemande du Bade Wurtemberg et dans celui d’Edison, deuxième électricien italien.

De plus, EDF et de GDF disposent de grandes possibilités d’emprunt :

  • l’endettement d’EDF est de 15 milliards d’euros, soit 46,5% du chiffre d’affaires ;
  • celui de Gaz de France est de 3,4 milliards d’euros soit 25% du CA.

En outre, leur accès aux ressources financières est d’autant plus facile qu’elles sont des entreprises publiques et que les banques considèrent que leur prêter présente moins de risques. Ce qui leur aussi permet de disposer de taux d’intérêt plus faibles. A l’inverse la privatisation conduirait à un risque plus important et fatalement à une dégradation de leurs conditions d’accès au crédit :
« L’agence américaine Moody’s vient de retirer à EDF son triple A, la meilleure note possible, en raison de la perspective d’une privatisation partielle. Cela va se traduire.par une hausse des taux d’intérêts auxquels les investisseurs acceptent de prêter de l’argent à l’entreprise ». (Les Echos, 2 déc 2002)

Enfin, la privatisation d’EDF et de GDF renforcerait les exigences de rentabilité du capital : celles-ci passeraient de 5% aujourd’hui à 12 voire 15% demain.

La mise en bourse compromettrait toute politique industrielle et énergétique à long terme. Une des caractéristique actuelle du secteur est l’absence d’investissements au risque de pénurie énergétique. Les exigences des marchés financiers, en particulier de la Bourse sont incompatibles avec l’horizon temporel des industries électriques et gazières.

Celles-ci, fortement capitalistiques, sont par nature des industries de long terme avec des rendements plus faibles s’il n’y a pas forte augmentation des tarifs aux consommateurs domestiques.

Ouvrir le capital d’EDF et GDF c’est, contrairement aux affirmations, les affaiblir en les rendant plus sensibles aux aléas et aux pressions des marchés financiers.

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