Accueil >Dossiers >Services Publics

Pour en finir avec les idées reçues sur les services publics

10 : La privatisation d’EDF coûtera à la collectivité

octobre 2002, par Fondation Copernic .


Paradoxalement, EDF n’est pas dans l’état actuel une entreprise facilement privatisable. Les conceptions de service public qui ont prévalues pendant des années ont conduit à investir dans la production ou dans la baisse des tarifs la plus grande partie des richesses créées.
Si aujourd’hui cela peut faire miroiter des perspectives de profits importants à dégager des activités de production, transport et de distribution de l’électricité, EDF aura à faire face dans les prochaines années à des charges qui viendront réduire les profits attendus.

Pour attirer des actionnaires le gouvernement est contraint de se livrer à quelques opérations (qui d’une façon ou d’une autre coûteront à la collectivité) pour transformer le bilan comptable d’EDF et préserver les futurs actionnaires de ce risque de moins-values en transférant tout ou partie des charges futures à la collectivité.

La privatisation aura un coût, c’est ce que le gouvernement veut tenir caché !

Le secteur privé est intéressé à la privatisation d’EDF parce que le marché captif que constitue les millions de consommateurs d’électricité génère des profits importants sans que des dépenses importantes soient nécessaires à court terme.
Les centrales de production d’électricité sont largement amorties (c’est à dire que les dépenses d’investissements sont couvertes par les premières années de fonctionnement) pour un grand nombre d’entre elles. Leur durée de vie peut être augmentée, ce qui permet ainsi de produire de l’électricité sans avoir, dans l’immédiat à en construire de nouvelles.

EDF a provisionné dans ses comptes les dépenses futures qui doivent être assumées :

  • 20 milliards d’euros en cas de restitution des réseaux électriques qui sont propriété des communes
  • 46,2 milliards d’euros de provisions liées au démantèlement des centrales hydrauliques et nucléaires et au retraitement des combustibles nucléaires. Ces deux opérations étant à la fois coûteuses et différées dans le temps.

Ces sommes ont été normalement investies dans la construction des centrales et des réseaux qui fournissent l’électricité au pays qui demain fourniront la richesse nécessaire pour faire face aux charges correspondantes. Mais cela se fera en réduction des profits attendus par les futurs actionnaires.

A cela, il faut ajouter les retraites des agents d’EDF et GDF qui, dans l’organisation actuelle du régime de retraite spécial, constituent aussi un handicap pour privatiser : actuellement les retraites sont intégralement à la charge des deux entreprises.
Ce que pourraient souhaiter des actionnaires, c’est qu’en sus de la réduction du niveau des pensions de retraite, une fraction de celles-ci soit transférée au régime général donc à la collectivité. Ainsi une partie plus importantes des richesses créées dans le secteur électrique alimenteraient les marchés financiers !

Transférer l’ensemble de ces charges futures à la collectivité en en cachant le coût, modifier en conséquence le bilan et la comptabilité d’EDF, c’est ce que s’emploie à faire dans l’ombre le gouvernement.

Articles les plus récents
Dans la même rubrique

Services Publics
Pas d'autres articles dans la rubrique Services Publics

SPIP | Copyright © 2002 - 2012 SUD Aérien.org | Conception et habillage snoopit31

Mentions légales| squelette | | Plan du site | Suivre la vie du site RSS 2.0