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Pour en finir avec les idées reçues sur les services publics

7 : L’ouverture à la concurrence ne fait-elle pas baisser les prix et améliorer le service ?

octobre 2002, par Fondation Copernic .


Non, la baisse des prix est loin d’être systématique et importante. Si les prix baissent, c’est au profit des grands clients et au détriment des autres usagers (particuliers, artisans, PME-PMI).

En effet :

  • la péréquation qui assure le financement des activités non rentables par les activités rentables est démantelée,
  • la qualité et la sécurité se dégradent,
  • les offres de prix et de services deviennent opaques,
  • la situation des usagers les plus faibles se détériore,
  • la précarité de l’emploi s’accroît.

Enfin, les prix repartent à la hausse en quelques années.

Voilà ce qu’ont systématiquement promis les libéraux. L’expérience des libéralisations montre que la réalité est toute autre.

D’une part, la libéralisation et la privatisation n’entraînent pas systématiquement des baisses de prix. Ainsi, par exemple, dans le domaine de l’eau, un rapport de la Cour des Comptes, en 1997, précise que « la hausse du prix est bien à mettre en relation avec la privatisation » : les prix pratiqués par les opérateurs privés étaient supérieurs, en moyenne, de 28 % à ceux des régies publiques. De même, en Grande-Bretagne, après la privatisation de 1989, les factures d’eau ont doublé en cinq ans,, les bénéfices des compagnies ont triplé et les salaires des dirigeants ont quadruplé. Dans l’électricité, l’Observatoire d’un Cabinet Conseil relevait en septembre 2002, a contrario, que « des pays où la dérégulation est moins avancée ont connu des réductions de prix plus massives (Belgique, France) ».

D’autre part, lorsqu’il y a baisse des prix, celle-ci n’est pas homogène. Les baisses profitent en priorité aux gros clients, en particulier, à certains grands industriels, au détriment des usagers particuliers, artisans ou petites entreprises qui ont un bien moindre pouvoir de négociation. Dans les télécoms, par exemple, des évolutions tarifaires ont été opérées et se sont traduites par une baisse sensible des tarifs longues distances, ce qui favorise, en premier lieu, le marché des grandes entreprises et pat une augmentation des tarifs courte distance (environ 150 %), frappant ainsi les particuliers.

Ainsi, la situation des usagers les plus faibles se détériore. La péréquation qui assure le financement des activités non rentables par les activités rentables est démantelée au nom de la concurrence, accentuant ainsi les déséquilibres et l’inégalité de traitement entre les usagers selon leurs situations géographique, socio-économique,….
Et les prix repartent à la hausse, en quelques années, dès que les grands opérateurs ont éliminé les plus petits.

Les libéralisations s’accompagnent fréquemment d’une dégradation de la qualité, de la sécurité et d’un recours croissant à des emplois précaires.

De plus, avec l’ouverture à la concurrence, les offres de prix et de services deviennent très difficilement comparables, voire opaques pour les usagers : il suffit, par exemple, de se référer à la « jungle » actuelle des offres des opérateurs des télécommunications dénoncée par les associations de consommateurs. Les démarches commerciales ne traitent plus les usagers sur un pied d’égalité. Elles peuvent même déraper totalement, comme récemment au Royaume-Uni où certains commerciaux n’ont pas hésité à vendre des contrats d’électricité à des personnes décédées ou à des enfants… effectuant des ventes forcées qualifiées « d’épouvantables » par le Régulateur lui-même !

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