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Pour en finir avec les idées reçues sur les services publics

3 : Ouvrir le capital, est-ce différent d’une privatisation ?

octobre 2002, par Fondation Copernic .


· En théorie, ouverture du capital et privatisation ne sont pas identiques : avec l’ouverture du capital, le capital privé reste minoritaire et l’Etat conserve le pouvoir de décision.
· En pratique, on voit que l’ouverture du capital détourne rapidement l’entreprise vers le seul objectif de la rentabilité financière au détriment de la bonne réalisation des missions de service public et des conditions sociales des salariés.
· Enfin, l’ouverture du capital n’a été que le prélude à une privatisation totale (cf. aujourd’hui, France Télécom, Air France...)

« Ne vous inquiétez pas, nous ne voulons pas privatiser, nous ouvrons seulement le capital ». Voilà l’argument qui est régulièrement avancé pour rassurer et désamorcer la mobilisation.

En théorie, ouverture du capital et privatisation ne sont pas identiques. La privatisation signifie que le capital privé devient majoritaire. Avec l’ouverture du capital, il reste minoritaire. En principe, dans ce dernier cas, l’Etat conserve le pouvoir de décision. Cette différence a une conséquence : lorsqu’il n’utilise pas ce pouvoir, nous ne devons pas laisser le gouvernement quitte et nous devons exiger que, malgré l’ouverture du capital, il prenne ses responsabilités.

En pratique, l’ouverture des entreprises publiques au capital privé fait entrer le loup dans la bergerie. Et ce de deux façons ua moins La mise en bourse d’une partie du capital de l’entreprise publique signifie l’arrivée de gens dont le seul motif est le profit et non la bonne réalisation des missions de service public. Ils vont agir pour que l’entreprise gagne le plus d’argent possible, au détriment de ses missions et des conditions sociales pour ses salariés. Et comme l’entreprise est devenue dépendante de cette source de financement, elle devra en tenir compte. Mais l’expérience montre que les directions des entreprises publiques dont le capital a été ouvert se convertissent très rapidement à la logique financière sans qu’il soit besoin que les nouveaux actionnaires se manifestent. Ainsi, depuis l’ouverture de son capital, France Telecom se détourne de plus en plus de ses missions de service public et se comporte de plus en plus comme une vulgaire firme transnationale privée.

En pratique encore, l’expérience nous a montré que l’ouverture du capital est le prélude de la privatisation. Les exemples récents le confirment. Bien que retardés par les cours de la bourse, les projets du gouvernement demeurent : privatisation totale de France Telecom et d’Air France dont le capital avait seulement était ouvert par le gouvernement précédent.

C’est pourquoi nous nous opposons à l’ouverture du capital des entreprises de service public.

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