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Swissair a sciemment contourné la loi dans sa stratégie d’expansion

samedi 25 janvier 2003, par SUD Aérien CORSAIR.


La compagnie aérienne Swissair, actuellement en faillite, a sciemment contourné la loi européenne en prenant le contrôle effectif de plusieurs compagnies, comme AOM, Air Liberté ou Sabena, selon les conclusions d’un rapport accablant, commandé par le liquidateur judiciaire.

Au cours d’une conférence de presse, le responsable de ce rapport, Ancillo Canepa, du cabinet d’audit Ernst and Young, a déclaré que Swissair avait « respecté formellement » les règles européennes, tout en les « contournant de facto ».

Swissair voulait le contrôle total de ces compagnies, mais en tant qu’entreprise hors de l’Union Européenne, ne pouvait obtenir que 49,9% du capital. Les contrats ont été signés en respectant ce seuil, mais dans les faits, grâce à un système complexe de portage, d’options de vente et achat négociables et de financements « non transparents », Swissair a « pris à sa charge le risque économique et financier entier », relève M. Canepa.

Vis-à-vis de l’extérieur, Swissair indiquait toujours qu’il s’agissait de participations minoritaires, et tout son système obscur de contrôle total lui aura coûté finalement plus d’un milliard FS (660 M EUR), indique encore le rapport.

Swissair n’a en outre pas consolidé comme il l’aurait dû ces participations dans ses comptes annuels, car toutes ces structures clandestines seraient apparues au grand jour, note le rapport.

Swissair avait décidé dans les années 90, avec le feu vert de son conseil d’administration, composé de la fine fleur du monde économique, bancaire et politique suisse, de devenir la 4e compagnie aérienne européenne. A cette fin, la compagnie a procédé à plus de neuf acquisitions en quelques années, payant souvent le prix fort pour des sociétés mal en point. Entre 1995 et 2001, Swissair a dépensé 5,9 milliards FS pour ces acquisitions et les différentes recapitalisations, alors qu’en principe un seuil maximal de 300 millions FS avait été fixé par le conseil d’administration.

Toutes ces jongleries financières ont grevé les comptes 2000 et 2001, sans que les commissaires aux comptes n’aient relevé d’irrégularités, souligne encore Ernst and Young. La situation financière de Swissair était déjà gravement compromise en août 2000, avec un rapport réalisé par le cabinet McKinsey, faisant état d’un manque de capitaux estimé entre 3,2 et 4,4 mds FS. Informé, le conseil d’administration n’a pris aucune mesure, et la direction a continué à proclamer que le groupe allait faire des bénéfices.

Début 2001, le PDG Philipp Bruggisser est débarqué, et Mario Corti, ancien responsable des finances de Nestlé prend le relais. Il est cependant trop tard pour redresser la situation, et le groupe dépose le bilan en octobre 2001, au grand désespoir des Suisses, qui voient disparaître leur compagnie bien-aimée.

Le rapport Ernst and Young, de plus de 5.000 pages, a été commandé pour tenter de trouver les responsables de ce naufrage économique et de leur demander éventuellement réparation. Le liquidateur, Me Karl Wüthrich, doit essayer de donner satisfaction aux milliers de créanciers de Swissair, qui réclament aujourd’hui réparation.

Vendredi, Me Wüthrich a indiqué qu’il examinerait avec des avocats les chances d’une action judiciaire en réparation contre les responsables de la débâcle, en fait les membres du conseil d’administration et de la direction.

Si une telle action a des chances d’aboutir, elle sera intentée, a-t-il dit, et ce sera « au juge de fixer le montant des dédommagements », qui sera prélevé sur la fortune personnelle des prévenus, au cas où ils n’auraient pas conclu d’assurance ad hoc.

1 Message

  • Madame, Monsieur,

    Actuellement, les dirigeants de la défunte Suissair sont en procès avec les autorités belges qui réclament une série de dommages et intérêts.
    Or, après la faillite de la Sabena, j’ai eu l’immense plaisir de suivre l’évolution du dossier : les autorités belges ont tout mis en œuvre pour imputer la faillite de la Sabena aux dirigeants de la SUISSAIR.
    De mémoire, les autorités belges, en tant qu’actionnaires, ont approuvé toutes les décisions des dirigeants de la SUISSAIR. Il est arrivé un moment où la SUISSAIR s’est retrouvée confrontée à un énorme problème de trésorerie.
    Sur ce, les autorités belges ont décidé d’injecter un crédit-pont de 50 Millions d’Euros. Les affaires étant ce qu’elles sont, RYAN AIR, après avoir subi un revers de la part de la justice, décida de prendre sa revanche et saisit la Commission Européenne (Direction Générale des Transports).
    Evidemment, le crédit-pont fut autorisé par la Commission Européenne et reconnu comme aide d’état. Donc, remboursement.
    En revanche, l’état belge était tenu de présenter un plan de restructuration.
    Ce qui ne fut fait, le premier ministre, Mr. Verhofstadt Guy, décida de prononcer la faillite et d’injecter le crédit-pont dans la création d’une nouvelle société : SN Brussels Airlines.
    Si ce dernier avait présenté un plan de restructuration, un grand nnombre de personnes n’aurait perdu ses avoirs.
    Bien entendu, il y eût des suicides et les dirigeants mirent tout en œuvre pour imputer le fiasco SABENA aux dirigeants de la SUISSAIR.
    En droit belge, une personne qui voit la faillité arriver et qui transfert des avoir dans la création d’une société est passible d’une lourde peine de prison.
    Ma question est celle-ci, ne pensez-vous pas que la plainte dirigée par les autorités belges est irrecevable ?
    Ne pensez-vous pas que le dossier devrait être renvoyé auprès des autorités belges ?

    D’avance, je vous en remercie et vous prie d’agréer, Madame, Monsieur, l’expression de ma considération.

    Behnous Salah.

    sophinie339 hotmail.com

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