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Communiqué de presse du 23 mai 2012

DERRIERE LES ANNONCES CATASTROPHES,
UN PLAN D’ATTAQUE CONTRE LES SALARIES

jeudi 24 mai 2012, par Bureau national .


Une présentation faussée de la situation, largement reprise par les medias, mais qui masque une autre réalité

Nous allons arriver au dénouement du scénario mis en place par les dirigeants d’AF/KLM depuis novembre avec le plan « Transform 2015 ».

Ce plan, appliqué uniquement à la Compagnie Air France -et pas à l’autre branche du Groupe , la compagnie néerlandaise KLM qui pèse pour 1/3 dans le Groupe- vise clairement un seul but : baisser durablement la masse salariale au sein d’Air France pour faire du Groupe un placement attirant pour les investisseurs.

Le modèle libéral, mis en place depuis plusieurs années chez British Airways et Lufthansa a permis de faire baisser la masse salariale à moins de 30% du CA. Ce n’est pas encore le cas à Air France, où ces dernières décennies les salariés ont su résister sérieusement à plusieurs tentatives en ce sens, sous les présidences de B.Attali et C.Blanc.

C’est pour cela qu’ont été évités les plans de licenciements qui se sont succédés dans les autres compagnies européennes.

Mais depuis la privatisation complété d’AF en 2006, J.C. Spinetta et les principaux dirigeants d’AF ( Bruno Matheu, stratège du Groupe et Philipe Calavia, Directeur financier) se sont donnés un but : « faire d’AF une entreprise profitable » pour les actionnaires, alors que, en dehors des low cost régionales sur un créneau très limité, les grandes compagnies ne peuvent dépasser les 2 à 3 % de profitabilité.

AF/KLM est, avec Lufthansa, l’un des deux premiers Groupes européens et parmi les 3 principaux au niveau mondial avec Delta Airlines.

Le problème ne se pose pas d’une « faillite » d’Air France ou même d’une chute d’activité due à la concurrence des low cost.

Le trafic mondial, malgré les soubresauts de l’économie mondiale, croît bon an, mal an de 5% par an. Il est aujourd’hui largement supérieur à ce qu’il était avant 2009.

Dans cette situation, AF/KLM s’envole aujourd’hui en terme de trafic et de Chiffre d’affaire. AF/KLM a la meilleure recette unitaire au Siège kilomètre offert et le meilleur taux de remplissage des compagnies aériennes européennes et son C.A. est le troisième mondial.

De plus, elle utilise, tout comme Lufthansa, sa position de force pour assujettir des compagnies de moindre importance en Europe ou en Afrique. C’est particulièrement le cas aujourd’hui avec Alitalia, Air Austral ou Air Mauritius.

« L’endettement colossal » d’Air France ( en gros 9 Mds d’engagements de crédits, de retraites, et de locations) ne posaient guère de problème aux dirigeants d’AF jusqu’à l’automne dernier. Et d’ailleurs la présentation des comptes 2010/2011 en novembre était largement rassurante. Les mêmes responsables, avec un scénario mis en musique par le Directeur communiquant De Juniac, ont annoncé depuis novembre que la Compagnie courait à la catastrophe et qu’il était urgent de réagir.

Pourtant, l’état d’urgence des comptes n’ont pas empêché d’investir pour plus d’1 milliard l’année dernière en avions et en placements.

L’EBITDAR   ( revenus de l’activité avant les amortissements et les locations aéronautiques) est toujours positif en 2010 et en 2011. Seuls les choix financiers de la Compagnie et la tension conjoncturelle sur le prix du pétrole amènent à des résultats négatifs.

Depuis novembre, la Direction a réussi à tétaniser les principaux syndicats en dressant un tableau apocalyptique, alors que tous les spécialistes financiers prévoient eux-mêmes un retour à l’équilibre des comptes au cours du 2e semestre 2012 ( ce qui n’est évidemment pas dû à des effets du plan Transform 2015 qui n’est pas encore en application ).

Donc, il y a un réel effet d’aubaine, chez Air France, comme chez Lufthansa.

Utiliser une crise qui ne touche pas le trafic aérien pour attaquer les droits sociaux et comme le reconnaît d’ailleurs De Juniac lui-même « conforter la marge opérationnelle ».

Est-ce la justice sociale que de parler de supprimer 5000 emplois pour « conforter la marge ».

Dans le même moment, n’oublions pas que M. Gourgeon, le PDG sortant, a empoché plus de 2 millions d’euros en quittant Air France en novembre dernier et que M. De Juniac s’est vu attribuer 900000 euros de salaires dès son arrivée.

Donc, les résultats négatifs des comptes 2011 et le cours de Bourse ne doivent pas cacher la réalité fondamentale :

AF/KLM n’est en rien au bord du gouffre et ses dirigeants veulent faire des gains de profitabilité en mettant à bas les acquis sociaux et en continuant à détruire des emplois : 4000 perdus depuis 2008, alors que l’activité 2012 a depuis augmenté de plus de 4%.

Le but annoncé en novembre était une croissance d’au moins 2 points par an avec le même effectif. Aujourd’hui, la Direction veut aller plus loin, en bloquant les salaires, en augmentant la productivité de 20%, et même en comprimant les effectifs au-delà des départs naturels de 800 par an ! Les bruits d’un PDV de 2500 personnes sert évidemment à faire pression sur les syndicats pour qu’il acceptent de signer la remise en cause des accords collectifs.

SUD Aérien n’accepte pas cette mascarade sinistre. Gageons que nous serons nombreux à nous battre pour maintenir nos emplois et nos conditions de travail.

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